CARNE - Ville Morgue (Solar Flare) - 21/03/2014 @ 08h04
Il se passe de belles choses sur la scène lyonnaise en ce moment. Pas une semaine sans qu’on ne découvre un groupe issu de la ville des frères Lumière. Aujourd’hui c’est au tour de CARNE, un duo lyonnais qui selon ses propres dires fait du bruit. Et c’est tout à fait vrai, on ne peut que leur donner raison. Du bruit certes mais du bruit maîtrisé car sans maîtrise la puissance n’est rien. CARNE, un patronyme certainement tiré du film moyen métrage du même nom réalisé par Gaspar Noé (enfin moi, c’est à ça que ça m’a fait penser), joue un mix, assez en vogue il faut bien l’avouer, de hardcore, de sludge et de noise-rock couillu et sombre.

Dès le premier « vrai » morceau, on trouve une petite touche de Unsane dans la voix et les riffs. Comme les new-yorkais, CARNE affectionne ce genre de voix rocailleuse et de riffs sursaturés. Mais, Unsane n’est qu’une influence parmi d’autres, toutes, plus ou moins bien digérées. Sans oublier que ce morceau s’appelle « We Are Romanoes » pas besoin de citer la référence, tout le monde l’aura comprise. Oui le hardcore chaotique et lourd se taille aussi une belle place dans la musique des lyonnais. Riffs poids lourds, rythmiques puissantes, les gars n’ont beau être que deux, ils redéfinissent la notion de power duo. On n’avait pas entendu aussi rugueux depuis Black Cobra. Le son est râpeux, gratte sous la langue et racle la gorge, on pense donc a Black Cobra en moins sludge et en plus chaoscore. Un bon potentiel bien mis en valeur par une production rugueuse comme un tampon jex qui offre une petite touche punk à tout ça.

Le duo, comme toute cette vague de groupes qui mixent hardcore chaotique, sludge lourd et autres musiques sombre, navigue entre vitesse, violence, grésillement, distorsions, dissonances d’un côté puis de l’autre, des choses beaucoup plus lourdes où on peut entendre les cordes vibrer, les doigts attaquer et frapper l’instrument. Pas foncièrement original mais toujours efficace. Ça fait le boulot comme par exemple sur « Crown Of Porns » ou sur « Slave/Her » le titre le plus noir et le plus lent du disque sur lequel Marion d’Overmars vient poser sa voix et apporte une plus value non négligeable au morceau et à l’album tout entier qui bien que très correctement exécuté à un peu tendance à se noyer dans la masse des sorties du même type. On trouve de bons moments sur « Ville Morgue » mais en fin de compte, une fois l’écoute terminée, il n’en reste pas grand-chose dans l’oreille ou dans la tête. On écoute, on se dit que c’est pas mal du tout puis on oublie. Pourquoi ? Parce que rien ne sort vraiment du lot. C’est bien composé, bien enregistré, bien joué mais ça ne transcende rien, c’est appliqué et honnête mais vu la pléthore de groupes du même acabit ça ne suffit pas à CARNE pour marquer durablement les esprits. « Ville Morge » n’est pas un mauvais disque, il est simplement un disque de plus dans la grande mare du sludgecore sombre. Mais dans cette scène tellement sombre, il faut vraiment briller pour se faire voir, ce qui n’est pas (encore) le cas de CARNE.



Ville Morgue intégrale. - 75 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 12.5/20 | Nb de lectures : 11845




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