DACAST - Dédale (Gheea) - 04/02/2013 @ 08h02
Pardon. Pardon au groupe, pardon aux fans du groupe, pardon aux connaisseurs et amateurs de MathCore.
Car, je ne suis pas un esthète de ce style, et je manque de références, de repères. Ce qui n’empêche pas de découvrir ou d’apprécier, bien entendu. Mais je n’emploierai certainement pas les termes adéquats, je n’aurai certainement pas le même recul, ni la même pertinence d’analyse, et je m’en excuse.

"Dédales" a été, pour moi, une très bonne découverte sonore.
Je ne l’ai pas écouté comme on écoute un album classique, je l’ai plutôt abordé comme une expérience.
D’ailleurs, je ne sais pas comment réagiront les fans de MathCore, mais je ne suis pas persuadé que "Dédales" puisse vraiment s’appréhender comme un album classique.

En effet, tout, dans DACAST, respire l’expérimentation structurée, tant au niveau du style musical, du mode de composition ou de l’arrangement structurel.
Les structures, déjà, répondent à une approche entière et presque expérimentale : il n’y a en effet pas 'des' morceaux, mais 'un' morceau. Tout juste découpé en deux, pour des besoins matériels.

"Dédales" est à la fois le nom de l’album, et du seul titre. Un seul nom pour représenter une forme d'unicité musicale. Un groupe formant un tout, un ensemble artistique qui fait corps avec son mode d’expression. Une musique indissociable et non segmentable, possédant sa propre identité.

On ne s’amuse pas à regarder un DVD en lecture aléatoire. Il en va de même avec"Dédales", dont le déroulement ne peut s’opérer que dans un sens précis.
Le paradoxe artistique entre la structuration organisée en un seul tenant, et la déstructuration musicale, est notoire. Et donc particulièrement intéressante. Car musicalement, le bordel apparent répond à un besoin de créativité atypique. La frontière entre l’acceptable et le ‘sans-queue-ni-tête’ est mince, et surtout subjective. Je n’en parlerai donc pas. Sachez simplement que derrière le labyrinthe tortueux des enchaînements déstructurés, se cache une richesse musicale, pour qui saura prendre le temps de le déchiffrer.

Une destruction construite avec soin, totalement anarchique, mais suffisamment cohérente et structurée, pour être attractive et assimilable. C’est là que réside le talent de DACAST.

"Dédales" n’est pas descriptible, tant de sentiments, d’influences, de styles se télescopent, s’accouplent, s’intercalent et s’unissent. La cohésion n’est pas musicale, elle est organique, voire même corporelle.
Les hurlements écorchés sont le squelette de "Dédales". Une ossature qui véhicule sentiments et rage. La batterie est le système nerveux. Et coordonne les mouvements musculaires (headbangue), régule le fonctionnement des autres instruments, et déclenche les spasmes incontrôlés. Les guitares s’apparentent au réseau veineux. Explosives, elles expriment tout et leur contraire, jouent sur l’apport d’oxygène, soit en nous permettant de respirer, soit en nous asphyxiant.

L’ensemble est vivant, varié. Les phases d’accalmie sont bousculées par les déchirements, les explosions sont tempérées par des montées progressives en pression.

D’ailleurs, c’est au fil des écoutes que j’ai compris la nécessité pour le groupe de ne pas découper son album en pistes : outre l’aspect monolithique, chaotique et unifié, "Dédales" est un morceau qui possède son propre cheminement, progressif et aventureux, qui ne possède ni refrain ni couplet, ni structure ni repère. Mais les repères se créent d’eux-mêmes au fil des écoutes, le titre se structure dans notre encéphale au gré des découvertes.
Et il est évident que jamais cela ne pourrait se produire avec un album découpé en piste.

Enregistré à l'ancienne, d’un seul tenant, "Dédales" se devait d’être organique, vivant. C’est le cas, grâce à un son compact, puissant, chaud et légèrement gras. Bien qu’aseptisé par le côté numérique, je pense qu’il devrait resplendir sur les platines vinyles (n’hésitez pas à parler de vos ressentis dans les commentaires, je suis preneur).

"Dédales" est une expérience sonore extrêmement intéressante, mais éprouvante.
Une expérience Déstructurée. Attractive. Colorée. Atypique. Stupéfiante. Terrifiante.
Je ne sais pas dire si j’ai aimé l’album, mais j’ai aimé cette expérience. Nul doute que je l’achèterai si un jour l’opus sort sur version CD...

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Rédigé par : ..::Ju::.. | -/ | Nb de lectures : 11444




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