DREAM THEATER - Chaos In Motion (Roadrunner) - 14/11/2008 @ 09h34
Le Chaos In Motion est à ce jour la plus longue et la plus imposante tournée jamais effectuée par Dream Theater. Le groupe a fait le tour du monde visitant des pays et des continents où il n’avait jamais mis les pieds. Du Monsters of Rock Festival à Milan le 3 juin 2007 et jusqu’à San Juan, Puerto Rico qui y mettait un point final un an plus tard jour pour jour le 4 juin 2008, il a visité 35 pays, s’est produit à 115 reprises et dans 105 villes.

Il a joué à guichets fermés à peu près partout, a déclenché l’hystérie de dizaines de milliers de fans (je le sais, j’y étais) et éveillé la curiosité de la presse au-delà de celle dite spécialisée. Bref, voilà le bilan d’un groupe qui a l’envergure d’un grand du métal, d’un très grand même.

Ce 6ème DVD n’est de ce fait plus vraiment un évènement et je peux comprendre les commentaires des grincheux de service qui vont une nouvelle fois réprouver ce qui semble n’être qu’un opportunisme éhonté. Il faut s’y faire, c’est comme ça. Depuis "Scene From A Memory", les New-Yorkais ont pris l’habitude non seulement de partir en tournée après chaque album mais aussi de l’illustrer par un témoignage visuel. La routine quoi !

Doit-on lui en vouloir ? D.T aime ses fans - qui le lui rendent bien – et les gâte. Je ne connais pas beaucoup d’autres groupes de métal prog qui en fasse autant. J’attends toujours les DVD de Vanden Plas, Symphony X, Wolverine, P.O.S (et ne me parlez pas de BE !).

D’autres vous diront que l’intérêt d’un tel objet est double ; outre le plaisir de voir DT sur scène pour ceux qui n’ont pas pu assister à un concert du Chaos in Motion Tour, il permet également de mesurer sa progression dans le temps. Certains titres peuvent avoir pris un sérieux coup de vieux, d’autres au contraire y retrouvent une nouvelle jeunesse. Tout dépend de la forme du groupe au moment de la capture des images.

Vous le savez, D.T ne laisse personne indifférent et chaque acrobatie de Portnoy ou Petrucci, chaque excentricité pompière de Rudess, chaque « déraillement » de Labrie est commenté, disséqué, expliqué avec consultants et spécialistes à l’appui. Je prends le pari que dans les jours qui suivront la parution de cette kro, VS ne va pas échapper à l’habituelle avalanche de messages enflammés et discordants.

Et, sur ce coup-là, je serai le premier à jeter de l’huile sur le feu car il m’est impossible de dissimuler une certaine lassitude et une déconvenue non affectée.

Ceux qui lisent mes kros de D.T depuis mes débuts sur VS savent qu’il est plutôt rare que je l’égratigne au point de me le voir reprocher. Mais là, j’ai de bonnes raisons. Enfin, je les estime suffisamment bonnes pour être recevables. Bien plus que des plaintes, ce sont des récriminations de vieux briscard un peu érodé par le temps.

Tout d’abord je crois que ce DVD s’adresse davantage que les précédents aux fans de base, aux ultras, aux inconditionnels voire aux collectionneurs qui veulent tout posséder des New-Yorkais. Or, je n’appartiens à aucune de ces catégories. J’aime D.T mais je ne m’endors pas avec leur t-shirt sur le dos. (Même si j’en possède un !) Je sais reconnaître lorsque le groupe s’égare et dans le cas présent, l’égarement vire au fourvoiement pur et simple.

"Chaos In Motion" est volontairement très différent de ses devanciers dans son format. Tout du moins des 3 derniers en date. La raison est simple : la formule adoptée n’est plus basée sur un unique concert donné dans un lieu mythique comme le furent le Budokan ou le Radio City Music Hall de New York en leur temps. Il est le résultat d’une sélection de dates choisies par Portnoy et que le batteur a extrait de ses archives personnelles. Ces dates sont bien entendu issues de la tournée qui a suivi la sortie de Systematic Chaos: Rotterdam – Buenos Aires – Toronto – Boston – Bangkok et Vancouver.


Le problème ne réside pas dans le choix de ce procédé. D’autres l’ont déjà utilisé avec succès. Ce qui cloche c’est le constat immédiat du manque de cohésion qui faisait la force d’un "Metropolis 2000 – Scene From New York" ou d’un "Score". Apparemment, le groupe n’était pas en grande forme sur chaque date choisie. Dans le cas contraire, cela voudrait dire que DT a fait la plus mauvaise tournée de son existence. Impensable et absurde!

D’autant que pour les avoir vus à Clermont Ferrand le 26 juin 2007, je peux vous assurer qu’ils étaient extrêmement au point. Il est vrai que cette soirée était un peu particulière en ce sens où "Systematic Chaos" n’en était pas la pierre angulaire. DT avait choisi ce soir-là de jouer l’intégralité d’"Images & Words" pour en célébrer les 15 ans. Un grand moment.

