BLLIIGGHHTTED - Zeroes (Merdümgiriz) - 18/08/2015 @ 08h19
Doté d’un nom à coucher dehors, Blliigghhtted est turque. Et des groupes turcs qui font du metal, d’un, il y en a peu, de deux, lorsqu’en plus c’est un tantinet remarquable, il y a encore moins de monde aux portes de la mosquée. Blliigghhtted ne débarque pas de nulle part ; il compte dans ses rangs d’importants personnages de la scène turque, musiciens et gérant de label, tels Merdümgiriz ou encore Emir Togrul qu’on retrouvait déjà chez Yayla, chroniqué par votre serviteur dans ces pages.

Blliigghhtted propose un BM très atypique, un peu comme Yayla au demeurant, mais encore davantage barré, bien plus porté sur l’expérimentation que sur le black d’ailleurs. Le tout emballé dans un packaging intéressant et ramassé autour de deux très longs titres de plus de 20 minutes chacun. Démarche ardue donc et finalement assez peu pertinente, car pas toujours correctement menée.

"Purge me Satan" ouvre donc le bal, première pièce de 21 minutes assez fourre-tout où le son, un poil brouillon, un poil sale mais franchement adapté, permet de mettre en valeur la folie qui se dégage de ce premier titre. Le mid-tempo est plutôt la règle ici, ce qui offre au moins de tenter de suivre ce qui se passe dans la mesure où la structure est, comme il est dit plus haut, assez bordélique. Le doom revient assez souvent dans la structure – tant pour la lenteur que pour la lourdeur de nombreux passages –. Il faut être honnête : un temps d’adaptation est nécessaire tant les riffs partent un peu dans tous les sens, tant le fil conducteur est délicat à trouver dans ce maelstrom sonore. Ce qui peut gâcher l’écoute dans un premier temps ne doit cependant pas définitivement rebuter. Car de cette gangue sonore émerge parfois de belles mélodies ou des phrasés pertinents (sur "Seven zeroes" vers les 4’45, avec ce qui semble être un violon en fond sonore).

Le principal reproche vient de l’emboîtement des différentes parties au sein d’un morceau. L’ensemble n’est pas toujours très fluide, pas très naturel non plus. On sent bien que certaines parties ont été ajustées de force tant elles tranchent avec la « logique » du titre (à partir des 6’ sur "Purge me Satan" où la dissonance sonne « faux » ; idem dès 14’24 ; les voix horribles sur "Seven zeroes" aux alentours des 7’). La voix encore, totalement noyée dans le mix, ne rend pas très bien ; elle n’apporte franchement rien à la musique. Dommage. Enfin, le tout manque cruellement de ponts qui permettent à la musique de respirer un tant soit peu (celui sur "Purge me Satan" vers les 11’35 est trop court et insuffisamment « marqué » pour jouer ce rôle), ce qui est là encore regrettable dans une musique si « étouffante ».

Puis, globalement, on ne retient quand même pas grand-chose de ce premier titre. Non qu’il soit franchement surchargé en informations, mais plutôt la faute à un chaos global mal maîtrisé et également, il faut le dire, peu inspiré.

"Seven zeroes", le second morceau de 22 minutes, navigue dans des eaux tout aussi troubles. Un poil plus lourd, notamment au niveau de la batterie, il s’arcboute sur des structures identiques, frôlant le chaos à chaque riff, le dérapage incontrôlé qui rend l’écoute délicate. Cependant, quelques respirations existent (l’orgue dès 1’30) qui permettent de recouvrer ses esprits et de tenter de comprendre ce qui se passe.

Au final, un produit bancal, la faute à un chaos global trop peu maîtrisé et à une inspiration en berne. Dommage, Yayla propose mieux et moins long !




Rédigé par : Raziel | 10/20 | Nb de lectures : 7501




Auteur
Commentaire
poypoy
Membre enregistré
Posté le: 18/08/2015 à 13h59 - (117542)
Je n'ai pas l'impression que la scène turque soit si famélique que ça, loin de là ... ce qui est rare surtout, c'est les productions turques qui arrivent jusqu'à nous.

raziel
Membre enregistré
Posté le: 19/08/2015 à 10h35 - (117555)
Les groupes marquants sont quand même rares.

poypoy
Membre enregistré
Posté le: 19/08/2015 à 12h48 - (117560)
Question d'exposition sans doute, de manque de structures, d'absence d'un label suffisamment "solide" les raisons ne manquent pas. Sinon, aucune raison qu'il y ait moins de groupes "marquants" en Turquie ... qu'en Grèce par exemple ou d'autres pays d'où des choses intéressantes ont émergé grâce au boulot de certains.

sydz
IP:89.2.87.238
Invité
Posté le: 24/08/2015 à 18h49 - (117618)
Y'a tout un tas de raisons qui pourraient expliquer qu'il y ait moins de groupes marquant dans un pays ou une zone géographique : niveau de vie, culture, accessibilité à la culture, mœurs, infrastructures etc...

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