DREAM THEATER - Breaking the Forth Wall (Roadrunner) - 05/02/2015 @ 07h46
7e ou 13e DVD si on compte les bootlegs, tribute, extras et autres « specials », rien à dire, la machine D.T est bien huilée et toujours aussi prolixe. L’effet de surprise est donc quasi nul. Seuls les ultra hyper fans se réjouiront de cette nouvelle sortie live avec images qui n’apportera rien de plus sinon l’envie de contempler des bêtes de scènes au sommet de leur maitrise. Les autres n’ont qu’à continuer de râler dans leur barbe ou pourquoi pas, passer leur chemin, tout simplement…

Contentons-nous donc de cet aspect des choses et essayons de ne pas jouer les blasés. Après tout il ne s’agit que de ma 4e kro de DVD des américains…Il va donc falloir que je me montre créatif et que j’évite les poncifs même si je les vois rappliquer au grand galop tant il y a peu de choses nouvelles ou extraordinaires à dire de Breaking The Forth Wall.

Une chose est sûre, si vous aimez D.T vous ne serez pas déçu ! Gros son, grosse prod ( !), mise en scène au cordeau, images soignées, exécutants au taquet (même Labrie), foule en délire, setlist aux petits oignons, rien à dire, la grande classe ! Une setlist qui parait-il n’a pas changé tout au long de la tournée. Pour les avoir vus à Lille en février dernier, je confirme que celle proposée sur le DVD en est à peu de choses près la copie conforme. C’est d’ailleurs à l’issue de ce concert que j’avais pris une décision « grave » : Lille devait être la dernière fois que j’irais voir D.T. Un peu usé le kronikeur ? Oui, sans doute. Depuis et grâce à ce DVD, j’ai quelque peu revu ma position.

Le show a été tourné au Boston Opera House le 25 mars 2014 avec le concours du Berklee College of Music Orchestra là même où Mangini a fait ses classes. Quoi encore un orchestre sympho ? D.T nous a déjà fait le coup sur Score. Ben oui il faut s’y faire, le groupe aime agrémenter ses riffs acérés à la sauce classique. Que l’on apprécie ou pas l’exercice, il faut reconnaitre que sa musique s’y prête assez bien. Évidemment, c’est fonction de goût. Je me souviens que la partie symphonique de 6DOIT sur Score n’avait pas fait l’unanimité…Ceci dit, l’orchestre n’intervient qu’en seconde partie du set donc pas de risque d’overdose.

Tout d’abord, la chose véritablement importante qu’il faut savoir c’est comment se situe l’objet en question par rapport aux précédents. Personnellement, je garde un assez bon souvenir de Metropolis (2000), Budokan (2004) et Score (2006), un très mauvais de Chaos In Motion (2008). La comparaison va donc se limiter aux trois premiers et disons que sur ce chapitre, Breaking The Forth Wall tient bien la route. Disons qu’il se situe dans une bonne moyenne. Petit regret, le set se divise en 2 DVD, ce qui oblige le fainéant que je suis à me relever de mon confortable fauteuil pour changer de disque.

La qualité de l’image est comme d’habitude irréprochable (quand je dis « comme d’habitude » j’exclus d’emblée Chaos qui est une honte à ce sujet et à bien d’autres égards) et pour une fois, la caméra ne vous file pas le vire-vire en zappant d’un musico à l’autre à la vitesse des shredds de Petrucci. Et puis, scinder l’écran en 2 ou 3 parties pour saisir la prestation commune des zicos est une bonne idée. Ça permet d’apprécier la performance synchro de Petrucci/Rudess ou Petrucci/Rudess/Mangini. (Myung est un peu le parent pauvre de l’exercice). C’est plutôt agréable et fluide à regarder et permet de s’esbaudir (ou d’être écœuré) devant la prestation techniquement irréprochable et tout bonnement impressionnante des protagonistes. Mais, ça on le savait déjà…

L’autre élément de comparaison est bien sûr le chant de Labrie. Si on l’a connu en meilleur forme, dans l’ensemble il ne démérite pas mais il faiblit sur certains passages. Ainsi il est un peu à la ramasse sur The Ennemy Inside, carrément en sortie de route sur The Shattered Fortress et limite en rupture sur The Mirror et Scarred. On lui pardonnera volontiers car le bougre n’a plus 20 piges et les tournées titanesques qu’il entreprend avec son groupe quasiment tous les ans ne lui laissent guère le temps de reposer sa voix. D’autant qu’il se rattrape très largement sur la plupart des autres titres et notamment sur Along For The Ride où il se montre d’une limpidité presque suspecte. Il affiche également un petit embonpoint ventral d’où son surnom de « Labrie-oche »… (Bon, je sors !).

