BUKOWSKI - Hazardous Creatures (Verycords) - 25/06/2013 @ 07h47
« Comment diable un homme peut-il se réjouir d'être réveillé à 6h30 le matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu'un d'autre, qui en plus lui demande d'être reconnaissant pour cette opportunité ? ». A cette question posée par le très rock n’ roll écrivain américain Charles Bukowski, un groupe du même nom a trouvé la réponse : Jouer du rock !

Bukowski, le groupe francilien, est de retour avec « Hazardous Creatures » après deux disques appréciés qui lui ont permis de tourner beaucoup et d’asseoir sa notoriété. Au trio originel se greffe désormais un second guitariste Fred Duquesne, par ailleurs responsable de la production parfumée à la testostérone de l’album. Dans la continuité des opus précédents, Bukowski propose 10 titres Hard-rock/Metal (PowerRock, HeavyBalls Rock ?) situés quelque part entre Nickelback pour le côté stadium-rock et Stone Sour qu’il rejoint parfois dans l’agressivité. Et alors ?

Alors, ça dézingue, ça défouraille sévère, ça balance de la burne, ça lance du nain très loin, ça envoie le bois, ça tronçonne façon castor, ça dépote, ça déboite, ça Nadal à Roland Garros, ça distribue du pain à tire-larigot, ça attaque le bulbe, ça éparpille, ça concasse, ça broie, ça rase gratis, ça décoiffe, ça décape, ça dévisse, ça rabote, ça rue dans les brancards, ça tire sur l’ambulance, ça explose, ça pète à la gueule, ça déchiquette à gros coups de crocs, bref ! C’est EFFICACE !

Armé de sa production aux grosses burnes, le son de « Hazardous Creatures », puissant, massif, moderne et précis, sert parfaitement les morceaux à la rythmique groovy, aux riffs catchy et aux refrains fédérateurs. L’album démarre avec « Keep Your Head On », un titre mid-tempo qui déboule avec un riff d’entrée puissant et qui emmène via un pont astucieux vers un refrain fédérateur qu’on voit bien être repris en chœur en concert. La fin du morceau est servie par un solo précis en entraînant. On se dit qu’on tient là un bel album. « Shoot First » tire en deuxième en accélérant le tempo et en dévoilant plus de rage. Là encore, le refrain est mélodique et accrocheur. L’excellente impression se confirme ! Tout l’album est du même gros calibre. Mention spéciale à « Brothers Forever », plus lent et plus lourd, lancé par un ingénieux gimmick de guitare qui vient laisser son empreinte mélodique. Le titre qui donne son nom à l’album est excellent aussi et fera headbanger à coup sûr avec son développement tout en puissance. La 2ème moitié de l’album se déroule sans temps mort. « Fever », plus lancinant, serpente entre les oreilles. « Troublemaker » démontre le talent de la session rythmique du groupe par son intro aux toms puissants. Enfin, l’album se clôt par deux excellents titres. Pas besoin de tout décortiquer. Ces gars ont le sens de la composition et des arrangements. C’est du gros, c’est du pro. Belle claque !

Les plus pinailleurs, dont je fais partie, pourront certes ergoter sur la production puissante mais très compressée, le mastering fleurtant aux limites de l’exercice, ou sur l’utilisation un peu systématique des filtres (équalisation) pour nuancer certains passages avant de relancer la dynamique. Sur cet album tout est en effet poussé jusqu’à 11, respectant à la lettre les évangiles* selon Spinal Tap (*sourates coraniques, versets sataniques, préceptes bouddhistes, dogmes hébreux, rites païens ou autres illuminations raelliennes, selon la marque habituellement consommée). Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir. Bukowski atteint, avec « Hazardous Creatures », l’objectif de sortir un album abouti et certainement la quintessence du style qu’il s’emploie à développer. D’ailleurs, la barre sera haute pour le prochain album et pour relever le défi, le groupe devra certainement enrichir sa formule en empruntant des chemins plus aventureux, comme Stone Sour avec son diptyque « House of Gold and Bones » par exemple, voire en optant pour une production qui se libère des figures imposées du genre.

Le Metal est style de musique mondialisé. Avec « Hazardous Creatures », Bukowski démontre que la France compte des groupes talentueux, dans tous les styles, des infrastructures et des passionnés capables de produire du gros son et qu’elle n’a rien à envier au reste du monde. Reste à espérer que les professionnels, presse, médias spécialisés, organisateurs de concerts et de festivals, finissent par se débarrasser complètement des clichés véhiculés à tort par la nationalité et qu’ils soutiennent comme il se doit ce groupe. Si tel est le cas, nous devrions voir Bukowski sur toutes les grosses scènes estivales, partout en Europe, non ? En tout cas, ils le méritent.



Rédigé par : TheUgly | 15/20 | Nb de lectures : 16477




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Commentaire
MrGuitoune
Membre enregistré
Posté le: 25/06/2013 à 11h58 - (107999)
Super kro, faut vraiment je me procure l'album
en tout cas le morceau keep your head on est excellent!

Axellica
IP:89.3.151.117
Invité
Posté le: 25/06/2013 à 18h56 - (108002)
Si vous mettez la jaquette de Nevermind de Nirvana et celle de Bukowski cote à cote, c est particulièrement drôle hin hin hin! ^_^

Kloug
IP:93.0.96.4
Invité
Posté le: 26/06/2013 à 08h52 - (108008)
C'est effectivement souvent proche (trop?) de Stone Sour mais c'est sacrément efficace et l'on prend plaisir a écouter l'album.

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