DISARMONIA MUNDI - Cold Inferno (Coroner/Season of Mist) - 22/06/2015 @ 07h44
Avec DISARMONIA MUNDI, nous tenons un peu un cas d’école du « on prend les mêmes et on recommence ». On recommence ? Oui car contrairement à ce que nous avons cru il y a 3 ans, THE STRANDED, l’autre projet de Ettore Rigotti et Claudio Ravinale qui œuvrait dans le même style musical, n’était pas voué à remplacer DISARMONIA MUNDI et ces derniers existent toujours, malgré un void discographique de pas moins de 6 ans. On reprend donc les mêmes : Claudio Ravinale aux screams, Ettore Rigotti au chant clair vocodé et à l’ensemble des instrumentations, et Björn « Speed » Strid pour la plupart des chants gueulés, et donc oui le frontman de SOILWORK est toujours de la partie et signe même un retour en force après avoir été légèrement relégué au second plan pour The Isolation Game, l’ensemble formant désormais un parfait trio de chants. Et on recommence : Cold Inferno n’est ni plus ni moins qu’un pur nouvel album de DISARMONIA MUNDI, dans ce mélodeath moderne survitaminé qui descend bien sûr de SOILWORK mais pas seulement. D’aucuns regretteront encore les débuts « progressifs » avec Nebularium (2001) mais le duo italien (avec son illustre guest suédois) a fixé son style depuis Fragments Of D-Generation (2004) et s’y tient, avec classe et efficacité, malgré un côté sous-estimé évident, qui a trop ignoré cette tuerie qu’était Mind Tricks (2006), sabrée à l’époque dans la presse à cause d’une filiation avec SOILWORK un peu trop voyante…

Pas de surprise donc pour ce 5ème album du combo, toujours produit par Ettore Rigotti lui-même, sorti sur son propre label Coroner Records, l’organisation la mieux huilée de tout le mélodeath moderne. Cold Inferno reprend là où les choses s’étaient arrêtées avec The Isolation Game, suivant même un schéma identique avec un départ à fond, "Creation Dirge", faisant écho à l’excellent "Cypher Drone". Mais d’emblée, une petite chose coince. Malgré la terrible efficacité de cette ouverture, DISARMONIA MUNDI a quelque peu craqué sur la production, franchement bordélique et déséquilibrée, blasts et riffs à 100 à l’heure sonnent comme de la bouillie et le chant clair est surmixé, crispant même les oreilles à cause du vocoder qui en fera jaser plus d’un. Mais c’est comme en concert : on ne comprend rien au son du premier morceau et ça s’équilibre par la suite. "Stormghost" rattrape donc le coup avec grande classe : il s’agit sans conteste du tube de cet opus, les chants sont entraînants et les rythmiques sont géniales, le groupe se montre une fois de plus inspiré quand il s’agit de balancer le meilleur du mélodeath moderne actuel.

DISARMONIA MUNDI va donc égrener ses nouvelles compos en 45 minutes énergiques et intenses, où les plans thrashy parfois très tranchants sont souvent à l’honneur ("Behind Closed Doors", "Slaves to the Illusion of Life", "Clay of Hate") ainsi que les gros riffs bien puissants et efficaces ("Oddities from the Ravishing Chasm", "Magma Diver", "Toys of Acceleration") quand ce n’est pas des plans groovy témoignant de l’influence PANTERA ("Blessing from Below"). Bien évidemment dans mélodeath il y a « mélo » et la mélodie n’est pas en reste tout au long de ce Cold Inferno (notons "Behind Closed Doors" avec ses fantastiques leads et solos, "Coffin", "Oddities from the Ravishing Chasm", "Blessing from Below"). Un album qui ne propose absolument aucune surprise, si ce n’est quelques chants clairs signés Speed (sur "Behind Closed Doors" et peut-être sur "Magma Diver"), ses growls aussi (même s’ils sont nettement plus rares que sur Mind Tricks), enfin on notera une petite intervention aux claviers de NEROARGENTO (qui fait aussi partie de THE STRANDED) sur "Toys of Acceleration" et on a fait le tour de ce 5ème album de DISARMONIA MUNDI. Il faut dire que le groupe italien n’a pas franchement fait de chichis et y est allé tout en facilité, Cold Inferno est finalement assez linéaire, parfois trop classique ("Coffin" est vraiment anecdotique), possède quelques légères longueurs ("Oddities from the Ravishing Chasm" n’a peut-être pas besoin de dépasser 7 minutes…) et peut-être moins de morceaux véritablement marquants que sur ses prédécesseurs (mis à part leur nouveau hit qu’est "Stormghost" donc). Mais si ce n’est pas le meilleur album du trio italo-suédois, il faut bien avouer qu’il demeure en grande forme et reste bien au-dessus de la masse actuelle du mélodeath moderne, et je ne parle même pas du reste de la scène mélodeath italienne qui paraît encore plus moisie à l’écoute de leur leader incontesté. Zéro évolution, zéro révolution, mais un retour qui fait plaisir après 6 ans d’absence et une incertitude sur leur avenir (même si THE STRANDED aurait aisément pu assurer la succession), et s’il n’égale pas ni Mind Tricks (gageure ?) ni The Isolation Game, Cold Inferno n’en est pas moins un très bon album de mélodeath moderne et laisse DISARMONIA MUNDI, même en roue libre, assis seul sur le trône du style.




Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 8068




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Commentaire
godfroid
IP:81.251.32.215
Invité
Posté le: 22/06/2015 à 11h42 - (117049)
A noter la reprise de folie de maiden "The Loneliness of the Long Distance Runner" sur la version jap avec christian alvestam au chant clair.
Un régal ce Somewhere in time, je m'en lasserai jamais.

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