CROWBAR - Symmetry in Black (eOne) - 18/08/2014 @ 08h51
Les copies conformes aux albums précédents sont de vrais casse-têtes à chroniquer, où la banalité de la musique est contagieuse et se ressent dans le rendu écrit. Ce nouveau Crowbar se situe dans cette triste section, puisque la nouveauté n’est pas au programme. Symmetry in Black est l’exemple même de l’album qui s’écoute avec plaisir, parce qu'il est excellent, mais qui respire à plein poumon le fonctionnaire qui bosse sans réelle motivation, et est déjà oublié sitôt l’écoute terminée. Niveau stabilité et respect de la marque de fabrique Crowbar, c’est du tout bon ! Pour la surprise ou une créativité nouvelle, c’est le néant abyssal !

Qu’y a t-il de plus jouissif et valorisant que de vivre de sa passion ? Etre rémunéré pour dédier sa vie à ce qui nous anime, à ce à quoi on pense être fait, est le but ultime dans une vie. Cependant, à quel moment cette passion se laisse submerger par toutes les considérations extra-passionnelles pour devenir un métier? Et comment contenir la lassitude alors que les impératifs liés à cette activité ne t’autorisent pas la baisse de rythme ?! Cette question, je me l’a pose souvent, majoritairement lorsque j’écoute un album que l’on a fortement l’impression d’avoir déjà entendu, ou tout du moins qui semble ‘facile’ tellement la charte établie par le combo semble respectée ! Symmetry in Black est bon, excellent même, mais ravira surtout ceux qui ne connaissent pas (ou peu) la musique des louisianais. Connaissant bien le groupe et son univers, il est plus difficile de me surprendre, et cet opus me laisse de marbre tellement le moindre détail, chaque petite parcelle de ces 12 titres semble provenir de ce qu’ils ont déjà offert par la passé.
Le coup de pied donné en fouine par Kirk à ce pauvre idiot monté sur scène sans autorisation lors du dernier Maryland Deathfest, suivi du surprenant discours moralisateur, confirment que les louisianais travaillent lorsqu’ils sont en composition puis en représentation, et sachez aussi qu’il est interdit d’entrer dans leur office. Oubliez toutes vos idéologies rock n’ roll, Crowbar est au boulot, et pond ses riffs de 9h à 5h. Je ne juge pas une galette au comportement de ses musiciens, la musique prime sur tout, absolument tout. Mais comme toujours, tout est lié, et leur suffisance se ressent pendant l’écoute ; où la lassitude prend le pas sur le reste.

Finalement, que se passe-t-il musicalement pour cette 10eme sortie? Kirk Windstein, qui a choisi de quitter Down pour se consacrer pleinement à son premier amour, semble à court d’idée. Aucun riff ne surprend, n’interpelle, ni n’hérisse les poils, même s’ils sont toujours aussi groovy et heavy. Les breaks arrivent au moment où on les attend, basés sur une rythmique habituelle et trop familière. La classique ballade de milieu d’opus est bien présente, tout comme les 2-3 titres plus speed repartis comme à l’accoutumée. La batterie et la basse sont très bien en place, intéressantes même si elles regardent leurs souliers une fois de plus pour façonner l’écrin idéal pour Kirk et sa gratte. La production moderne, de Kirk Windstein et Duane Simoneaux, se rapproche du dernier skeud, ni plus, ni moins. Les différentes modulations de voix mélancoliques sont également similaires, sombres et avec ce grain rocailleux si caractéristique, à proportion égale de ce qui se faisait avant. Finalement, le changement, ce n’est pas pour maintenant !

Album certes solide pour un groupe consistant mais manquant de folie, je rapprocherai Symmetry in Black d’AC/DC, qui offre inlassablement la même chose année après année, mais aussi de notre chère équipe de France de football : talentueuse mais nonchalante. Un service minimum est amplement suffisant, sauf que les américains, comme la pochette le souligne, sont fiers de leurs couleurs. Cet opus anodin dans leur riche discographie aura le mérite de donner à chacun un résultat diffèrent au regard de ses attentes. Nombreux sont ceux qui aiment la redite, et cette galette devrait les ravir. Les plus curieux et aventureux risquent de vite se lasser.




Rédigé par : Bras Cassé | 14/20 | Nb de lectures : 12169




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Commentaire
GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 18/08/2014 à 18h36 - (113247)
Excellente chronique et totalement d'accord avec elle, on reconnait parfaitement la patte du groupe mais celle-ci manque un peu de folie, et la sensation qu'ils ont utilisé les mêmes riffs est plus présente qu'auparavant.

Pas un mauvais un album car il est quand même réussi et contient son lot de bons titres, mais il sera juste dans la moyenne.



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