CODE - Mut (Agonia/Season of Mist) - 06/05/2015 @ 07h45
Après la phase délicate de changement de chanteur (et des 3/5èmes du line-up), voilà que CODE s’offre une phase plus délicate encore. Celle d’un changement… de style. Temporaire, définitif ? On verra bien mais alors que le groupe semble avoir retrouvé une certaine productivité (il est sûr que ce 4ème full-length n’était pas attendu aussi tôt après Augur Nox sorti en novembre 2013 !), il vient de marquer une « pause » qui, espérons-le, ne sera pas un coup d’arrêt, surtout que le groupe aurait pu profiter de la lancée de Augur Nox, malgré son accueil mitigé, notamment à cause du départ de Kvohst. Voilà donc Mut qui est présenté comme un album de « Progressive Post-Rock ». Etiquette présentée en même temps que le premier single et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça choque, dans le bon ou le mauvais sens, c’est à l’appréciation de chacun. Mut ? WUT ?!

Fini, le Metal dandy d’obédience norvégienne en vigueur depuis Nouveau Gloaming, CODE fête bien bizarrement le dixième anniversaire de son très apprécié premier album. Le « Black » n’a plus le droit de cité et même l’« avant-garde » ne se retrouve plus qu’à l’état de traces latentes, on pensera parfois aux interludes et aux moments plus calmes de Augur Nox, mais c’est tout et pour le reste, le CODE a de nouveau changé. Le paysage n’est presque plus saturé, beaucoup plus acoustique ou semi-acoustique, naviguant dans les eaux du Post-Metal américain, parfois dans celles du Black allemand et NOCTE OBDUCTA en particulier, enfin plutôt DINNER AUF URANOS car il s’agit ici d’une version bien épurée d’un quelconque art metallique. Dès le début de "On Blinding Larks", CODE nous présente son nouveau goût pour ces riffs semi-acoustiques dépouillés, voire lourds et sombres, donnant un grain et une ambiance résolument désertique à l’ensemble. Les anglais se sont offerts un voyage aux states et ont capté l’ambiance d’un musicien qui se serait posé sur un banc la guitare à la main dans son ranch au beau milieu du Nouveau-Mexique, à la tombée de la nuit, composant des litanies selon des humeurs diverses.

En 36 minutes seulement (bon, c’est tout de même plus que Resplendent Grotesque…), CODE allonge donc ses compositions à la guitare cool, le tout surplombé du chant de Wacian pas éminemment juste mais touchant, qui n’a cependant pas spécialement progressé depuis Augur Nox, ce qui risque de coincer légèrement pour un album bien plus atmosphérique. Si "On Blinding Larks" démarre l’album sur une ambiance bien sombre et que la majorité des « riffs » ne sont pas spécialement joyeux (on parle quand même d’un album sorti sur le label de FORGOTTEN TOMB, INFERNAL WAR, ENTHRONED, TEMPLE OF BAAL, AOSOTH…), en témoigne encore un morceau comme le plus pesant "Affliction" (où du chant plus crié refait son apparition) ainsi que certains passages inquiétants de "Cocoon" ; la mélodie est aussi à l’honneur et Mut se veut parfois épique et aérien, surtout sur cette très belle pièce qu’est "Dialogue". Si "The Bloom and the Blast" conclut bien Mut avec un Wacian très en forme au niveau de ses variations vocales, cet album s’offre tout de même quelques passages à vide, quelques petites longueurs malgré la courte durée des morceaux, à ce titre "Contours" et "Inland Sea" (malgré son chant également intéressant) sont assez ennuyeux et vides.

Vide, Mut l’est légèrement, car il offre bien peu d’aspérités : hormis les variations soudaines de chant suscitées (citons encore "Undertone" pour cela), une batterie très jazzy sur "Cocoon", et le plus enjoué "Numb, An Author" (de loin le morceau le plus « dynamique » du disque), ce n’est pas byzance au milieu de tout cet étalage de compositions sèches et désertiques plus ou moins mélodiques. On aimerait que ça explose de temps en temps comme n’importe quel album de Postcore. Mais CODE a fait le choix de l’album calme et rafraîchissant, on appréciera ou pas la démarche et surtout le résultat, Mut n’étant pas forcément abouti. Le chant est correct mais pas encore assez maîtrisé pour tenir la corde sur le style pratiqué. Les compositions de Marcel Breuer de NOCTE OBDUCTA et DINNER AUF URANOS dans la même veine que Mut sont bien au-dessus de ces essais de CODE, qui peut et doit faire mieux s’il perdure dans ce style épuré, ou alors il nous fait un trip à la Noitumaa de AJATTARA. Dans tous les cas, je pense que la majorité des auditeurs de CODE auraient préféré autre chose, un album de Metal avant-gardiste comme Aort sait si bien les faire depuis 10 ans, par exemple… Mut reste un album léger, frais, pour l’été peut-être, mais loin d’être totalement convaincant (quitte à verser dans le « Post/Prog Rock sorti par un label Metal » je lui préfère le second album de THIS MISERY GARDEN) et qui n’a plus rien à voir avec ce qu’on connaissait du nom CODE. C’est à prendre ou à laisser, en attendant de voir si le groupe a définitivement viré sa cuti ou pas…




Rédigé par : ZeSnake | 13.5/20 | Nb de lectures : 8590




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Commentaire
Booniool
IP:85.201.233.66
Invité
Posté le: 08/05/2015 à 21h56 - (116657)
un chef d'oeuvre,le meilleur Code et de tres loin!

noohmsul
Membre enregistré
Posté le: 08/05/2015 à 23h39 - (116658)
Pour moi largement le meilleur Code bien que je m'en sois plus ou moins rapidement lassé... Certains passages m'ont fait pensé à du Dark Suns

The Quebekers
IP:74.56.188.2
Invité
Posté le: 09/05/2015 à 13h02 - (116661)
Pareil que les 2 ci-dessus, chef d'œuvre pour moi tout comme l'album d'avant en quand même très différent.

Nekromantik
IP:83.200.241.67
Invité
Posté le: 29/06/2015 à 12h03 - (117127)
Ved buens ende !!!

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