DECONSECRATE - Nothing Is Sacred (Goodlife) - 12/06/2015 @ 07h54
Je suis un homme simple, il me faut peu de choses pour être heureux. Par exemple, un groupe de jeunes flamands qui reprennent et portent fièrement, bien haut, le drapeau du H8000, cette petite partie de cette petite Belgique qui a su, dans les années 90, imposer au monde entier un son, une identité, une marque de fabrique. DECONSECRATE marche dans les traces des glorieux Anciens que sont Congress et Liar. Et les bougres le font bien. Très bien même. Ça, on le savait déjà grâce à leur précédente démo. Mais des bonnes démos, on en compte des centaines sur la place, par contre réussir le passage de la démo au full length est plus compliqué. Les belges n’étant plus de jeunes perdreaux, on trouvent des anciens membres de groupes comme Crossed The Line, Retaliate, Omerta, Murderhorn ou United Blood, ils connaissent les piège à éviter pour réussir son passage à l’adulte et concrétiser toutes les promesses contenues dans « Total Depravity » sorti fin 2013.

Dès le début de l’album qui s’ouvre par un petit sample tout en atmosphères apocalyptiques et anticléricales, les deux marottes du groupe, on retrouve ce qui fait la gloire du metalcore belge : des riffs épiques, purement metal, des rythmiques thrash allemandes, un son de basse slam death (petite nouveauté d’ailleurs) des moshparts edgemetal et un chant partagé entre grognements death, voix hurlées hardcore et même quelques vrais growls bien brutal death. On mixe tout ça et ça donne un edgemetal typiquement 90’s. Bref tout ce qu’il faut pour ravir un homme simple comme moi. On voit planer l’ombre de Congress sur l’ensemble du disque avec aussi quelques touches d’Arkangel pour les riffs acérés et tranchants. « Wither and Die », titre classique du genre surprend par sa construction avec, en son sein, un bon vieux solo de guitar hero purement heavy metal qui embraie sur des gruik gruik tout droit sortis du slam death, une moshpart porcine en diable et avant de terminer le tout par enchaînement de riffs edgemetal joués guitare pointée vers le ciel. A l’ancienne. « Lost In The Fire » sonne comme du Arkangel coupé avec du Deformity. Metalcore, deathcore, ces deux sous-genres tant décriés, retrouvent ici leur vrai sens, leur vraie définition, leur vraie noblesse. Le metalcore c’est Earth Crisis, c’est All Out War, c’est Turmoil, c’est le H8000. Le vrai deathcore c’est Burning Skies, c’est Crawlspace, c’est Deformity.

Chaque morceau, tout en restant bien proprement dans le moule edgemetal/metaclore qui est le sien, un peu trop même, on aurait aimé plus de liberté, de folie à ce niveau là, parvient à amener un truc neuf, un riff, une moshpart, une rythmique qui le fait se différencier de ses petits copains. On pourra signaler le break de « Breath of Death », les riffs arkangeliens de « Echoes of a Inner Turmoil », les arpèges de « Tidebringer », les gros morceaux de death metal contenus dans « Lost in the Fire »… Chaque fois, on se prend un petit truc qui fait qu’on en redemande même si au final, l’album ronronne parfois un peu trop gentiment et ne sort jamais des sentiers battus. Le duo de vocalistes apporte une bonne dynamique aux lignes de chant, variées et franchement réussies. Les voix de « Tidebringer » rappellent férocement Deformity. Tout ça respire l’excellent boulot.

La production a su éviter le double piège du « je sonne hyper moderne et compressé » et du « je sonne old school avec un son dégueulasse histoire d’être trve à mort ». Non là c’est propre, moderne mais sans être trop dénaturé. Le glorieux esprit du hardcore flamand est là mais avec une bonne production moderne et un gros son de basse claquante et slappée façon slam death. Rythmiques lourdes, midtempos traversés d’accélérations fulgurantes et de moshparts massives comme le plomb, DECONSECRATE sait comment faire mal. Ils frappent juste et fort. Les mecs prouvent aussi leur attachement à une époque révolue de par le choix des invités présents sur l’album. Là où chaque groupe « core » se paie un petit featuring avec Peachey SFD et Matthi Nasty, DECONSECRATE, eux, remontent le temps pour passer le micro à John Gallagher de Dying Fetus pour la partie death metal et à Damien Moyal (Morning Again/Culture/As Friends Rust, excusez du peu) pour la partie hardcore années 90. Un choix qui fait figure de profession de foi pour ce groupe qui n’hésite pas à regarder vers le passé afin de faire fructifier le présent. Des racines fortes, c’est l’assurance d’un arbre vif et fort. Metal, Hardcore, DECONSECRATE se refuse à choisir. Plus de vingt ans après sa création, le H8000 et le hardcore flamand ont encore de très beaux restes.



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Rédigé par : Seb On Fire | 16/20 | Nb de lectures : 8083




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Commentaire
Moulinexxx
Membre enregistré
Posté le: 12/06/2015 à 11h55 - (116973)
Ah ouais ça me parle ça, merci pour la découverte !
Ca fait bizarre d'entendre du gros porcin sur du bon vieux hardcore, et ça semble passer comme une lettre à la poste-hardcore.

+1 pour la prod qui tue.

Worthless
Membre enregistré
Posté le: 12/06/2015 à 23h17 - (116978)
Un excellent album qui te renvoie des années en arrière.

Vision Of Beuh
Membre enregistré
Posté le: 13/06/2015 à 17h13 - (116979)
Extremement puissant cet opus en effet. Il tourne régulièrement chez moi...



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