BETWEEN THE BURIED AND ME - Coma Ecliptic (Metal Blade) - Selection VS du 11/09/2015 @ 08h05
« This record is fucking crazy. Especially at 6:30 AM. Feels like I'm listening to science ». C’est par ce petit tweet que Colin Young, chanteur de Twitching Tongues, a partagé ses impressions sur le nouvel album de BETWEEN THE BURIED AND ME, leur huitième déjà. Et l’homme a le sens de la synthèse car c’est tout à fait juste. Il a bien cerné les sensations procurées par ce disque. Encore une fois, le groupe s’est lancé dans un nouveau concept album histoire de tourner la page « Parallax » qui aura tout de même occupé quatre ans de sa vie; entre un album, un e.p et un dvd. Voici donc « Coma Ecliptic », « dont l'histoire suit les pérégrinations d'un homme non identifié, 'coincé' dans un coma, tandis qu'il voyage à travers ses vies passées. Chaque titre a sa propre histoire, un peu à la manière de la série Twilight Zone. L'homme non identifié pénètre dans chaque monde et on lui offre le choix suivant : Reste ou passe au prochain à la recherche de quelque chose de mieux, quelque chose de plus parfait. » Le concept lancé, restait à traduire tout ça en musique et ce n’est pas une mince affaire. Puis pour en revenir au petit message de Colin Young, si j’abonde dans son sens il y’a quand même un petit bémol : la science, ça n’a jamais trop été mon truc…

Qu’on se rassure, il est bien question de musique, et de bonne musique, avec BTBAM. Mais cette fois, le groupe semble encore pousser plus loin la technicité et la finesse de ses arrangements en apportant de nouvelles choses. Les gars semblent partir encore plus loin dans le metal progressif tout en gardant cette touche extrême via un jeu de batterie qui n’hésite pas à sortir les muscles ou un Tommy Rogers dont la voix semble plus rocailleuse alors que, paradoxalement, on n’a jamais trouvé autant de voix claire sur un disque du groupe. Paul Waggoner lui aussi se fait bien plaisir, il suffit d’écouter « Famine Wolf » et ses riffs psychotiques doublés par des passages de batteries à la double pour s’en rendre compte. Là-dessus, Tommy pose sa voix en toute tranquillité avant d’envoyer un break dont il a le secret et de repartir dans des accélérations purement metal mais adoucies par des sonorités éléctro progressives. Pour finir on repart en voix claire pour envoyer un refrain qui s’envole dans les cimes pour, du bout du doigt, effleurer le génie. Et il reste encore trois minutes pleines de surprises et de variations derrière. Voila, ça se passe comme avec BTBAM. En attendant « Famine Wolf » est l’un des meilleurs titres de l’album. Pépouze.

La force du clan des cinq est de ne jamais perdre de vue le fil rouge de chaque morceau ainsi que la vision globale de l’album. Certes, on passe parfois par J et X pour aller A à B mais le groupe ne se perd jamais et maîtrise parfaitement la carte des nationales et des départementales. On voyage, on découvre mais on arrive toujours là où on voulait aller. En écoutant cet album, on comprend l’importance des albums et du projet Thomas Giles dans la musique de BTBAM. Le projet solo de Rogers lui permet d’expérimenter, de tester, d’essayer des choses afin de les insérer dans « l’univers étendu » du groupe. On retrouve ici des effets de voix, des arrangements, des sonorités électroniques et synthétiques déjà entendues sur certains morceaux de Thomas Giles. Globalement, on sent vraiment la patte de Tommy Rogers sur ce disque, plus que sur les précédents. Sa voix est plus présente, plus diversifiée aussi, on passe de passages parléss à du chant clair comme de l’eau de roche, quelques effets de voix et des growls plus poussés que d’habitude, comme s’ils avaient plus de mal à sortir, comme si Tommy devait forcer plus fort que par le passé, ce qui modifie un peu son timbre, le rendant plus rocailleux lors du chant hurlé.

Au niveau des arrangements, là aussi la patte du petit Tommy se fait sentir, ses claviers prennent de plus en plus de place, souvent pour créer des atmosphères ou habiller un morceau mais parfois aussi pour servir de colonne vertébrale à l’un ou l’autre passage de titre construit autour du piano. On peut entendre un glas, un orgue typique space rock seventies ou divers bidouillages électroniques permettant de faire avancer l’intrigue du disque ou de faire le lien entre deux titres.