L’inégalité dans la prestation, on peut la comprendre selon que l’on se situe au début ou en fin de tournée. Mais, par exemple, Labrie est à la ramasse à de nombreuses reprises. Il recommence à tirer la langue pour parvenir à dissimuler un chant poussif notamment sur les vieux titres et compte beaucoup sur ses potes pour lui venir en aide. ("Surrounded" – "Take The Time"). Et s’il s’en tire mieux - mais sans briller - avec les plus récents, c’est certainement en raison du fait que depuis "Octavarium" il a un peu modifié sa façon de chanter en tirant davantage vers les graves.

Et j’en reviens à mon impression globale plus que mitigée. Certes il y a de quoi s’en mettre plein les mirettes et des titres comme "The Dark Eternal Night", "The Ministry Of Lost Soul" ou "In The Presence Of Ennemy" valent d’être vu pour leur nouveauté. Surtout ce dernier qui, comme je vous l’avais annoncé dans la kro de "Systematic Chaos" est joué en intégralité soit 26 minutes de progressif impétueux. C’est certainement le clou de la tournée du DVD. Le seul ?

De par son actualité, "Systematic Chaos" est très présent avec 5 titres sur 14. Les autres albums ne sont pas oubliés mais subissent des traitements différents. Ainsi, "Train Of Thought" et "Metropolis" ne sont joués que partiellement dans le medley final. ("In The Name Of God" – "Finally Free"). A ce propos, on a connu DT plus maître de son sujet dans cet exercice. (Autre signe avant-coureur du gadin qui se prépare).

Par contre, je trouve incompréhensible la présence de "Panic Attack" ou de "Lines In The Sand". Ce ne sont pas, loin s’en faut, des titres incontournables et leur exécution live ne les rend pas meilleurs. Qu’est-ce qui a motivé Portnoy pour les choisir, je n’en sais rien. Peut-être a-t-il ressenti un feeling particulier le soir où ces titres ont été joués. Moi, je n’y ai rien vu d’extraordinaire.

Comble de ma surprise (doux euphémisme), je trouve le groupe bien en deçà de ses prestations antérieures. Eux d’ordinaire si accrocs au perfectionnisme donnent le sentiment d’avoir filmé sans moyens, sans inspiration et le pire sans âme. Les interventions des musiciens me paraissent bien moins tranchantes qu’à l’accoutumée. En témoigne le recours à certains artifices dignes de débutants. Plus d’esbroufe technique (Petrucci) pour masquer une fluidité bizarrement absente, du gros son pour étouffer les faiblesses des uns et des autres et en premier lieu celles d’un Labrie en dessous de tout. C’est ni plus ni moins la pire prestation enregistrée du chanteur canadien.

Et ce n’est pas le « keyboard solo » de Rudess qui va redorer le blason d’un navire qui prend l’eau de toutes parts. Même s’il se montre toujours aussi adroit avec son Kurzweil 2600, le voici repris du syndrome du gadget inutile. Après le « fingerboard » sur "Score" certes justifié par l’intro d’"Octavarium" - le gus inaugure ici un nouveau jouet ou, devrais-je dire remet au goût du jour le « keyboard guitar ». Et là, l’usage de cet instrument très kitch et typé 80’s, tout seul comme ça, au beau milieu du set est plus que douteux. C’est carrément ridicule. Non content de cela, Rudess s’appesantit également longtemps sur un autre de ses joujoux : le memotron ou émulateur numérique pour obtenir le son du mellotron.

Une fantaisie ou un caprice que je n’apprécie que dans la mesure où il n’apporte rien de transcendant à la musique du groupe. Et j’en viens à redouter que Rudess ne soit contaminé par la démesure d’un Wakeman. Bon sang sur un DVD de 3 heures, il y avait bien d’autres choses à faire que du remplissage. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas filmer un roadie sirotant une canette de bière tout en se fourrant les doigts dans le pif ?
D’autre part, les images sont de mauvaise qualité, le grain est fade et les couleurs semblent passées. Cet amateurisme serait pardonnable s’il ne s’agissait du « plus grand groupe de métal prog du monde » !

Du coup, je n’ai même pas envie de m’attarder sur les bonus du second DVD ; je vous laisse vous faire votre propre opinion. Vous y trouverez entre autres des interviews des 5 musiciens, des vidéos des singles extraits de "Systematic Chaos" et d’autres concernant les films projetés sur l’écran en arrière-plan des concerts. Et il n’y a pas de sous-titres en français. Ils en seraient presque plus intéressants que la partie strictement musicale, c’est vous dire. Mais, je ne suis pas certain que cela suffise à atténuer votre désappointement. En tout cas me concernant, ils n’ont été d’aucun effet placebo car jugés d’un intérêt extrêmement relatif. Pourquoi par exemple interviewer le chauffeur du bus à trois reprises ?

