BLACK SHEEP WALL - No Matter Where It Ends (Season of Mist) - 22/05/2012 @ 08h15
Loin de moi l’envie de discréditer Season of Mist, pour qui j’ai beaucoup de respect, mais sur le terrain des groupes de sludge, je trouve qu’ils distribuent parfois un peu à boire et à manger. Autant le dernier ELITIST m’avait paru assez brillant, autant ce nouveau BLACK SHEEP WALL, intitulé « No matter where it ends » me paraît relativement loupé.

D’emblée, on va me reprocher de faire un contre-sens, car je trouve que cet album est très hermétique, or s’il y a bien une dynamique dans le sludge et le post-hardcore, c’est justement que la musique doit être hermétique. Seulement, chez BLACK SHEEP WALL, la question de l’hermétisme me paraît soulever un assez grave problème puisque la difficulté à rentrer dans cet album est induite par des chansons assez mal équilibrées, que ce soit en terme de lourdeur ou de structure. A l’instar de leur premier album, les Américains sont toujours dotés d’un son pachydermique, mais leurs chansons sont écrites d’une façon telle qu’elles n’ont pas véritablement de montées en puissance vers un climax en bonne et due forme. Concrètement, le groupe fait tourner en rond des riffs, certes puissants, mais qui ne parviennent pas à vous émouvoir, faute de structures alambiquées et de redites. Plus dommageable encore, cette impression que le groupe ne croit pas du tout à ce qu’il est en train de faire. Ce sentiment est particulièrement lié au fait que cet album comporte beaucoup de remplissage, notamment par le biais de samples redondants, comme c’est le cas de « Cognitive dissonance », interlude ennuyeux à en mourir.

Tout cela est terriblement préjudiciable, compte tenu de la production massive dont est doté « No matter where it ends ». Tous les ingrédients du sludge sont au rendez-vous : un déluge de distorsion, une basse à vous coller la migraine, une batterie au son humain permettant un jeu sur les intensités, et la voix d’un type en train de se faire péter la cage thoracique, noyée sous une couche de saturation. A priori, ni plus ni moins que ce qu’il faut pour plaire. En réalité, ce qui tue BLACK SHEEP WALL est son côté « jusqu’au-boutiste ». On regrette qu’il n’y ait aucune variation sur le timbre du chanteur, que les guitares ne proposent jamais autre chose que des gros placages d’accord, que rien n’accélère jamais etc. Bref, cet album est du pur sludge et le manque de prise de distance par rapport aux conventions du genre, fait que BLACK SHEEP WALL sort un album sans véritable saveur. Cela étant, ce que je relate ici est une impression qui m’a frappé à la première écoute. En effet, lorsque l’on essaie de se pencher à nouveau sur « No matter where it ends » on en vient à plus apprécier certains aspects de sa musique, mais cela n’est jamais vraiment suffisant pour que le groupe sorte de la masse. Certes, l’atmosphère générale est dérangeante, mais bon, cela reste le minimum syndical pour un groupe de ce style

En conclusion, à moins d’être un gros mordu de sludge ou de post-hardcore, il vous est déconseillé d’écouter BLACK SHEEP WALL, qui offre un album à la limite de la caricature. En fait, nous pouvons nous demander si un tel CD ne vaut pas le coup uniquement lorsqu’il est joué en live. Allez, c’est promis : si ces gars passent sur Paris je leur offre une seconde chance en chroniquant leur concert.


Rédigé par : cris | 09/20 | Nb de lectures : 11588




Auteur
Commentaire
away.alive
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 09h04 - (102131)
assez d'accord avec la chronique : très grosse déception pour moi que cet album de BSW, alors que j'avais vraiment adoré leur premier essai, qui est pour moi un véritable must du genre.
ici, effectivement, tous les ingrédients sont là, mais la mayonnaise ne prend absolument pas... les déçus peuvent peut-être noyer leur chagrin dans le premier album de Love Sex Machine sorti chez Throatruiner, qui est quasiment le deuxième album qu'aurait dû sortir BSW.



Velvet Kevorkian
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 09h27 - (102132)
Arf, j’espérais beaucoup de ce second opus vu la baffe qu'"I Am God Songs" nous avait collé...



Seb On Fire
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 09h37 - (102133)
Ben merde alors...

proutor
IP:164.81.254.175
Invité
Posté le: 22/05/2012 à 09h49 - (102134)
Pas d'accord pour ma part, la sauce a bien pris... le sludge ne doit pas suivre toujours la même recette, et si sur le moment on a envie d'écouter un truc puissant gratuitement c'est le bon skeud.

daminoux
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 10h52 - (102136)
Je le trouve relativement chiant.... je prefère un groupe comme thou....



mika
IP:86.68.187.98
Invité
Posté le: 22/05/2012 à 11h36 - (102137)
c'était couru d'avance, le premier sentais tellement le "pas fait exprès" que ça ne pouvait pas se reproduire, je genre de disque auquel on ne donne jamais de suite.

pearly
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 14h27 - (102140)
Tout d'accord.

La première moitié du premier album laissait de gros espoirs, son ensemble faisait planer de gros doutes.

Et ce sont ces derniers qui se confirment : remplissage, son de mammouth en rôle de cache-misère, manque d'inspiration, interludes inintéressants, riffs qui se répètent encore et encore dans le vide (parce que la répétitivité, ça se travaille), une approche type "je veux vous écraser, mais il ne faut surtout pas que ça sente trop le purin" difficilement compréhensible. Pour le coup, dans le genre étiquette sludge apposée sur groupe qui n'en joue pas, je préfère 100 fois le dernier album de Elitist sur le même album, nettement plus intéressant dans le fond.



mr.kekchoz
Invité
Posté le: 22/05/2012 à 15h15 - (102141)
Merci away.alive, Love Sex Machine ça défonce !!

Y.
IP:86.74.130.147
Invité
Posté le: 22/05/2012 à 19h56 - (102145)
Déja que je me suis vite lassé du dernier Elitist, j'ose mème pas essayer celui là...

daminoux
Membre enregistré
Posté le: 22/05/2012 à 21h00 - (102148)
effectivement je prefère le love sex machine.. qui est beaucoup plus crade....



Bras cassé
Invité
Posté le: 22/05/2012 à 22h10 - (102149)
2012 n’est décidément pas une année sludge!



pearly
Membre enregistré
Posté le: 23/05/2012 à 01h18 - (102151)
Mais le retour de Noothgrush suffit à faire de 2012 l'une des années les plus excitantes en termes de nouvelles sludge ! :)

Trez
Membre enregistré
Posté le: 23/05/2012 à 15h37 - (102165)
Complètement d'accord avec les autres. Plus grosse déception de 2012 (avec Old Man Gloom en deuxième position).

away.alive
Membre enregistré
Posté le: 24/05/2012 à 10h41 - (102176)
content de voir que certains apprécient Love Sex Machine !

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