CODE ORANGE KIDS - Love Is Love //Return To Dust. (Deathwish) - 21/02/2013 @ 08h30
Trois gars et une fille âgés d’en moyenne dix-huit piges, avec une dégaine de hipster qui sortent leur premier album chez Deathwish, le label de papa Banon, obligé ça allait faire parler, en bien ou en mal, mais ça allait faire parler. Imposture ou veau Converge ? On ne sait pas vraiment alors on va suivre les conseils du groupe Dis l’Heure de Zouk : « Laisse parler les gens. Laissons parler les gens vas-y, vas-y. Laisse parler les gens. » On va tout bêtement écouter et voir ce qui s’en dégage.

Il s’en dégage une impression de bouillonnement, d’énergie incroyable, de bordel ambiant pas forcément organisé, de classe folle et d’influences mal digérées. Tout cela à la fois, comme si le groupe avait mis tout ce qu’ils aimaient dans une grande marmite avant de faire chauffer le tout à veuf vif et de confier l’assaisonnement à Kurt Ballou. Du coup le son de l’album est parfait : riche d’une multitude de détails, puissant, clair, racé, gros et la cinquantaine d’adjectifs habituels qu’on peut coller à une prod made in GodCity Studio. Le disque s’ouvre sur l’un de ses meilleurs morceaux : « Flowermouth », déflagration crust hardcore « à la mode » menée par une grosse basse hyper saturée, un chant chaotique partagé entre deux voix et des guitares sonnant comme du Ken Mode. Propre, net, dans la gueule, comme entrée en matière on pouvait difficilement faire mieux. CODE ORANGE KIDS ont maintenant toute notre attention. Vont suivre deux autres titres, dépassant à peine la minute, barbotant dans le même style. Entre vraie énergie et sensation de déjà entendu. Cette fois ce sont les influences powerviolence et hardcore qui sont mise en avant dans un titre speed qui se termine par une lente décélération de batterie. Sur le morceau suivant on part naviguer dans des eaux plus lentes et lourde, ambiance sludgecore toujours porté par une basse énorme écrasant « Sleep (I’ve been Slipping ») de sa puissance. Un titre plus long déroule des sonorités noisy et post-rock, voix sibylline et atmosphères mélancoliques à l’appui avant d’enchainer une longue plainte instrumentale éthérée et habitée d’une émotion sincère certainement parce qu’ils aiment Mogwai et Explosions In The Sky.

Cette premier partie d’album est symptomatique de la jeunesse du groupe qui, faute de vraiment savoir où il veut aller, saute partout, va dans une direction, puis une autre en changeant d’avis en cours de route pour revenir vers leur première idée. Puis en fait non, on s’en fout on va aller par-là. « -Toi tu vas par où ? -Par là ? -Ok je viens avec toi mais en même temps je voulais aller de l’autre côté. » S’en dégage une impression d’incertitude et de surprise constante qui oblige à rester sans cesse sur ses gardes mais, dans le même temps, s’empare de nous l’étrange sensation d’entendre un groupe de reprise rejouer le répertoire d’un lecteur mp3 en mode shuffle. Ah tiens un peu de Black Flag sur « Nothing (The Rat) », c’est vrai que ça manquait jusqu’à maintenant. Ce sera comme ça jusqu’à la fin. Un enchainement de morceaux allant de cinquante secondes à plus de cinq minutes sans qu’on ne sache vraiment trop pourquoi. Il se dégage de cet album une énergie débordante, bouillonnante, une sincérité désarmante et confondante mais aussi une kyrielle de doutes, d’incertitude, de bordel tout sauf organisé et de perméabilité sans limites. Le groupe garde en lui une trace de tout ce qu’il entend et recrache ça pratiquement sans filtre, sans réflexion. Heureusement, leurs goûts musicaux sont d’une grande qualité donc leur musique aussi.

Prenons par exemple un groupe comme The Chariot, malgré la folie et le manque de structure, il retombe toujours sur ses pattes et sait comment construire un univers cohérent dans sa folie et homogène. Ce n’est pas (encore) le cas des CODE ORANGE KIDS qui s’éparpillent beaucoup trop, semant sur leur route tout un tas d’excellents morceaux de musique. Ils ont le gros moteur et des capacités de pilotage hors norme, ne reste plus qu’à acheter un bon GPS. L’album de termine sur un final noisy-bruitiste hyper saturé et dissonant, certainement parce que ça fait bien de finir sur un titre plus long et un peu étrange. Pleins d’autres groupes qu’ils aiment l’ont fait alors eux aussi vont le faire. « Love Is Love //Return To Dust » manque de logique et de cohérence artistique mais est rattrapé par une grande classe et une énergie de tous les instants. Nous sommes typiquement face à ce genre de gosses surdoués et hyperactifs mais incapable de canaliser leur énergie.


L'album en écoute - 95 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 14/20 | Nb de lectures : 12056




Auteur
Commentaire
Kurton
IP:135.19.214.54
Invité
Posté le: 21/02/2013 à 18h03 - (106086)
je pensais que ca allait etre mieux sur CD qu'en live. Apparement non.

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