Bref, ce 6ème DVD déçoit par sa forme et son contenu. Je n’y retrouve pas ce qui a fait la grandeur et le panache des live antérieurs. En voulant changer de formule, D.T a fait un pari que j’estime pour ma part largement perdu.
De par sa nature, la musique de Dream Theater est une et indivisible et sa meilleure expression live filmée, elle l’a jusqu’à ce jour trouvée dans l’harmonie d’un concert unique transcendée par la communion avec un public tout entier acquis à sa cause du début à la fin. Or, ce saucissonnage aléatoire et inesthétique (6 dates différentes) en brise la magie et en diminue l’impact. De là à dire que Portnoy n’a pas eu la main heureuse dans ses choix…

Le packaging est certes riche surtout si comme moi vous optez pour la version de luxe (2 DVD + 3 CD) pour 25 € environ. Mais c’est bien la première fois que l’achat d’un objet étiqueté D.T me donne des regrets. En conséquence de quoi, je vous recommande d’employer vos précieux euros à autre chose. Signe que tout change, rien ne dure, y compris mon attachement immodéré pour un groupe qui m’a procuré des sensations proches de l’extase. Qui aime bien, châtie bien etc, etc. Et après tout, quand on a payé, on a tous les droits y compris celui de ne pas être satisfait et de le faire savoir !


Rédigé par : Karadok | live dispensable/ | Nb de lectures : 12140




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Globox666
Membre enregistré
Posté le: 14/11/2008 à 10h33 - (64237)
J'aime beaucoup Dream Theater, j'ai d'ailleurs tous leurs dvds mais là sur le coup je suis super décu de mon achat. Je me suis pas trop renseigné sur les forums auparavant et je m'attendais au niveau de qualité des dvds précédents. Ca a été un peu le choc.

Alors oui, pour 25 euros j'ai 2 DVD et 3cds, j'en ai donc théoriquement pour mon argent. Ben non ma brave dame, j'ai écouté 1 fois les 3 cds dans ma bagnole, j'ai maté en 3 ou 4 fois les DVD et j'ai envie de le revendre sur Ebay. Ce serait bien la 1ère fois que je revend un stuff de Dream Theater.

Mauvaise qualité vidéo (l'impression de regarder un divx mal encodé), cadrage amateur, son pas top, interprétation pas top, pas de sous-titres (je comprend bien l'anglais mais pas envie de se concentrer quand on mate un dvd), reportages dispensables. James n'est pas en forme sur pas mal de titres et Rudess m'énerve toujours autant avec ses effets Bontempi / Playskool.

C'est comme le DVD qu'était refourgué avec le Paradise Lost de Symphony X : des lives d'une qualité déplorable, what's the point ? Poubelle.


Si j'ai envie de voir des vidéos de mauvaise qualité, je fais une recherche sur Youtube.

Franchement je pense que le Die Hard fan de DT peut se procurer des bootlegs de meilleure qualité.



Drumetal
Membre enregistré
Posté le: 14/11/2008 à 10h46 - (64238)
Le premier objet de DT que je n'ai pas envie d'acheter... Essayez d'espacer les sorties et de vous concentrez sur la qualité au lieu de la quantité les mecs là!!!



Gouëlle
IP:81.255.44.125
Invité
Posté le: 14/11/2008 à 12h04 - (64252)
... encore un DVD de Dream Theater ! :( Même étant fan, et même à 25 € le package complet, on frôle l'indigestion. Je n'ai pas encore eu le temps de regarder les DVD, mais c'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas de sous-titres, ça doit enlever une grande partie de l'intérêt du second DVD notamment. Pour les CD, la set-list est intéressante. Par contre Labrie dérape souvent effectivement en comparaison de Score ou du Budokan. Bref pour l'instant je suis mitigé sur cette sortie.

crawlinman
IP:79.84.160.5
Invité
Posté le: 14/11/2008 à 12h13 - (64254)
c'est ki dream theater? c'est un nouveau groupe?

stanwd
Membre enregistré
Posté le: 14/11/2008 à 14h37 - (64274)
Aie aie aie, je ne peux qu'être d'accord avec toi Karadok concernant l'aspect audio de la chose. Mon collègue de boulot a emmené les cd audios... Le son est assez moyen et la performance est en dessous de ce l'on a l'habitude d'entendre chez DT. En effet, Labrie est une fois de plus à la ramasse (sur Lines in the sand, c'est atroce... et parfois j'ai l'impression d'entendre Maïté en train de chanter... si si, je vous assure, et c'est même pas drôle et ça m'ennuie car j'aime bien ce groupe)

Quant à la video, sans l'avoir vue, je ne peux que relayer ce que m'en a dit mon collègue : cadrage, image très amateurs...



@ Stanwd
IP:82.236.165.165
Invité
Posté le: 14/11/2008 à 14h55 - (64281)
Non,non,tu tu te trompes,c'est pas Maité,c'est Fetus!

Black Comedon
IP:90.58.123.188
Invité
Posté le: 14/11/2008 à 18h03 - (64307)
Pour Labrie la prestation est pire que celle de Once a live time ?

Sebathan
Membre enregistré
Posté le: 15/11/2008 à 14h49 - (64381)
Je trouve DT régresse d'année en année ...
Depuis l'album bien "metal", je trouve que c'est devenu d'un chiant ce qu'ils font ...

pj666
Membre enregistré
Posté le: 16/11/2008 à 21h32 - (64432)
Je me suis empressé d'acheter ce DVD mais quel déception !!



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