CALLING OF LORME - Pygmalion (Black Wave) - 22/12/2013 @ 23h22
Cet automne 2013 aura été riche en sorties estampillées « Metal Indus » françaises, avec CUB3, OCTAVION, SLAVE MACHINE ou encore HERRSCHAFT dans la frange Cyber. A moins que je n’ai raté quelque chose, on va terminer ce petit tour avec CALLING OF LORME, qui est un « newcomer » tout comme l’était CUB3 (et SLAVE MACHINE, qui ne sera probablement pas chroniqué, œuvrant dans un style plus proche de FEAR FACTORY). Ce quintette est formé à Marseille en 2011 et Black Wave Promotion nous amène son premier full-length, Pygmalion. Ambitieux, le groupe semble l’être, en développant un univers visuel extrêmement travaillé (costumes, jeu de scène, logos, drapeaux, etc), qui se retrouve également dans ce superbe artwork signé Gwen Vibancos. Et les illustrations du digipack ainsi que la présentation très originale de la tracklist (que je vous laisserai découvrir pour garder un peu de surprise) ne sont pas en reste. Du point de vue visuel CALLING OF LORME a déjà fait du très beau travail, arrive donc la question légitime : qu’en est-il de la musique ?

Si CUB3 penchait vers du Metal moderne, OCTAVION vers un son à la DEATHSTARS/THE KOVENANT et HERRSCHAFT vers un Cyber-Metal avec des touches de Dark-Electro, CALLING OF LORME va s’orienter vers un Metal-Indus plus massif, à la fois martial et épique. Ce sont donc les noms de RAMMSTEIN et surtout SAMAEL qui viendront immédiatement à l’esprit, avec une touche plus futuriste qui fait déjà tout le sel du groupe. Et si je devais citer un groupe français à rattacher stylistiquement à CALLING OF LORME, ça serait DIVISION ALPHA, grâce au goût pour les ambiances futuristes feutrées, certains chants et la variété des riffs, qui se trouve à la croisée des chemins entre les deux périodes du groupe nordiste (le côté froid de Fazium One/The Dekta Release et celui plus accrocheur de Replika/Palingenesy). Mais souvent, on pense à diverses choses sans pouvoir poser un quelconque nom dessus, ce qui est signe que les influences sont présentes mais en phase de digestion. Quoi qu’il en soit, CALLING OF LORME ne donne pas dans le Metal-Indus commercial mais s’affaire à développer son propre univers au sein de compositions simples mais plutôt variées, s’inscrivant dans une ambiance cohérente et travaillée. Ceci est plus qu’encourageant et Pygmalion va révéler tout le potentiel de CALLING OF LORME, qui n’en est qu’au début de sa carrière avec tout ce que ça implique.

Notons déjà que les marseillais se sont offerts un son en béton, avec un mix/mastering au studios Fredman, qui a tout de même su garder la froideur inhérente au genre Metal-Indus même si la dynamique et le relief sont bien là. Les riffs sont donc typiquement industriels, souvent appuyés et mid-tempo, ce qui manque hélas d’un peu de folie et d’accroches au final. A ce niveau le groupe se cherche encore et l’assise rythmique de Pygmalion n’est pas forcément mémorable, ce qui est un des défauts du disque. Le véritable intérêt de Pygmalion se retrouve donc au niveau des arrangements électroniques et quelque peu symphoniques, plus que les riffs souvent basiques. On remarque donc bien où CALLING OF LORME veut en venir dès "Layman" qui entame cet album de 49 minutes. Étonnamment, ce sont les morceaux mid-tempo et « martiaux » qui prédominent assez dans cet album, du très sombre "Lore" (très typé SAMAEL avec des mélodies qui nous ramènent directement à Passage et Eternal) au résolument martial "Nights Out Nights" en passant par le plus mystérieux "Child in Ebony", et le plus lourd "1720" hélas limité par le riffing un peu juste. CALLING OF LORME sait aussi se monter plus efficace, grâce notamment au tube "Pygmalion" servi par d’excellents effets électro, au plus incisif "Away the Grim Stars" (malgré les riffs encore une fois trop simples) ou encore le très futuriste "Hindsight" qui bénéficie de l’apport d’un chant féminin.

Et Pygmalion se distingue par sa variété et par les idées de ses géniteurs, en témoignent "Babylon", un morceau plus atmosphérique à forte emphase sur le chant clair qui se pose presque comme une Power-Ballad mais avec une ambiance apocalyptique, et le morceau de clôture "Cold Line" en forme de final épique, où le chanteur se lâche. On sent que Jy est très influencé par Till Lindemann pour ce qui est du chant clair, le résultat est encore perfectible mais la maîtrise est déjà là. Perfectible, c’est un adjectif qui sied bien à CALLING OF LORME après des écoutes attentives de son premier opus. La base est là, le style est posé, il ne reste donc qu’à améliorer deux-trois petites choses et la machine pourra réellement se mettre en marche. Car Pygmalion est vraiment un « premier album », qui n’est qu’un aperçu de ce que CALLING OF LORME est capable de faire. Parfois trop proche de SAMAEL et RAMMSTEIN tout en arrivant déjà à s’en éloigner, le Metal-Indus des marseillais est toutefois convaincant, et hormis le poussif "Dust" il n’y a rien à jeter de Pygmalion, qui est globalement un bon album du genre même si finalement il ne révolutionne rien. Avec un tel univers visuel et un aspect futuriste de la musique qui est prometteur, CALLING OF LORME a du potentiel, il ne lui reste qu’à étoffer son riffing et encore plus se détacher de ses influences et il pourra sortir quelque chose de tout à fait excellent.

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Pygmalion (clip) - 86 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | 14.5/20 | Nb de lectures : 11112




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