DAGOBA - Tales of the Black Dawn (Verycords) - 14/08/2015 @ 09h03
A) DAGOBA agrémente à chaque fois ses nouveaux albums de détails inédits
B) DAGOBA tourne en rond et fait toujours la même chose
C) DAGOBA fait du DAGOBA. Point.

Au fameux grand jeu du « Vs-opardy » spécial DAGOBA, je vous invite chers amis lecteurs à trouver la question qui correspond à ces réponses. Comme la solution est déroutante de simplicité, essayons de pimenter le jeu en agrémentant notre verbe et notre verve de viles tripailles et autres charcuteries rougeâtres en commentant ce nouvel opus, « Tales of the black Dawn ». En guise de tapisserie sonore, je ne saurais trop vous conseiller de vous mettre dans les esgourdes un bon vieux "Sorcery" et un petit "Morning light" afin de laisser la chaleur de la haine venir vous chatouiller le cerveau et ainsi vous transformer en chauve-souris volante assoiffée de sang. Ah et puis oui, qu'on se le dise, le cru DAGOBA 2015 sera sous le signe du Goret ou ne sera pas.

« Post Mortem Nihil est », le précédent album du groupe, affichait (surtout en matière de son) les ambitions nouvelles du groupe phocéen. Produit par l’ex-guitariste/Palmier de Machine Head Logan Mader, « Post… » ne révolutionnait pas vraiment le style de DAGOBA mais affichait une cohésion sonore plus fluide et moins revêche que dans le passé. La guitare, désormais plus mise en avant, venait combler un des principaux reproches qui était fait au groupe, à savoir que le dit instrument n'était pas assez audible et noyé dans le mix. Sans se trahir ni se dissimuler, le groupe arrivera du coup à réaliser son « American Dream » en sillonnant le pays de l’oncle Sam en compagnie des japonais de Dir En Grey pour promouvoir sa musique et plus particulièrement son dernier opus en date. Nous étions alors en 2013 et le groupe avait depuis multiplié les scènes dont un Hellfest en 2014 qui a ravi les fans du combo (et les amateurs de Circle Pit…) présent ce jour là.
Presque une année plus tard, DAGOBA est de retour avec un nouvel album, toujours produit par les soins de Mader et composé de la même façon que ses petits frères : par Shawter et en une dizaine de jours. Une fois ses présentations sur le nouveau matos terminée, quoi de neuf du coup sous le soleil de ce « Tales of the Black Dawn » ?

De manière générale, j’ai l’impression que cet album est un poil moins mélodique que son prédécesseur et plus porté sur les rythmiques que sur les ambiances ou les orchestrations. Bien que le chant clair ait toujours son droit de cité, que les orchestrations soient toujours présentes et que les guitares se heurtent parfois à du riffing mélodique, le propos me semble plus agressif que jamais. Retour aux sources des deux torgnoles des premiers albums ?
Je sais pas si c'est parce que je viens de finir un livre sur la culture Redneck au cinéma mais l'introduction "Epilogue" avec ces inquiétants cris d'animaux, me fait penser à un décor de ferme délabrée dans le sud des États Unis où une famille de dégénérés congénitaux s'adonnerait à des rites étranges dans l'attente de tomber sur le râble de jeunes et riches étudiantes venues de la ville. Le riffing de "Half Damn Time" avec ces notes à notes proches des riffs Thrash sont assez nouvelles aussi pour le groupe. Le morceau le plus mélodique de l'album reste "The loss" qui, même s'il est accompagné d'une rythmique particulièrement rapide au niveau des grosses caisses, reste bien en tête. Pas très étonnant si on le compare au reste du répertoire du DAGOBA, il ne représente pas la majorité de l'album tant ce dernier à la mors au dents sur la plupart des morceaux.

A une "véner" manifeste il faut ajouter le caractère roboratif du cœur des chansons présentées, ce qui ajoute encore à son caractère primitif et sauvage. Aux antipodes sonore de "Face the Colossus", ce nouvel album me semble être un compromis entre la vitesse de "Poséidon", la fraîcheur de "What Hell is about", la clarté de "Post Mortem..." et l'agressivité du premier album.
Si la violence générale semble avoir remonté d'un cran ("Sorcery" et sa belliqueuse rythmique, "O, Inverted world" et son refrain "Blackisé" à la guitare), on dirait qu'elle a intimidé le coté épique du groupe, ses harmonies grandiloquentes et ses ponts mélodiques étant désormais plus succincts que par le passé. Le coté le plus extrême du groupe est donc mis en avant, la clarté des guitares et des riffs trouvant un écho plus que manifeste dans la production de Logan Mader. En clair, ça meule.
On retrouve bien sur les passages classiques à la DAGOBA (gros "Yeargl" accompagné d'une rafale de grosse caisse et de riffs en doubles croches), mais aussi quelques passages plus inattendus comme le final sur "The Sunset Curse" ou Shawter pose sa voix sur un lent instrumental torturé et plein de malaise.
Ce prisme du "prendre le temps" assez peu familier au groupe revient également sur le final de "Morning Light" ou le pont de "Eclipsed" (étonnamment lumineux et beau) où DAGOBA sonne de manière assez originale par rapport à l'accoutumée. Agrémentés de Blast beats plus présents que jamais, on trouve du tapping, du riffing presque Thrash à certains niveaux (le riff principal de "O, Inverted World") et des growls profonds et graves.

DAGOBA propose donc un sixième album en lien avec ce qu'ils ont toujours proposé, agrémentant une fois de plus leurs titres de nouveautés rafraîchissantes. Certainement au poil pour les fans, le disque ne devrait pas convaincre ceux qui n’adhère pas au style du groupe et plus ou moins plaire à ceux qui ont des préférence selon les albums du combo. Ne déviant pas de leur ligne de conduite, comme le disait Kurglom sur la chro de "Post...", DAGOBA continue inexorablement à inonder ses disques de rythmiques rageuses et de hurlements de bouchers pas allergiques au moment d’accalmie. Le système DAGOBA n'est pas encore prêt à dévier de sa trajectoire... que cela plaise ou non .




Rédigé par : Pamalach | 15/20 | Nb de lectures : 15174




Auteur
Commentaire
shawter
IP:109.208.134.95
Invité
Posté le: 14/08/2015 à 19h57 - (117532)
Merci pour la chronique !


CyberIF
IP:86.221.179.144
Invité
Posté le: 18/08/2015 à 21h42 - (117546)
Belle analyse !

Cöuille Mölle
IP:80.12.35.58
Invité
Posté le: 31/10/2015 à 16h30 - (118497)
Pas (du tout) convaincu par les 2-3 morceaux que j'avais écouté à la sortie, l'album passe beaucoup mieux appréhendé dans son ensemble. Avec le duo "Born Twice" / "The Loss" comle moments forts.
Il faut croire que le niveau de "What Hell..." ne sera jamais réatteint, néanmoins l'album est très bon. Un genre de "Post Mortem..." au niveau au dessus.


DIMECHAG
Membre enregistré
Posté le: 25/05/2016 à 17h01 - (120175)
Ils ont viré le grateux et le drummer :-)

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