BLACK FLAG - Spray Paint The Walls, L'histoire de Black Flag (Camion Blanc) - 11/10/2013 @ 07h28
Début septembre, c’est la rentrée pour tout le monde. Même dans le merveilleux monde de littérature. Pour ce dernier, c’est même l’équivalent de l’été pour l’industrie du cinéma. Toutes les grosses boites balancent leurs gros machins écrits par d’autres gros machins. Chez VS, on aime bien lire et donc on a choisi un seul livre, enfin j’ai choisi un seul livre, qui va vous faire briller en société. Quand tout le monde parlera du livre de Machin, de l’excellent roman de Truc ou du génie de Bidule, toi, fidèle et avisé lecteur, tu pourras, tel un Henry Rollins de banlieue, leur cracher au visage et leur balancer que, cette rentrée, le seul livre (avec le dernier Richard Ford) qui vaille la peine qu’on ait sacrifié des arbres pour lui c’est « Spray Paint The Wall, soit l’Histoire de Black Flag. »

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, BLACK FLAG est l’un des groupes les plus importants de l’histoire du hardcore et du metal en général. BLACK FLAG c’est bien plus qu’un logo mondialement connu et le frontman le plus charismatique de l’histoire de la musique. BLACK FLAG est aussi l’un des groupes les plus poissards, influents et respecté de la place. On connait bien sûr Henry Rollins mais beaucoup moins Greg Ginn. Si Riton en était le corps et les muscles, la vraie tête pensante, doublée d’une personnalité obscure, c’est Greg Ginn, l’âme, l’esprit, le cerveau du groupe. Mais avant l’arrivée de Rollins il s’est passé bien des choses dans la vie qui est tout sauf un long fleuve tranquille du groupe californien et c’est ce que va nous raconter Stevie Chick. Avec talent, car il est très difficile de reposer ce livre une fois qu’on l’a commencé.

Tout commence comme dans un film de Sam Mendes, une banlieue tranquille, Hermosa Beach, des habitants tranquilles, une famille tranquille : les Ginn. C’est là que tout démarre lorsqu’un grand geek avant l’heure, Greg Ginn donc, passionné d’électronique qui créera d’ailleurs sa propre affaire en plein milieu de l’adolescence, une boite qui deviendra SST Records. Ginn ne s’intéresse pas trop à la musique jusqu’au jour où il entend du punk-rock, là il décide d’apprendre la guitare, d’appeler quelques connaissances. Il recrute un toxicomane notoire pour brailler dans un micro et un vénézuélien étrange pour frapper sur des fûts. Panic était né. Mais Panic c’est déjà pris par des centaines de groupes, ils décident donc de le changer pour Black Flag. The rest is history…

« Spray Paint The Wall » basiquement, c’est l’histoire d’un mec qui faisait de la musique aimée par des gens qu’il détestait. Le tout dans les chaudes ambiances de la fin des seventies californiennes. Surf, skate, sexe et drogues. Tout ce que Ginn haïssait en fin de compte. Un mec qui a fait du punk avec Keith Morris (futur chanteur des Circle Jerks) et Dez Cadena (futur guitariste des Misfits) avant de d’inventer le hardcore avec Henry Rollins puis de tuer ce même hardcore parce que les gens qui aimait « Damaged » ne le méritaient pas selon lui.
Alors il y a mis fin avec « My War ». Un disque contre le public punk et hardcore de l’époque. Un public de semi-débiles que Greg Ginn haïssait par-dessus tout. Mais comme il est un peu pleutre sur les bords, il envoyait Rollins au front se faire cracher à la gueule et savater par les punks déçus de la nouvelle orientation de Black Flag. Puis quand Riton, qui goûte peu de se prendre des mandales dans la tronche, osait répliquer il se faisait traiter de connard de fasciste par ce même Ginn, magnifique antihéros de cette histoire. Il en est à la fois le bon et l’enfoiré. Ce qui participe à la légende du groupe.

Ce livre c’est aussi l’histoire du mouvement punk américain et de la Californie des seventies. Comment pouvait-on bien être punk en vivant à Hermosa Beach ? Les jeunes anglais de la classe ouvrière avaient une raison d’être punk, mais les jeunes issus de la classe moyenne californienne ? Ils avaient le sexe et la drogue mais pas de rock’n’roll, à la place le surf. Un truc de hippies ce que n’aime ni Chuck Dukowski ni Greg Ginn. Voilà, le hardcore californien est né. De la première démo jusqu’à "Damaged" le premier album avec Rollins, le groupe est passé par toutes les galères : injustement méconnu, changement de line-up pratiquement toutes les semaines, acharnement des policiers et des fans plus stupides et violents que la Curva Nord de la Lazio Rome. Après "Damaged" ce sera l’impossibilité pour la formation d’enregistrer quoique ce soit sous le nom de Black Flag, des procès à rallonge et un bordel juridico-mes couilles. Finalement libérés de tout ça ils vont enregistrer quatre albums en deux ans bien éloignés du hardcore qui ne méritait plus d’être joué. Le livre narre aussi tous les déboires de Black Flag qui a connu tous les ennuis possibles et imaginables et met en lumière le caractère sociopathe de Ginn qui tuera véritablement le groupe.

Le livre est passionnant, Stevie Chick multiplie les points de vue, interroge toutes les personnes qui ont connus le groupe de près ou de loin pour dresser le portrait d’une époque, d’un pays, d’une culture. Très bien écrit, malgré les habituels écueils made in Camion Blanc, « Spray Paint The Walls » fait partie des meilleures livraisons de la collection. Aujourd’hui, BLACK FLAG se décline en deux versions : BLACK FLAG version Greg Ginn et Ron Reyes d’un côté. Flag avec Cadena, Dukowski et Morris. Rollins lui a eu l’intelligence de se tenir en dehors de tout ça. Depuis, Ginn a décidé d’attaquer ses anciens amis…


Rédigé par : Seb On Fire | Beat My Head Against the Wall/ | Nb de lectures : 12236




Auteur
Commentaire
pamalach
Membre enregistré
Posté le: 11/10/2013 à 14h53 - (109479)
Lu aussi pour ma part cet été. Rarement 600 pages seront passées aussi vite !
Tout à fait d'accord avec Seb sur le fond de la chro, la lecture de "Spray..." m'a irrésistiblement donné envie de me ré écouter les albums du Flag ! A noter également quelques photos savoureuses de Rollins...



..::Ju::..
Membre enregistré
Posté le: 11/10/2013 à 21h20 - (109484)
Raaaa ben ça donne carrément envie !!
Clair que les Flag z'ont pas eu une carrière comme les autres...
Il n'est pas trop hachuré, le style littéraire de Stevie Chick ?

Crom-Cruach
IP:82.122.88.87
Invité
Posté le: 12/10/2013 à 09h46 - (109487)
Dommage qu'un grand groupe ce cette époque, à l'instar des DEAD K, se déchire de façon ridicule.
Mais bon bouquin en effet.

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