Les compositions sont encore très riches et hyper complexes, il faut vraiment du temps pour tout assimiler et entrer dans ce disque, adhérer à l’histoire racontée ou juste apprécier pleinement la musique, la proposition du groupe. Cet album me fait penser à un cycle d’Asimov. C’est un peu chiant au début, pas le truc le plus fun à lire mais une fois qu’on est rentré dans l’histoire, tout le génie se libère et on prend la pleine mesure de l’ampleur du talent du bonhomme. Ben là, c’est pareil. Les premières écoutes sont parfois mitigées puis tout se décante et là c’est l’extase. BTBAM se permet tout un tas de choses au niveau de la composition et de l’écriture : commencer un morceau par un break de piano par exemple (« Option Oblivion »), développer des atmosphères orientalisantes sur « Turn On The Darkness », briser les codes habituels couplet-refrain du rock pour partir dans tout autre chose. A niveau du jeu aussi, rien que pour les guitares, il y a de quoi écrire un manuel entier sur ce disque. On trouve du fuzz, de la guitare wah wah, des solis, des rythmiques impossibles et j’en passe…

L’atmosphère générale est plus froide, plus mécanique qu’à l’accoutumée aussi même si le son reste dans la lignée de ce que fait habituellement BTBAM, dans les émotions dégagées, on sent quelque chose de plus froid, de plus distant. Ils continuent de creuser la voie du prog metal en tentant des choses d’albums en albums, en explorant de nouveaux concepts, la dimension rock prend de plus en plus le pas. Viendra un jour ou le côté « metal extrême » disparaîtra probablement pour laisser toute la place au space rock, au prog, au rock psyché et à l’expérimental, c’est l’évolution la plus probable et naturelle pour BTBAM. « Coma Ecliptic » est une nouvelle belle pièce qui vient compléter le grand œuvre des gars de Raleigh. Un disque aussi compact que lumineux, aussi froid que riche, aussi complexe que catchy. A un moment donné, il faut savoir s’incliner devant le talent. Alors je m’incline une fois de plus, et je tire ma casquette. Ces gars vont parvenir à me faire aimer la science, ça, c'est balèze.




Rédigé par : Seb On Fire | 18/20 | Nb de lectures : 9718




Auteur
Commentaire
Maxgrind
IP:81.67.122.23
Invité
Posté le: 11/09/2015 à 10h41 - (117818)
Qui d'autre que... Seb pour chroniquer Between The Buried And Me? :)

Allez, en lisant ta chronique, tu m'as convaincu direct d'écouter ce Coma Ecliptic car j'avais un peu lâché le groupe à vrai dire.

Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 11/09/2015 à 11h55 - (117822)
Idem! suite à un Great Misdirect dont je ne me suis toujours pas remis, j'ai été un peu perdu dans les Parallax and Co.
Donc là je découvre qu'un nouvel album est là, tout beau tout chaud qui m'arrive. Donc écoutage en règle dans la journée! j'espère passer un bon moment, on verra!


beat win
IP:165.225.76.71
Invité
Posté le: 11/09/2015 à 12h08 - (117823)
pour ma part je passe mon tour sur ce coup-là
pas du tout convaincu par cet album qui, même s'il reste bon, n'arrive pas à la cheville de son prédécesseur (et des autres...)
y'a des trucs intéressants mais ça reste un peu trop prévisible dans l'ensemble

Black comedon
IP:81.246.44.244
Invité
Posté le: 11/09/2015 à 12h38 - (117824)
Beaucoup écouté depuis sa sortie en juillet, j'ai cru un moment y trouver enfin un sucesseur à SFAM comme référence Prog metal, jusqu'au 7 eme morceau. Non pas que ce morceau soit mauvais, c'est simplement la limite de temps au delà de laquelle je n'arrive plus à être concentré.

C'est vraiment dommage, y en a trop, tout le temps c'est dur !

Pris un à un tout est extra, mais l'ensemble reste un poil indigeste.

Par contre niveau concept, j'ai rien compris aux paroles

Deadpool
Membre enregistré
Posté le: 11/09/2015 à 17h22 - (117825)
Depuis Colors, je trouve que BTBAM s'est perdu :(

Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 13/09/2015 à 15h52 - (117836)
Par quel album faut-il commencer si on veut s'intéresser à ce groupe ? La pochette de ce disque fait très Hipgnosis...

Black Comedon
IP:89.93.4.176
Invité
Posté le: 13/09/2015 à 17h06 - (117838)
J'ai envie de dire Great Misdirect

Seb On Fire
Membre enregistré
Posté le: 14/09/2015 à 08h18 - (117843)
Colors à mon avis.

Meridian
Membre enregistré
Posté le: 14/09/2015 à 13h41 - (117848)
Salut les gars.

Pour ceux qui l'ont écouté, vous le situez comment par rapport à The Great Misdirect? Depuis celui-ci (et, j'oserais dire, à part celui-ci) je n'accroche pas vraiment aux travaux du groupe.

Blackame666
Membre enregistré
Posté le: 14/09/2015 à 19h24 - (117850)
Ivan: celui-ci est très bien je pense pour commencer; le plus accessible.

Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 15/09/2015 à 00h58 - (117853)
Merci les gars pour vos suggestions ;-)
Alors j'ai donc écouté The Great Misdirect et Colors, ce dernier m'ayant plus accroché. C'est parfois trop –core et un brin geignard pour mes goûts, mais qu'est-ce que ça joue bien !

Blackame666
Membre enregistré
Posté le: 15/09/2015 à 14h18 - (117862)
"C'est parfois trop –core"
>donc le dernier te plaira plus (cf: ce que dit la chronique)

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