CHASMA - Declarations of the Grand Artificer (Moribund/Season of Mist) - 01/06/2012 @ 09h26
Sans qu’ils l’aient consciemment décidé, certains disques agissent comme des révélateurs sur le monde qui nous entoure. Le premier album de ces jeunes Américains venus de Portland est de ceux-là. Franchement, qui avait entendu parler d’eux ? Personne ! Pas de « buzz », ni de « hype », rien… Et pourtant, ils ont réussi à déchaîner les foudres de DISMA, le groupe de Death velu signé Ô suprême ironie chez Profound Lore. Nos amis du gras se sont évertués à dézinguer le groupe de l’Oregon en les accusant de leur avoir piqué leur nom et de ne pas avoir le bon accoutrement pour jouer du Metal. Un besoin de publicité pour DISMA? Ils auraient mieux fait de s’attaquer à plus connu dans ces conditions. J’ai beau apprécié énormément la musique de DISMA mais apparemment le groupe est phagocyté par quelques personnages dont le cerveau n’a pas dépassé le stade du Néandertalien ! Et puis, s’amuser à ça quand on est signé chez Profound Lore ça ressemble furieusement à pisser dans la piscine dans laquelle on baigne surtout que les petits jeunes sont signés chez Moribund. D’accord, Moribund c’était mieux avant etc… Non, mais je préfère prévenir, je vous vois venir gros comme Depardieu engoncé dans un string ! A titre personnel, ce disque m’a renseigné sur les pratiques de certains de mes éminents collègues. Quand au 16 avenue René Coty, notre leader nimbé de son rayonnement céleste me tendit négligemment ce promo, je fis une moue perplexe. En gros, je faisais la gueule vu que c’est la seule expression faciale à mon répertoire ! Je me demandais bien ce qu’était ce truc et donc c’était parti pour un peu d’investigation. J’apprends rapidement que cette œuvre fait suite à une première démo parue en 2009 et par une chance inouïe, je tombe sur une chronique rédigée sur 5 lignes qualifiant la musique de Black oldschool. Vous visualisez mon expression d’il y a quelques lignes, et bien c’est la même ! A moins de n’avoir jamais écouté le promo en question, il est impensable de qualifier ça de Black oldschool ! Il y a bien une deuxième hypothèse qui est de ne jamais avoir écouté de Black du tout mais certains indices me laissent à penser le contraire. Le plus cocasse est qu’il suffisait de lire la petite présentation fournie avec l’objet plastifié et de la recopier, personne n’aurait rien vu ! Apparemment, une longue route m’attend encore avant de devenir un artiste de la chronique, seul les plus forts réussissent à réaliser ce genre d’exploits. J’ai vraiment hâte d’atteindre ces hautes sphères, sans compter qu’enfin j’aurais un rendement normal !

Trêve de balivernes, qui a-t-il d’écrit sur la petite feuille du label ? Je vous le donne en mille: -For fans of AGALLOCH, WOLVES IN THE THRONE ROOM, WEAKLING ! Effectivement, on sent bien le oldschool là ! Vous me direz, même le label est un peu à côté de ses pompes. On voit bien que Moribund débute dans le Black à casquettes ! C’est bon, on vient de perdre tous les pandas qui s’étaient approchés de cette chronique telles des phalènes sur une ampoule au seul nom de Moribund. Il s’agit donc bien d’un de ces groupes qui fait du Black qui n’est pas du Black mais comme personne ne sait exactement ce qu’est le Black, ça nous fait une belle jambe ! Disons que CHASMA évite de braconner dans des forêts trop fréquentés, vous ne trouverez point d’atmosphères bucoliques et les noms d’AGALLOCH et de WITTR sont de la publicité mensongère. De même et en dépit du fait que le master du prochain album va s’échouer chez Colin Marston, on trouve finalement fort peu de points communs avec KRALLICE ou LITURGY. Je ne nie pas une certaine affiliation mais on est loin du compte. Mes relents d’alcool m’ont fait plus sûrement tituber vers leurs compatriotes francophiles de BOSSE DE NAGE. Les deux groupes ont la même propension à alterner explosions hystériques et transitions amenant cette ambiance désespérée et en suspension comme si nous venions de faire un pas dans le néant. De plus, il y a cette similitude à aller piocher dans la même bibliothèque de riffs Postcore tout en creusant malgré tout l’héritage du Black dépressif ou DSBM pour les intimes. Dépression qui ce manifeste aussi dans les deux cas par les plaintes de ce chant écorché et tiraillé entre Screamo et pleurs dépressifs. Il ne sera pas rare d’entendre le hurleur de CHASMA sombrer définitivement dans les râles agonisants typiques du dépressif. Ces fameux dérapages spectraux qui soudain vous déchirent l’échine de leurs serres acérées. L’atmosphère transpirant de la musique des deux groupes est finalement assez proche. Nous flottons dans une opacité désespérée et nébuleuse qui finit par nous faire sombrer dans un état second. C’est là où CHASMA se différencie car notre trio fore plus profondément cette facette hypnotique et s’ingénie à s’approprier plus nettement le legs du Black dépressif.

Nous n’aurons le droit qu’à trois titres mais pour 33 minutes tout de même. Chacun de ces morceaux sont de longues descentes hypnotiques et épileptiques où des blasts oppressants font place au silence de quelques notes et où des crescendos atmosphériques se voient hanter par le fantôme d’une voix claire traînant sa peine. Et puis, il y a de vrais moments de grâce comme le finale du premier titre qui s’abat telle une détresse héroïque ou l’entame du deuxième acte qui nous entraîne dans une sorte de valse triste et titubante jusqu’à ce cri qui vous fige lançant une montée épique dérivant vers une césure Postcore atmosphérique et mélancolique. Toutes ces ruptures et ces ambiances s’enchaînent admirablement et je dois bien avouer que cette petite demi-heure s’insinue régulièrement dans ma sombre existence. Pour un premier jet, c’est plutôt bien ficelé surtout que l’émotion affleure suffisamment souvent pour nous impliquer jusqu'au final anéanti par ce leitmotiv de quelques notes s’estompant dans le néant.

Maintenant, il s’agit d’un premier album demeurant un peu trop référencé pour l’instant. Il est bien difficile de discerner une véritable personnalité si ce n’est ces emprunts plus marqués au DSBM. D’autre part, la durée de l’album est un peu chiche et la frustration gronde lorsque les dernières notes raisonnent. L’impression est de s’être fait refiler un EP en guise d’album ce qui aurait été la chronologie classique après la démo. En même temps, son pouvoir hypnotique nous invite à appuyer sur la touche repeat de notre mange-disque plus que de raison.

Une première œuvre trop courte et encore timide dans l’affirmation de sa personnalité mais se révélant prometteuse pour le futur et surtout éminemment addictive.


Rédigé par : Dark Rabbit | 15/20 | Nb de lectures : 11382




Auteur
Commentaire
gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2012 à 11h16 - (102271)
"éminents" collègues

DARK RABBIT
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2012 à 15h24 - (102286)
Merci gulo, ça m'apprendra d'écrire mes chroniques à 4 grammes!

Seb On Fire
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2012 à 16h37 - (102291)
Et mais ça a l'air sympa.


Bras cassé
Invité
Posté le: 02/06/2012 à 04h00 - (102302)
Super kro qui fait franchement envie

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