BEN LUKAS BOYSEN - Gravity (Ad Noiseam) - 09/10/2013 @ 08h00
Achtung ! VS fait dans l’éclectisme (on en a fait quand on était jeunes, du saut en longueur tout ça mais on va peut-être arrêter parce que c’est fatiguant) et des labels hors-Metal l’ont tellement bien compris qu’ils nous envoient régulièrement leurs prods. Oups. Me voilà donc avec entre les mains une nouvelle rondelle du label allemand Ad Noiseam, spécialisé dans le breakcore (à la base). Si WHOURKR avait droit de cité sur VS et que j’avais été (avec quelques lecteurs) enthousiasmé par FAUSTEN, avec ce 3ème promo ça va un peu coincer. Sur le papier, cet album est tout de même intéressant : BEN LUKAS BOYSEN est en effet l’homme derrière HECQ, célèbre projet d’IDM qui a une discographie bien fournie derrière lui. Que dalle en ce qui concerne le Metal ici mais je sais déjà qu’au moins deux VSeurs seront intéressés… Alors que HECQ a pris une direction dubstep sur Avenger (2011) et a sorti un nouvel album il y a très peu (Horror Vacui), Ben Lukas s’est lancé sur un projet portant son nom qui avait jusque là sorti deux BOs de films, « Restive » et « Mother Nature ». Sans surprise, c’est de l’ambiant lorgnant vers ce qu’on peut appeler le « modern classical » qui est proposé, ambiant dans lequel HECQ avait également plongé pour certains morceaux et en particulier l’album Night Falls (2008). Gravity est donc le premier véritable album solo de BEN LUKAS BOYSEN, j’ai d’ailleurs cru à un moment que l’allemand aurait eu l’honneur de signer la BO du nouveau film d’Alfonso Cuaron, mais il n’en est rien.

Je l’ai dit, ça va coincer pour ce Gravity. Je n’ai rien contre l’ambiant de manière générale, même si je choisis scrupuleusement mes préférences. Je n’ai pas trop creusé les deux BOs signées par BLB précédemment et les efforts plus ambiants de HECQ mais ça m’a l’air tout à fait intéressant. Mais là, c’est typiquement l’ambiant que je n’aime pas, à savoir l’ambiant chiant (et en plus ça rime). Les 42 minutes de Gravity se résument grosso-modo à du piano. Du piano, du piano et encore du piano, juste accompagné de quelques nappes atmosphériques habituelles et de parties de batterie tellement discrètes qu’on les remarque à peine. L’ensemble est certes d’une pureté appréciable et excellemment produit, nous ne sommes pas en présence des trucs qu’ont pu pondre certains Black-metalleux dans les années 90 ou encore certaines démos de PAYSAGE D’HIVER avec un son merdique au possible ; mais alors c’est d’un vide… C’est répétitif. C’est ennuyeux. C’est même soporifique. De la berceuse façon Dark-Ambiant. J’ai déjà du chroniquer de l’ambiant ici (LAMBWOOL par exemple), mais c’était de l’ambiant bien plus étoffé, avec des nappes de synthés prenantes et des ambiances dronesques. Or ici il n’y a rien de tout ça, si ce n’est quelques petits écarts inespérés (genre pendant le morceau-titre), perdus au milieu d’une centaine de notes de piano inintéressantes. Seuls les deux derniers morceaux plus basés sur des nappes ambientes apocalyptiques tirent leur épingle du jeu, mais c’est bien trop tard et la cause était perdue. Au moins pour MY OWN PRIVATE ALASKA il y avait du chant pour se maintenir éveillé… là les bâillements intempestifs sont légion.

Dommage parce que la pochette est super belle et qu’encore une fois, ça promettait sur le papier et surtout Ad Noiseam est du genre à ne pas sortir n’importe quoi. Mais pour le coup, ils auraient pu éviter, et seul le nom BEN LUKAS BOYSEN sur la pochette justifie cette sortie sur un gros label du genre. Et comme 95% des VSeurs ne connaissent pas Ad Noiseam et 99.99% ne connaissent pas HECQ, là je ne vois pas qui pourrait être intéressé par cette sortie ici, surtout que Gravity est un album d’ambiant sans intérêt. J’aimerais ne pas tomber dans l’extrême « musique d’ascenseur » mais là ça sera très difficile, à aucun moment on ne se laisse emporter par l’atmosphère proposée. Et la fiche promo me dit que c’est « experimental »… n’en jetez plus, la cage d’ascenseur est pleine. A moins d’être un amoureux du piano et de chercher à évaluer et apprécier le son cristallin de l’instrument proposé par Boysen, cet album hyper chiant est à oublier au plus vite. Sortir les morceaux "Gravity", "Nocturne 2" et "The Behinian Gospel" sur un EP aurait été suffisant, le reste est tout simplement d’un vide abyssal. Je terminerai donc cette chronique en paraphrasant le prof de piano nain que l’on peut apercevoir dans le film « Steak » : Non.

Bandcamp - 65 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | Non/20 | Nb de lectures : 11115




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Commentaire
Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 09/10/2013 à 14h45 - (109434)
J'adore la conclusion et la note.

"Le dernier arrivé est un fan de Phil Collins"



ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 09/10/2013 à 14h58 - (109436)
"- Bonjour, vous avez un souci?
- Non, je suis en train de faire une fellation à mon compagnon.
- OK, bonne journée!"

Deadpool
Membre enregistré
Posté le: 09/10/2013 à 16h12 - (109437)
Moi j'ai beaucoup aimé cet album, mais je trouve ses deux B.O. un peu plus riche et interessantes :)

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 09/10/2013 à 22h36 - (109442)
@Zesnake, tu viens de citer mon passage favori du film ;-)

prodijital
Membre enregistré
Posté le: 12/10/2013 à 17h00 - (109494)
Superbe album, rien à jeter.



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