DAMNATION ARMY - Tyrant (Mascot/Socadisc) - 04/08/2006 @ 10h10
Prince de Lu: C'est avec circonspection (et un crayon) que j'ai ouvert le paquet contenant ce second album de Damnation Army. Circonspection, car la précédente livraison du Suédois Thomas Nyholm m'avait été offerte avec une commande (et à l'écoute, j'avais compris pourquoi). Circonspection aussi à la vue de la pochette et au feuilletage du livret. Les choix artistiques du sieur Nyholm m'échappe en terme d'esthétisme. Circonspection mais curiosité tout de même après deux ans de silence depuis "The Art of Occult". Et un crayon, parce que c'est tout ce que j'avais sous la main pour ouvrir le paquet.

Vous l'aurez compris, "The Art of Occult" m'avait bien refroidi, étalant un black bien bateau, trop standard et bourré d'incohérences. Je n'aurais pas déboursé un kopek pour le troisième album de Damnation Army. Et là, grosse et bonne surprise. Thomas Nyholm a revu sa copie et changé son fusil d'épaule. Il présente maintenant un projet plus mélodique, qui groove et qui a la ouache. Je ne saurai facilement étiqueter la bête "black'n'roll" car les pistes sont brouillées par l'utilisation d'artifices de plusieurs styles. Sur des riffs tantôt lancinants, souvent mélodiques, et plaqués avec vigueur, Nyholm contraste par sa voix black des titres soit gentiment rentre-dedans, soit lourdement plombés. Les structures des morceaux très couplet/refrain/pont déclenchent une adhésion et un headbanging instantanés. L'objectif est ici de prendre tout son temps pour mettre en place les ambiances et ça groove carrément!

Il y a un arrière-goût plaisant dans ce projet. Un côté très marqué rock, une sorte de Satyricon période "Volcano", sans les riffs tarabiscotés mais avec des ambiances bien proches. Damnation Army use même d'arpèges aux sonorités glauques que Satyr affectionne. La voix monocorde a également un timbre approchant celle du Norvégien. A ces éléments s'ajoute une patte indéniablement suédoise, avec des mélodies que ne dénigrerait pas Blackheim dans ses refrains (celui de "Enchanted by the Mystical Fire", le pont de "Dalia" très "Brave Murder Day"). On pense aussi à In Flames dans ces tristes sonorités ("Embodiment of Destruction"). Et les morceaux plus mid-tempos, lents déroulements de riffs mélancoliques, me rappellent Kreator sur "Endorama" (l'hypnotique "Dalia", "A Dagger right in your Heart").

L'opus a été mis en boîte impeccablement chez le désormais incontournable Tore Stjerna dans son antre du Necromorbus (Funeral Mist, Watain, Ondskapt, Armagedda, Corpus Christii, Zavorash, Odal, les derniers Blacklodge et Merrimack, halte au feu!!). Le son est adapté, donc ici relativement puissant et rempli de basses qui font vibrer la carcasse. Rien à jeter!

Au final, une excellente surprise. Ce "Tyrant" n'est sûrement pas l'album du siècle et il ne réinvente pas le meuble en bois à monter soi-même. Mais il est fort agréable à écouter car bien foutu et réussi. Le faire tourner, c'est l'adopter.

Sheb: Pour ma part, n'étant pas un true, j'ai utilisé des ciseaux pour ouvrir le paquet, c'est beaucoup plus pratique, m'enfin bon chacun fait ce qu'il veut hein... Avec des ciseaux donc et sans le moindre a priori, les noms de Damnation Army et de Thomas Nyholm n'évoquant absolument rien chez moi puisque j'évite de commander chez des distros qui font des cadeaux empoisonnés. Bref c'est donc sans avoir écouté la moindre note des deux premiers albums de ce multi-instrumentiste suédois et après une bonne demi-douzaine d'écoutes de ce "Tyrant" que je me suis attelé à la kro de cette galette.

Dans le genre black soft, pas trop méchant et largement assez mélodique pour n'effrayer personne pas même la petite vieille du rez-de-chaussée, on peut dire que Damnation Army se pose là. Usant et abusant de mid-tempos et de redondances à la Katatonia rejoint les rangs des groupes de black lent. Mais là où un Khold est vite devenu très chiant en nous pondant quatre albums identiques toujours remplis du même morceau, Damnation Army demeure ici frais et printanier. Quelques petites touches de thrash par ici, un soupçon de black'n'roll par là et le tour est joué. Les blasts sont vraiment réduits à la portion congrue, le chant est relativement monocorde mais colle bien avec la musique. Je ne reviendrai pas sur la prod de ce skeud, Prince de Lu vous ayant déjà tout dit à son sujet.

Mascot Records qui nous avait plutôt habitués à des albums de guitaristes semble ces derniers temps plus enclin à nous fournir du metal. On se souvient de SADUS et GORY BLISTER en début d'année, voilà maintenant que le label s'essaye au black metal. Pour un premier essai, il faut avouer que c'est vraiment une réussite. D'autres signatures metal sont annoncées, reste juste à espérer qu'elles soient de la même trempe.

http://damnationarmy.cjb.net - 301 visite(s)

Embodiment of Destruction - 373 téléchargements


Rédigé par : Prince de Lu & Sheb | 15/20 | Nb de lectures : 13376




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Commentaire
Le Slave Barbu
Membre enregistré
Posté le: 04/08/2006 à 10h45 - (31437)
C'est vrai que c'est pas mal... le son pourrait etre moins brouillon par contre.

MASCOT Records
Membre enregistré
Posté le: 04/08/2006 à 18h37 - (31455)
il faut tout de même rappeler que les premiers albums de ANCIENT RITES / SKYFORGER et DEVISER étaient sortis dans la seconde moitié des années 90 chez MASCOT (ou sur leur sous label de l'époque spé extrème : II MOONS)



flo_1349
Membre enregistré
Posté le: 01/12/2006 à 14h31 - (36391)
Trés bonne chronique et tres belle surprise a l'ecoute de ce Cd



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