CALVAIIRE - Forceps (Throatruiner) - 03/01/2014 @ 08h04
On a parfois, un peu abusivement, réduit le label Throatruiner à une version française du fameux Deathwish label de Jacob Bannon qu’on ne présente plus. C’est aller un peu vite en besogne car le label français possède cette faculté de découvrir des groupes que ne possède plus la boite de Mr Converge. Si on continue dans la même veine comparative un peu fallacieuse, on peut conclure que CALVAIIRE est la profession de foi, le parangon, le mètre étalon de la musique proposée par le ruineur de gorge. Une espèce de « Throatruinercore ». Tout ce qui est susceptible de sortir sur le label se retrouve d’une manière ou d’une autre dans CALVAIIRE, en germe dans « Rigorisme », leur premier e.p, à maturation dans ce « Forceps » premier disque longue durée du groupe.

On y trouve un hardcore très métallisé, chaotique, bordélique, brutal, sombre, sale, véloce, agressif et un peu lourd. Tout ce qui fait la sève du hardcore de la saison 2013-2014. Ce qui marque l’oreille dès la première écoute c’est la similitude avec les premiers disques de Converge, ceux qui sentaient le souffre, le sang, la peur et la violence. En poussant volontairement le bouchon un peu loin, j’affirme que « Forceps » est le disque qu’aurait du sortir Converge après « When Forever Comes Crashing ». Mais ils ont choisi un autre voie laissant ce chemin en friche et c’est là que CALVAIIRE intervient et fait sien ce bout de route abandonné qui défriché et remis au goût du jour file une sacrée trique. Plus qu’un énième clone de Converge, CALVAIIRE est plutôt le petit frère turbulent qui suit les pas de son aîné avant de faire ses propres choix, de choisir sa propre direction.

La première fois qu’on se passe « Forceps » on a beau être habitué à ce genre de sonorités on ne comprend pas grand-chose et on se retrouve avec l’oreille qui siffle comme si on s’était pris un coup de poing dans l’oreille. « Je suis l’oreille qui siffle de Jack ». On retient la violence, le chaos, le maelstrom de sons, de notes, de riffs, de proto-moshparts, de breakdowns lourds. On capte un mot ou deux des lyrics puis on se le repasse intrigué par ce déferlement de violence frontale et gratuite. Les écoutes suivantes apprennent que la gratuité n’à rien à faire dans la musique de CALVAIIRE. Rien de tout cela n’est gratuit, tout est composé et joué sciemment, dans le but de faire mal, de mettre le malaise. Pour citer le grand Jean Pierre Marielle : « Ça mitraille sec. Ho la vache, ça éclabousse. »

CALVAIIRE est en quelque sorte un état des lieux d’un certain type de hardcore à la française qui doit autant au hardcore qu’au metal, à la noise, au crust, au sludge voire au black (même si ce n’est pas vraiment le cas ici). « Forceps » pousse plus loin la direction prise sur « Rigorisme » en ralentissant par moments le tempo sur « Aux Porcs » notamment ou en tentant quelques sorties mélodiques sur « Curatelles » où la voix se fait moins haineuse et arrache aux forceps pour aborder un type de chant plus insidieux plus malsain, presque une plainte. Le groupe persiste aussi dans la défense de la langue française brandie comme un étendard. Et quand on parcourt les lyrics on remarque que la langue française est riche, belle et sied parfaitement à ce genre d’univers rance et désenchanté. Une langue et un esprit que n’auraient pas renié des auteurs comme Bernanos ou Bataille par exemple.

Pour le reste ça bastonne à tous les étages, la moitié des titres ne dépassent pas la minute et plonge tout entier dans le chaos de la violence. Les sons fusent de tous les côtés et bien malin qui peut prévoir la suite ou deviner une structure logique au disque. Il faut être sur ses gardes où on se retrouve au sol après la minute vingt-deux d’introduction de « Foi Borgne ». Il faut encaisser, supporter la rythmique mitraillette, la production musculeusement grasse, les guitares insensées, possédés, l’imprévisibilité de la musique, la déstructuration totale et la voix de crapaud aux hormones, comme si Rick Ta Life avait bouffé Jacob Bannon. CALVAIIRE est une musique monstre et finalement ce qui résume encore mieux la musique qu’une logorrhée descriptive ce sont les titres eux-mêmes : « Forceps », « Equarrissage », « Suture », « Meurtrières », « Fletrissure », « Via Dolorosa ». CALVAIIRE, la violence made in France, pur produit du Terroir.

Ecoute intégrale. - 164 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 16/20 | Nb de lectures : 12745




Auteur
Commentaire
Velvet Kevorkian
Membre enregistré
Posté le: 03/01/2014 à 09h24 - (110596)
Album génial, grosse dérouillée!



Y.
IP:86.74.130.112
Invité
Posté le: 03/01/2014 à 17h51 - (110607)
Miam ! La chro donne envie ! J 'avais bien apprécié " Rigorisme " ,a première vue celui-là devrais également faire l' affaire !

cif
IP:184.18.151.22
Invité
Posté le: 04/01/2014 à 16h00 - (110612)
un énième sous-converge. à chier

MrGuitoune
IP:86.66.218.24
Invité
Posté le: 09/01/2014 à 20h33 - (110665)
Album excellent ! quelle baffe!
on sent bien ces influ Converge mais Calvaiire n'est pas une pâle copie du groupe!
ça bute bien

OncleFür
Membre enregistré
Posté le: 13/01/2014 à 11h15 - (110695)
Putain ça tabasse. Pour moi ça mériterait même une meilleure note encore.



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