Si on veut jouer les bougons on peut éventuellement se plaindre d’une prod un peu écrasée sur les passages bastons qui compresse un chouia les sons et étouffe littéralement la basse de Myung. Du coup, celle-ci « disparait » sous l’avalanche des riffs de Petrucci ou des nappes et autres « zigouigoui » de Rudess qui sait faire rugir ses claviers. Mais c’est vraiment histoire de faire son intéressant. De toute façon, Myung joue en « infra-basse », un mode que peu d’entre nous peuvent percevoir. (Joke !).

Quant à Mangini, rien à redire de sa prestation ; c’est un pro et il assure. Particulièrement sur The Enigma Machine où il justifie son rang et son statut de digne remplaçant de qui vous savez. On peut juste regretter une attitude un peu en retrait (ou moins extravertie) et qui tranche avec le charisme et le côté « showman » de Portnoy qui, avouons-le, participait grandement à la réussite des live du Dream. C’était la cerise sur un gâteau qui reste malgré tout copieux et très digeste.

Les temps forts de ce show sont nombreux : Trial of Tears (Falling Into Infinity) qui resurgit du passé fait une entrée remarquée. La dernière fois il fût joué en medley sur le Chaos In Motion Tour en 2008. Là Rudess sort son clavier portable pour se la jouer keybord-hero et Petrucci nous livre un solo dantesque qui redonne un coup de jeunesse à un titre vieux de presque 20 ans.

Breaking All Illusions est fantastique à tous points de vue : les musicos sont au taquet dans la partie instrumentale et le morceau dégage un feeling énorme qui donne le frisson. Du très grand D.T. et ce n’est pas fini !

La seconde partie donne l’occasion au groupe de fêter partiellement les 20 ans de Awake avec The Mirror – Lie – Lifting Shadows Off A Dream – Scared soit la seconde partie de l’album. Correct mais sans plus. Cet hommage se conclut par un Space Dye Vest lui monstrueux, revisité et habité par un Petrucci décidemment très en verve.
A ce stade, on se demande où est passé l’orchestre symphonique !!! Pas de panique, il attend son heure patiemment dans la fosse. Et c’est sur Illusion of Theory qu’il montre le bout de son nez (ou de ses violons) pour une ouverture grandiose (pompeuse ?). A partir de là et jusqu’à la fin ce ne sont pas moins de 41 musiciens (flutes-clarinettes-violons-violoncelles) et 24 choristes qui accompagnent la formation américaine. Et aussi là que certains vont (peut-être) prendre leurs jambes à leur cou devant la déferlante classico-métallique qui dure une bonne heure et demi. Perso, et je l’ai déjà dit à propos de Score, ça ne me dérange car les échanges et les parties communes entre l’électrique et les instruments « classiques » sont fluides et bien arrangés. On sent des heures et des heures de répétition derrière pour parvenir à un tel résultat. Au final, c’est une prestation monumentale !

Avec la partie bonus, on n’est pas au bout de notre émerveillement. Overture puis un Strange Déjà vu d’anthologie finissent de nous convaincre que décidément, que l’on aime ou pas son style, D.T domine largement les débats en matière de métal prog symphonique. Sur la partie instrumentale, le quatuor Petrucci/Myung/Mangini/Rudess nous offre un spectacle de très haute volée et l’on ne regrette pas d’y être invité même par écran interposé !

Puis The Dance of Eternity et Finally Free sonnent la fin et l’on se dit que l’on a assisté à un grand show et ce malgré les quelques imperfections vocales de Labrie.

