BRAQUEMAARD - Pendu, traîné par une claie jusqu'à la potence et mis en quart (Antiq) - 18/02/2016 @ 07h12
Quand on voir l'artwork de la pochette de ce premier album de BRAQUEMAARD, point de doute n'est permis quand à la nature de la musique et du propos qui va être tenu. Concept album sur la torture moyenâgeuse, "Pendu, traîné par une claie jusqu’à la potence et mis en quart" vous propose un Death/punk/Grind foutraque et débridé qui ne s'embarrasse pas de fioritures dès lors qu'il s'agit d'enfoncer le clou là où il faudrait pas. Abrasif et chaotique, le son caverneux de la galette renvoie aux productions les plus crust d'Antiq, la différence résidant dans une certaine maîtrise instrumentale et la cohérence artistique du projet. Mais avant d'aller farfouiller dans le fondement du groupe, il convient de faire un petit retour sur l'histoire de ce chibre turgescent pas tout à fait comme les autres. Eh oui, un Braquemaard peut parfois en cacher un autre.
BRAQUEMAARD est un groupe né peu de temps après HANTERNOZ (autre groupe phare d'Antiq) et fondé par Sephiroth (voix), Lazareth (batterie) et Hyvermor (guitares). Le groupe commencera ses enregistrements en 2008/2009 mais ne concrétisera réellement ses efforts qu'en 2015 où l'album a finalement atterri dans les bacs et dans le giron du label Antiq. De son propre aveu, le groupe relate des difficultés qui ont sans cesse freiné le processus jusqu'à sa concrétisation. Les musiciens sont donc aujourd'hui ravi de voir le disque exister et espèrent un jour donner des concerts et ainsi continuer la torture, sur des individus... plus ou moins consentants. N'oublions pas au passage que si BRAQUEMAARD est un groupe qui se plait à agresser le monde avec sa musique, il n'atteindra jamais le degré de violence de certains auteurs/compositeurs/interprètes qui grâce à la vacuité de leurs inspirations juvéniles nous font apercevoir les profondeurs insondables de la misère intellectuelle moderne. A côté de l'écoute d'un brûlot de ces mélomanes, un coup de pilon sur les couilles apparaît presque comme une délicatesse.

"Pendu, trainé..." propose les toutes premières démos ainsi que les enregistrements les plus récents du groupe. Si l'état d'esprit est plus ou moins le même, le traitement sonore varie particulièrement de l'un à l'autre et présente du coup quelques vives différences. Ainsi les démos sonnent plus comme du Grind (l'omniprésence des Blast contribue aussi largement à cette impression) quand les autres titres défrichent ce Death/punk anarchique et particulièrement abrasif. Paradoxalement, et malgré le style beaucoup plus monolithique les démos me semblent plus claires à écouter et à comprendre. Si les frappes sont parfois aléatoires, on ressent bien la colère générale et la patate prédomine pendant que les minutes défilent.
En ce qui concerne la partie enregistrée récemment, on ne comprend pas toujours ce qui se passe tant les cymbales hurlent et la guitare ronfle comme un vieux diesel. La rigueur des tempo est écorchée par l'énergie du groupe qui fait que le métronome est plus moins brutalisé par ces compères vicieux et bien décidé à casser du fion. Parfois, c'est un peu à la ramasse et un peu laborieux... mais souvent cela donne un coté furieux et chaotique qui renforce le coté "dégueulasse" de l'ambiance générale. Car si le dégueulasse est à sa place, c'est que le propos développé dans des chansons comme "Fondements", "Ce qui rampe dans les caves" ou "Vomissements foecaloïdes provoqués par l'annonce d'une nouvelle série de châtiments" n'est pas vraiment une ode à la bienséance et au bon goût. Et si la torture est parfois traitée via le prisme de l'emprise psychologique et pas systématiquement sous un angle sanglant, ce n'est que pour mieux amplifier la douleur et montrer que l'espoir, qui si il apparaît souvent lumineux et fédérateur, peut être aussi le plus terrible des poisons pour l’Âme. Ce n'est pas Bane qui me contredirait.

Évidement difficilement compréhensibles, les lyrics sont grognées par une voix particulièrement gutturale qui suit les bourrasques de la guitare et les accélérations nerveuses de la batterie. Jamais très rapides, les riffs gardent beaucoup de dynamique afin que leur musculature éclate au grand jour en montrant toute l'étendue de leurs brutales étreintes. On comprend parfois clairement ce qu'il se passe quand à d'autres moments, c'est beaucoup plus nébuleux et opaque. Quand bien même les notes se fondent en un nuage sombre et impénétrable, la rage et la haine contenues dans les chansons n'en souffrent pas. Les choix stylistiques et le son crado rebuteront certainement ceux qui aiment que la violence file plus droit et soit plus audible. Pour ma part en tout cas, j’adhère à la musique et au son vu que ces derniers forment un tout cohérent. BRAQUEMAARD réussit donc son coup en proposant un album grouillant et vif qui s'enfonce avec méchanceté dans les intimités de nos conduits auditifs pour y susurrer des comptines tartinées de sang et d'autres liquides plus ou moins identifiés.

Ps : A noter que l'album est en écoute intégrale avec le lien ci dessous.



https://www.facebook.com/Antiq-Label-358776830902612/ - 147 visite(s)

Bandcamp - 131 téléchargements


Rédigé par : Pamalach | 14/20 | Nb de lectures : 7555




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