BLACK STAR RIDERS - The Killer Instinct (Nuclear Blast) - 03/04/2015 @ 07h54
En 1986, Thin Lizzy cessa définitivement d'exister avec la disparition de Phil Lynott et ce même si le groupe n'était plus actif depuis près de 2 ans. Toutefois depuis bientôt 20 ans, il y a eu plusieurs reformations sous la bannière Thin Lizzy, autour de Brian Downey, Scott Gorham, Darren Wharton et John Sykes, en 1996 puis 2004 notamment. Après un nouveau 'hiatus' au début des années 2010 qui a vu le départ de Sykes, suppléé par Ricky Warwick (The Almighty), le nom Thin Lizzy est à nouveau ré-activé à travers le trio Gorham, Downey (dernier membre fondateur en place) et Wharton, à nouveau épaulé par le très bon bassiste Marco Mendoza et d'autres guitaristes dont Vivan Campbell (Def Leppard, ex-Dio), Richard Fortus (Guns n' Roses) et Damon Johnson (ex-Alice Cooper).

Entre 2010 et 2012, ces nouvelles moutures de Thin Lizzy se contentent de donner des concerts jusqu'à ce que Scott Gorham émette le souhait d'enregistrer un nouvel album. Comme il était impensable que celui-ci sorte sous le patronyme Thin Lizzy, ils optent pour Black Star Riders entraînant de nouveaux changements significatifs de line-up ; Brian Downey et Darren Wharton quittent le groupe, qui de son côté, recrute le batteur Jimmy DeGrasso (ex-Megadeth, ex-Alice Cooper, etc.) et décide de se passer de claviériste. Damon Johnson, Marco Mendoza sont maintenus et en mai 2013, est lâché « All Hell Breaks Loose », premier effort aux nombreux relents 'thin lizzyien' (dont la présence des twin leads) qui à défaut d'afficher en permanence une grande qualité d'écriture nous permet de renouer avec ce hard rock aux accents irlandais, si enivrant.

Début 2015, il est déjà temps pour BSR de faire la passe de deux, non sans voir son effectif être à nouveau modifié ; en l'occurrence par l'intégration du bassiste Robbie Crane (ex-Lynch Mob, ex-Ratt) en lieu et place de Mendoza. Autre changement à signaler, ce n'est plus Kevin Shirley responsable de la production de l'album mais Nick Raskulinecz (Rush, Foo Fighters, Mastodon). Le résultat diffère peu si ce n'est un léger gain de puissance pour les guitares.

« The Killer Instinct » ne s'apparente pas à une redite de « All Hell Breaks Loose » malgré un morceau-titre encore fortement marqué par la patte Thin Lizzy ; à vrai dire ce 2ème album se détache parfois nettement de son influence première en adoptant un hard rock moins ingénieux qui ne perd pour autant pas en efficacité (« Charlie I Gotta Go », « Through the Motions »). Warwick ne possède certes pas un timbre aussi chaleureux et envoûtant que Phil, néanmoins il ne peine pas à développer, quelques fois de manière linéaire, des lignes vocales passionnantes aux moments les plus chargés en émotion à l'image de la ballade « Blindsided » pouvant paraître convenue aux premières écoutes et qui pour moi s'est révélée progressivement comme une pièce tout en sensibilité remarquable, ou encore le sombre et durement évocateur « Soldierstown ». Soulignons au passage la grande implication de Ricky Warwick qui avec Damon Johnson, a co-écrit l'ensemble de l'album, tous les deux aidés par Scott Gorham sur 3 titres.

J'apprécie réellement de me retrouver face à un album relativement diversifié dans ses tonalités, entre un « Bullet Blues » imposant un hard rock simple et classieux (auquel il manque tout de même un vrai solo malgré un final axé sur les guitares), ce « Finest Hour » plus accessible -voire commercial- et mélancolique, qui doit déjà bien marcher en live ou la conclusion orientée mid-tempo « You Little Liar » 'culminant' à 7 minutes ; si globalement l'on peut regretter une section rythmique beaucoup moins groovy que celle de l'ère Thin Lizzy, au sein de ce titre la basse est particulièrement valorisée et apporte un véritable fond à la composition.

« The Killer Instinct » a tout de l'agréable et de l'efficacité mais il lui manque à mon goût quelques éclairs musicaux comme des soli mémorables (malgré les derniers instants chargés de « You Little Liar »), des harmonies vraiment délicieuses ou des refrains davantage marquants (celui de « Sex, Guns & Gasoline » va vraiment au plus banal par exemple). Au final voilà un bon album à écouter qui a le mérite de pas sonner comme un ensemble de chutes de studio de l'époque Thin Lizzy. Black Star Riders affirme là sa personnalité et dorénavant ses sets sont plus axés sur sa propre carrière que les hits du 'Tin Lizzie'. Il ne pouvait en être autrement avec des musiciens aussi talentueux et aguerris.




Rédigé par : gardian666 | 15/20 | Nb de lectures : 8691




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Commentaire
hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 07/04/2015 à 10h10 - (116423)
D'accord avec toi sur le rendu, un peu moins sur la note, c'est agréable, certains titres font mouche, mais c'est le genre d'album qui va vite prendre la poussière.

Pour le nom Thin Lizzy, c'est plutôt une question de droits si je me souviens bien. Quoiqu'il en soit, il ont réussi à faire revivre moults classiques sur scène, rien que pour çà...



vsgreg
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2015 à 16h30 - (116878)
Bonne chronique.

Un album vraiment agréable qui a defaut d'être exceptionel propose une belle variété de titres avec une qualité d'écriture assez bonne !

Le chant est bon mais manque d'un grain de folie par moment !



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