COILGUNS - Commuters (Pelagic/Hummus) - 30/05/2013 @ 08h22
La France et la Suisse sont deux pays qui ont toujours assidûment collaboré. Depuis toujours, la France envoie son argent pas très légale blanchir à l’ombre du secret bancaire helvète pendant qu’eux, en contrepartie, font traverser le Lac Léman à des dizaines de groupes de qualités. Les pionniers, Celtic Frost et Samael, la vague des années 90 avec Unfold, Eastwood, Shovel et rien que cette année ce sont Rorcal, Life As War, Cortez ou Vuyvr qui sont venu nous couler du plomb dans les oreilles. Le suivant sur la liste est COILGUNS, qu’on avait découvert il y’a quelques mois sur un split partagé avec The Void. De ce split, c’est le nom des suisses que l’on avait le plus retenu. Là, avec Commuters, ils passent clairement à la vitesse supérieure, amplifiant leurs (nombreuses) qualités et minimisant leurs (menus) défauts.

Je pourrais résumer « Commuters à ce que je disais du premier titre de leur split avec Never Void : « Le premier morceau « Mandarine Hornet » illustre la folie et le sens de la composition du groupe qui prend le temps de poser une atmosphère avant d’attaquer frontalement. Le morceau baigne dans le style mathcore avec des relents de post metal. On semble reconnaître du Breach, du Converge ou encore du Botch. » Sauf qu cette fois, ils ont poussé l’expérimentation plus loin, flirté avec la noise américaine des années 90, poussé une veine plus bruitiste et accentué leur influence Botch dont on retrouve ici la prise de risque, la complexité évidente, des relents vocaux mais, il faut avouer que les suisses n’ont pas encore la même tension, que les ricains. Mais, pas de panique ils possèdent d’autre qualités qui peuvent néanmoins passer pour des armes à doubles tranchants. Le symbole le plus évident de cette prise de risque est le second titre de l’album « Commuters Part II » un titre long, limite progr, de plus de onze minutes tout en faux rythme, en « toque » pour prendre une expression footeuse qui représente bien l’effet du morceau. En fait, écouter « Commuters Part II» c’est comme mater un match de Barcelone, tu vois des mecs qui maîtrisent, qui redoublent les passes sur un rythme constant, tu ne comprends pas où ils veulent en venir mais eux ils savent. Puis juste au moment ou tu va zapper parce que tu trouve ça chiant, clac ! le changement de rythme, le passe dans la profondeur, le dribble, le but. tout s’illumine et toi aussi tu comprends tout sauf qu’eux avait tout compris bien avant toi. Voila ce morceau c’est ça. Après, on a parfaitement et légitimement le droit de trouver ça emmerdant (moi-même d’ailleurs…) mais la maîtrise et le talent sont là. Le nier relève de la plus crasse mauvaise fois.

J’évoquais Cortez et il est curieux de constater que comme eux, COILGUNS opte pour la formule du power trio sans basse, avec un résultats assez similaire bien que le groupe qui nous intéresse aujourd’hui possède une vibe bien plus rock’n’roll/hardcore DIY. Rock’n’roll au niveau de l’esprit bien sur, pour le reste on passe sans trop de soucis du crust au sludge via le hardcore, le post metal et le même le grind sur quelques accélérations de tempos pas piquèes des hannetons. COILGUNS varie les plaisirs mais avec toujours cette même envie de revenir à des saveurs issues de la fin des années 90, l’époque des début du mathcore, du chaoscore, l’époque des Breach, Converge (les bons), Botch, Coalesce. Bref, fin 90, début 2000, ce sont ses sonorités là qu’évoquent les suisses. Tout ça n’est pas forcément original mais bon sang, c’est tellement bien fait. Un peu long parfois, avec des temps morts, des temps faibles. Des périodes de transitions qui ne sont là que pour repartie de plus belle derrière. Un excès de générosité qui nuit parfois à la cohésion et à l’efficacité de l’album. On ne peut s’empêcher, malgré la maîtrise, de trouver un petit côté fouillis ou bordélique là dedans. Impression renforcée par le son d’ensemble très vivant, ça grésille et ça sature. Normal quand on enregistre une telle quantité de musique dans les conditions du live, en deux jours seulement. Rock’n’roll je vous avais dis.

« 21 almonds a Day », « Earthians », « Commuters Part II » ou encore « Minkowski Mannathan Distance » sont autant de titres forts et tous fort différents qui tirent « Commuters » vers le haut. Ils démontrant toute la versatilité du groupe, formé je le rappelle par un des guitariste de The Ocean, qui semble sans limite. Bordelique, aventureux mais maîtrisé. Il ne manque vraiment pas grand chose pour faire de ce disque un des très grands disques de cette année. Un peu plus de concision, un poil plus de tension, de noirceur aussi peut-être et le tour était joué. Là, COILGUNS livre un excellent skeud, généreux et passionnant. Voila, j’ai dix secondes pour vous dire que « Commuters » de COILGUNS c’est de la dynamite…



Bandcamp Coilguns - 107 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 16/20 | Nb de lectures : 11640




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Commentaire
darkclown
Membre enregistré
Posté le: 30/05/2013 à 23h49 - (107645)
Un peu plus de précision sur le line-up. Les instruments de ce power trio sont bien constitués d'une part d'un des guitaristes de The Ocean quant à l'autre part, il s'agit du batteur de...The Ocean. Le chant est tenu par le bassiste de...The Ocean...enfin ex-The Ocean si je me fie à Metal Archives puisqu'il aurait été remplacé en ce début d'année.
Quant au skeud, commandé et impatient d'y jeter une oreille. J'avais bien apprécié les galettes précédentes de ces 3 loustics.

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