DEATHSPELL OMEGA - Drought (Norma Evangelium Diaboli/Season Of Mist) - 06/08/2012 @ 09h16
Avec le magistral « Paracletus », DEATHSPELL OMEGA clôturait de la plus belle des manières, une trilogie entamée avec « Si Momentum… ». On pensait les voir repartir sur de nouvelles bases et explorer de nouvelles sonorités et des atmosphères différentes avec cet e.p. Et bien en fait, non. DsO continue dans la même veine et capitalise sur ce qu’il sait faire de mieux : Un black Metal technique et polyrythmique qui ne craint pas de flirter avec toute la vague « post». « Drought » se situe quelque part entre un « Fas Ite… » froid et sec comme la Mort et un « Paracletus » dissonant et bouillonnant comme l’Enfer. Ce qui frappe, de prime abord, c’est la sécheresse et la rudesse du son de l’e.p, de fait le groupe est totalement raccord avec le titre du disque (drought signifiant sécheresse en angliche). C’est bien simple, ça sonne comme une sodomie auditive au gravier. La karcherisation d’oreille au top en d’autres mots. Le groupe nous gratifie une fois encore d’une logique, d’une homogénéité thématique et esthétique impeccable. Musique, artwork, paroles, couleur, tout renvoie au sable, à la sécheresse, à l’aridité. A ce niveau là, c’est parfait, il n’y a absolument rien à redire. Par contre musicalement, on est en droit d’émettre quelques (petites) réserves. Pas parce que le skeud n’est pas bon mais parce qu’on en demande et en attend toujours plus d’un groupe comme DEATHSPELL OMEGA. Là, pour une fois, on reste un peu sur notre faim.

Pour la première fois depuis ses débuts, on peut affirmer que DsO fait du DsO et navigue en terrain connu. Il semble que le groupe ait trouvé sa voie avec « Paracletus » et continue sur ce sillon, tracé d’une main de maitre cela dit. Rien de bien neuf en apparence donc si ce n’est une intensité rarement vue et entendue chez eux auparavant. Ils y vont à fond les ballons et torchent le tout en vingt petites minutes. Pan ! dans les dents. Les premières écoutes sont rudes, peu à peu, les subtilités, les dissonances, les changements de rythmes se font entendre. « Drought » comporte six titres mais peut s’appréhender comme un seul et unique morceau tant son homogénéité, malgré les différences d’atmosphères et de bpm entre les morceaux, est totale. Toutefois « Salowe Vision » commence doucement, lourdement, dans des sonorités à la Neurosis ou Cult Of Luna. La basse gronde et les guitares montent tranquillement en puissance, on pense beaucoup à l’ouverture de Kénôse. Rupture de ton totale avec «Fiery Serpents » uptempo, agressif et haineux à souhait; porté par une fabuleuse section rythmique au sommet de son art. Avec ce titre on est dans du DsO pur jus tout en changements de rythmes, en dissonances et en haine sournoise. Il en va de même pour le titre suivant, tout aussi ravageur, tout aussi solide. La qualité générale est présente mais on navigue en terrain connu, on n’est pas bousculé comme on aurait souhaité l’être, comme on l’est habituellement avec DEATHSPELL. Pour tout vous dire « Scorpions&Drought » semble venir des chutes de studio de « Paracletus ». C’est bien mais pas suffisant pour un groupe de cette trempe.

« Sand » ralentit le tempo et s’avère carrément flippant avec ses guitares démentes et ses chœurs d’âmes damnées qui posent une ambiance vraiment étrange en moins de deux minutes. Un très bon titre mais trop court. Malins, DsO gardent le meilleur pour la fin avec « The Cracked Buck Of Life ». Là encore on a droit à un titre midtempo tendance post-black comme on en trouvait sur « Paracletus ». Ce titre a la particularité, attention âmes sensibles cachez vous les yeux, de contenir des sonorités dans le jeu de guitares notamment, faisant penser au Kickback version « Et Le Diable… » surtout en début de morceau ou ce riff principal aurait parfaitement pu être composé par Toxic Harmst. Un morceau qui clôture cet e.p en beauté et sur une bonne note mais qui ne masque pas totalement l’absence de prise de risque du groupe qui pour la première stagne et ne va pas de l’avant. « Drought » donne l’impression de n’être qu’une version courte et condensée de leur précédent album tant on y retrouve ses principales lignes de forces mais amoindries par le format plus court qui ne leur permet pas de développer leur musique comme elle le mérite. L’immédiateté sied mal à un groupe comme DsO. Maintenant on ne va pas jouer les vierges effarouchée ni faire sa sucrée, la qualité globale est présente et « Drought » reste un bon e.p mais qui file un peu trop en roue libre à mon gout. Maintenant si tous les albums de blacks avaient cette qualité là, le monde en serait meilleur mais le groupe nous a habitués à mettre la barre tellement haut qu’on en ressort avec une légère pointe de déception.



Ecouter Drought - 115 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 7/10 | Nb de lectures : 13407




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Commentaire
DarkYoGi
Membre enregistré
Posté le: 06/08/2012 à 09h58 - (103244)
J'ai arrêté la lecture de cette kro à "qui ne crains pas de flirté".

MetaliDeth
Membre enregistré
Posté le: 06/08/2012 à 13h01 - (103246)
Ca a été corrigé apparemment ! ;)

Seeds Of Perversion
Membre enregistré
Posté le: 06/08/2012 à 14h14 - (103247)
"chutes de studio de paracletus" je me suis fait exactement la même remarque à la première écoute. Mais je pense que ca vient du son en particulier. Et c'est vrai qu'au fil des écoutes la personnalité de cet EP se révèle.
Par contre ca me fait mal au cul de voir de le nom Kickback dans une chronique concernant DSO.



Sakrifiss
IP:220.144.36.131
Invité
Posté le: 06/08/2012 à 18h05 - (103249)
"Sand" ralentit avec un T, SVP...

philou
IP:90.35.158.31
Invité
Posté le: 06/08/2012 à 20h23 - (103250)
7/10 c'est un peu dur, meme si ils font du pur DsO. ca merite au minimum 8,5

pearly
Membre enregistré
Posté le: 07/08/2012 à 13h29 - (103253)
EP fabuleux, plus concis, avec un autre traitement des pistes, pour des titres presque indépendants les uns des autres, des morceaux relativement courts, et pourtant extrêmement riches, et une autre approche du son aussi. Pour le coup, je trouve ce disque extrêmement vaste pour un EP.



Reflebe
Membre enregistré
Posté le: 07/08/2012 à 18h21 - (103261)
Rien à rajouter par rapport à Pearly : dense, varié, grande cohérence d'ensemble, une approche sonore légèrement différente de celle de "Paracletus"... Une nouvelle pierre à l'édifice finement travaillée.



chaussure
Membre enregistré
Posté le: 13/08/2012 à 19h08 - (103301)
par rapport à avant où certains passages chaotiques se résumaient pour moi à des plages bruitistes un peu chiantes,
dans cet E.P. leurs passages furieux me parlent beaucoup plus. ça construit des trucs, des mélodies... c'est mieux quoi.

par contre y'a peut-être moins de passage de bravoure comme dans "paracletus".

ça n'empêche que c'est un excellent album, et pas si difficile à rentrer dedans. (pour du DSO)

et désolé pour certains si ça les emmerde de voir une corrélation avec KKK,
mais ce dernier morceau est tout simplement impossible à écouter sans imaginer un featuring avec Diapsi.



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