CHAOS E.T SEXUAL - Ovna (Autoproduction) - 07/05/2014 @ 08h05
Nous avions déjà fait la connaissance de CHAOS E.T SEXUAL avec leur premier album autoproduit "Ov". Sur ce premier opus, ils développaient une musique lourde, distordue et instrumentale très fortement teintée d'influences industrielles et d'une singularité assez manifeste.
CHAOS E.T SEXUAL est donc de retour et si le nouvel album offre quelques éléments nouveaux, les trois musiciens n'ont toujours pas changé : Yves "Chaos" à la guitare baryton, Humbert "E.t" aux machines, guitares, percussions et voix et enfin Tarik "Sexual" a la "drum machine" et percussion. Sur ma précédente chronique, j’envisageais déjà pour le groupe une marge de progression, les "indices" laissées de façon éparse laissant imaginer plusieurs options. Après écoute de ce nouvel album, on ne peut pas dire que le trio s'est privé de partir à l'aventure !

C'est pourtant avec un discours parlé qu'"Holy Liars" débute les hostilités, un peu comme sur l'album précédent. Grosse guitare bien grasse, ambiance inquiétante et roulements de grosses caisses : CHAOS E.T SEXUAL semble encore plus énervé que sur "Ov" !
Pourtant, au milieu du morceau, je reconnais un sample vocal de "Agua de Beber", morceau de Bossa Nova très célèbre composé en 1963 par Antonio Carlos Jobim. Cette prise de liberté, bien qu'elle soit totalement en phase avec l'esprit du morceau, affiche clairement la volonté du groupe de faire ce qu'il veut et de proposer des recettes musicales pour le moins personnelles.
Et c'est donc sans surprise qu'on retrouve dès le deuxième morceau le groupe dans un univers totalement différent de ce qu'ils avaient commencé précédemment. Aux ambiances mélancoliques et évanescentes succèdent des gros riffs tour à tour lourds et teintés de lignes mélodiques, le groupe arrivant à bien équilibrer sa facette la plus fragile à celle plus musclée.
La production et le son de ce "Ovna" participe d'ailleurs grandement à cette cohérence stylistique. Assez habilement, les montées guitaristiques se hissent au dessus du vacarme industriel, sans jamais que cela ne paraisse trop marqué. Les sons semblent (comme sur l'album précédent) au même niveau et tous semblent jouer à cache à cache en se fondant les uns dans les autres.

Chaque chanson oscille entre 5'00 et 7'43. CHAOS E.T SEXUAL a donc à chaque fois le temps de bien poser le cadre des morceaux, ce qui participe par exemple à l'esthétisme de "Salaam Bombay !", une pièce aventureuse mêlant l’âpreté d'un riff à la limite du grincement à des vocaux féminins quasi fantomatiques. Et c'est lorsqu'on se croit pris dans une sorte de routine musicale que le groupe retourne les cartes en affichant un visage terriblement glacial et flippant.
"Pisagua" inaugure ensuite son ère vocale puisque on retrouve E.t au mic, dans une performance elle aussi assez étonnante puisque sa voix est claire, plutôt haut perchée et en lien direct avec les envolées planantes du groupe. J'aurais pu douter que la voix puisse apporter quelque chose à la musique des Lascars mais le fait est qu'utilisé avec une saine parcimonie, cela le fait bien !

"Ovna" concrétise donc avec originalité et brio les espoirs placé dans le trio. Bien des combos sont dans ce créneau de musique à la croisée des styles mais CHAOS E.T SEXUAL a pour lui sa fraîcheur, son originalité et son indiscipline. Quand d'autres cherchent, eux se baladent en créant des architectures musicales étonnantes. Un sacré joli coup...




Rédigé par : Pamalach | 14,5/20 | Nb de lectures : 11250




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