Pour conclure et au risque de me répéter, peu ou pas de réelle surprise ; D.T poursuit sa route à marche forcée enchainant albums studios, tournées, DVD et rebelotte, délaissant sur le bas côté les grincheux et les frustrés. Les autres, fans ébahis et transis continuent d’observer la scène avec une admiration et une ferveur qui ne se dément pas. Et bien, longue vie au Dream et merci quand même pour tous ces instants de grâce même si certains furent mêlés d’une pointe d’agacement. En somme, la rançon du succès…





Rédigé par : Karadok | 15/20 | Nb de lectures : 10185




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Commentaire
Gégé
IP:90.24.229.192
Invité
Posté le: 05/02/2015 à 16h48 - (115634)
Ce qui est fou, c'est que cela se vende autant (sinon ils n'en sortiraient pas autant).

Tant mieux pour eux tu me diras, mais personnellement aucun intérêt pour moi, ayant lâché depuis un certain temps. Je les ai pourtant vus lors de leur dernière tournée en date (Zenith de Paris) mais je ne m'enthousiasme plus comme à l'époque de SFAM...

Carpe Diem
IP:88.179.157.83
Invité
Posté le: 06/02/2015 à 19h48 - (115646)
La fan base du groupe est importante, perso j'achète tout ce qui sort. Je ne les avais pas vus depuis quelques tournées mais là, en 2014 c'était juste énorme. Les albums sont moins sublimes mais en live, c'est la grande classe. La setlist du show est très bonne avec des titres d'Awake et Scenes From A Memory, la meilleure période!

@karadok : Portnoy, Myung et Petrucci ont fait Berklee aussi, mais je pense que tu le sais puisque tu as l'air fan. Sinon, achètes du bluray, c'est plus beau et tu n'as pas besoin de te lever au milieu! ;-) ;-) ;-)

dances of death
IP:149.154.235.205
Invité
Posté le: 06/02/2015 à 23h35 - (115648)
Grand fan du groupe à une époque, j'écoute encore et toujours avec plaisir leurs premiers albums et il m'arrive même encore d'écouter 6DOIT.
Par contre, les albums suivants m'ont fait décrocher à chaque fois un peu plus... quelques bons moments, ça s'écoute bien 2 ou 3 fois mais à vrai dire, rien qui me donne envie d'y retourner souvent.

Quand ce nouveau live est sorti... je me suis posé la question: achat ou pas? Avant cette chronique, je n'avais pas encore tranché, et du coup je me dit que si j'ai l'occasion de le trouver pas trop cher, je le prendrai surement (au risque de ne le regarder une seule fois mais bon)

Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 08/02/2015 à 21h51 - (115660)
Je ne me permettrais jamais de cracher sur un groupe aussi talentueux, mais cette musique ne m'a jamais, mais alors jamais touché...Je m'en voudrais presque parfois. Je passe sans doute à coté d'un grand truc. Mais c'est ainsi.

kalter_Tod
Membre enregistré
Posté le: 10/02/2015 à 14h52 - (115669)
Étonnant Karadok que, dans ta chronique, tu ne parles pas du Live at Luna Park qui est le précédent live et le premier avec Mangini ! Celui-ci avait été pas mal décrié pour sa production (Petrucci était vraiment très en avant) et son montage donc la comparaison (plutôt en mieux sur ces points) aurait eu du sens.

Le principal défaut de ce Breaking the Fourth Wall est justement qu'il sort moins d'un an après le Live at Luna Park (qui, lui, s'était fait attendre), ce qui donne une impression de "trop plein". A part ça, il est vraiment pas mal !

La setlist est très bonne avec de belles surprises même si elle est étonnamment peu variée par rapport à ce à quoi nous avait habitué le groupe (sur ce live, un album sur deux de leur discographie n'est pas représenté !).

Je suis par contre bien moins enthousiaste sur l'orchestre qui ne sert franchement pas à grand chose : il est la plupart du temps inaudible et, quand il l'est, il reste anecdotique. En fait, les orchestres avec les groupes de rock/métal, c'est tout ou rien : soit le groupe se sort les doigts pour adapter vraiment ses morceaux et laisser une place à l'orchestre et ça donne un vrai mélange de genres, soit le groupe laisse l'orchestre se poser sur son interprétation habituelle et ça fait pièce rapportée sans intérêt. Ici, on est malheureusement clairement dans ce second cas, le groupe ne jouerait pas une note différemment si l'orchestre n'était pas là (Petrucci fait même ses "choeurs" à moitié pipeau alors qu'il y a une chorale !).

Bref, je trouve que le live reste très bon, à l'image de la tournée, même si c'est vrai que les medleys surprenants manquent pas mal par rapport à l'ère Portnoy...



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