BELPHEGOR - Conjuring The Dead (Nuclear Blast) - 05/09/2014 @ 07h09
Parfois en tant que chroniqueur il faut prendre des risques. Il faut même être un peu sado-maso sur les bords. Ceci dit ça tombe bien dans le cas d’un groupe comme BELPHEGOR qui glorifie le cuir, le bondage, les cravaches, le sexe lubrique à grands coups de « oh oui punis-moi maîtresse », le 50 nuances de Grey dopé au satanisme de supermarché. Il aurait été dommage de ne pas parler du nouvel album de BELPHEGOR qui est tout de même devenu au fil des ans un gros nom du Metal extrême sponsorisé par Nuclear Blast, ses éditions limitées et ses éditions non limitées mais quand même étoffées (on en reparlera). Je prends donc ma plume pour évoquer le 10ème album des autrichiens, au risque de me planter comme à l’époque du To Hell With God de DEICIDE. Oui car encore une fois je vais prendre l’habit, tout de cuir noir avec des clous et des orifices savamment placés, du False. Le False qui n’est franchement pas un fan de BELPHEGOR, groupe qu’il a toujours trouvé brutal mais plat. Groupe dont il n’aime en vérité qu’un seul album, le plus aéré, le moins agressif, Blood Magick Necromance. Bon avec le recul Lucifer Incestus et Goatreich - Fleshcult trouvent également grâce à mes oreilles de par leur côté bastos, mais que ce soient les débuts ou la période entre Pestapokalypse VI et Walpurgis Rites - Hexenwahn (que je trouve archi-chiant), c’est niet. A la rigueur… Bondage Goat Zombie, un des albums les plus décriés de Helmuth et consorts. Fouettez-moi, ça m’excite.

Alors quand la belle fée gore s’apprête à sortir le successeur de Blood Magick Necromance que je trouve excellentissime et qui se bonifie même avec les années (ce départ sur "In Blood - Devour His Sanctity", l’enchaînement "Discipline Through Punishment" - "Angeli Mortis De Profundis" - "Impaled Upon the Tongue of Sathan", ces ambiances glauques, cette brutalité mieux dosée…), ça m’intéresse un minimum. Entre temps j’ai également pu revoir le groupe en Live, qui était hélas un peu retombé dans mon estime car j’avais trouvé leur performance hyper ennuyeuse (oh oui ! la grosse tapette à clous, j’adore ça ! sur mes fesses, sur mes fesses !). Le premier extrait de Conjuring The Dead, "Gasmask Terror", n’était pas très engageant, surtout avec une lyrics video qui met en avant les paroles toujours un peu ridicules du groupe. Mais au final, l’album est bon, se plaçant pour moi comme le meilleur album de BELPHEGOR derrière Blood Magick Necromance, mais ce n’est que mon humble avis de False émoustillé par les rougeurs qu’il vient de voir apparaître sur son arrière-train. Après Walpurgis Rites - Hexenwahn, BELPHEGOR a définitivement changé, a évolué, pour le meilleur et pour le pire, pour le désespoir des vieux fans et la vive approbation des nouveaux ou de ceux qui en ont marre quand un groupe fait toujours la même chose.

Pourtant BELPHEGOR est resté le même, toujours à mi-chemin entre la brutalité sauvage du Death, et l’inventivité mélodique ainsi que la science des ambiances du Black. A première vue Conjuring The Dead se pose comme un Blood Magick Necromance en plus frontal, les assauts de trémolos ne sont pas oubliés ainsi que certains travaux sur les ambiances, même si l’on ne retrouvera pas forcément le côté majestueux de "Rise to Fall and Fall to Rise" et "Discipline Through Punishment", ni l’atmosphère malsaine et evil de "In Blood - Devour This Sanctity" et "Impaled Upon the Tongue of Sathan". En fait, Conjuring The Dead est surtout une version plus réussie de Bondage Goat Zombie, avec un bon équilibre entre brutalité et morbidité. La brutalité a tout de même une franche occasion de s’exprimer, et c’est ici que va intervenir la particularité de Conjuring The Dead, à savoir que c’est un album bien plus Death que ses prédécesseurs. Déjà parce que Helmuth privilégie ici les growls profonds (très maîtrisés de surcroît), et surtout parce que le disque a été produit en Floride par Erik Rutan. Ce qui va logiquement permettre à BELPHEGOR de faire ressortir des influences, en particulier celle du Death ricain, MORBID ANGEL, IMMOLATION et DEICIDE en tête. Malgré ses 22 ans de carrière et une personnalité forgée dès les débuts et entérinée dès Necrodaemon Terrorsathan (2000), le groupe autrichien va cette fois-ci se placer plus clairement dans un Death-Metal aux sonorités typées. BELPHEGOR perd donc en personnalité ce qu’il gagne en efficacité, ce qui peut perturber mais va pourtant faire la réussite de Conjuring The Dead, surtout que la production de Rutan est tout à fait excellente, faisant aussi bien que Peter Tägtgren pour l’album précédent même si le registre est différent. Un registre toujours BELPHEGORien que l’on reconnaîtra facilement, mais la formation autrichienne se montre décidemment protéiforme en piochant, selon les albums, dans différents apparats du Metal extrême.

Simple mais efficace, "Gasmask Terror" se pose finalement comme un parfait opener pour un album de BELPHEGOR. Pas de fioritures, les riffs incisifs, les envolées de trémolos, les blasts, la grosse voix et les écarts criards sont immédiatement de sortie. Tout en lourdeur et en étant percutant lorsqu’il le faut, "Conjuring the Dead" se pose immédiatement comme un hymne BELPHEGORien, un hymne à la MORBID ANGEL qui cartonne grâce à ses couplets pesants, son superbe pont mélodique et son refrain brutal. Le combo autrichien a appris depuis son précédent opus à sérieusement varier son propos mais ça ne marche pas à tous les coups, en témoigne le plutôt raté "In Death", presque trop « moderne faussement old-school » et surtout très poussif. Heureusement BELPHEGOR repart tout de suite en arrière pour "Rex Tremendae Majestatis" qui remet en avant l’ambiance de cathédrale et les trémolos mélodiques sur fond de blasts, pour un morceau qui fait finalement bien la transition entre Blood Magick Necromance et Conjuring The Dead car la brutalité 100% Death-Metal a également toute la place pour s’exprimer. "Black Winged Torment" est ensuite un classique de BELPHEGOR, à fond la caisse avec des blasts très sévères et un refrain épique, mais si c’est déjà du sérieux BELPHEGOR va ensuite, après l’interlude "The Eyes" (je crois bien que c’est leur premier véritable interlude), passer la vitesse supérieure avec cette boucherie qu’est "Legions of Destruction", qui est pour moi d’ores et déjà le meilleur morceau de BELPHEGOR. Un sample evil en intro, un début écrasant à la IMMOLATION, des couplets à la MORBID ANGEL et DEICIDE, un refrain à la MAYHEM, un final explosif à la PANZERCHRIST ponctué par un solo déglingué, ce morceau est une tuerie absolue qui mélange avec brio différentes influences dans une ambiance typiquement BELPHEGORienne et se permet, pour mieux appuyer ses influences, d’inviter Glen Benton et Attila Csihar derrière le micro. Un pur chef-d’œuvre de 4’28, il ne me reste plus qu’à dire bravo BELPHEGOR !

Les 36 minutes de Conjuring The Dead vont s’achever par une sorte de tryptique, trois morceaux bien distincts dans la tracklist mais qui se suivent et se complètent, preuve qu’en plus de l’interlude "The Eyes" BELPHEGOR est encore capable d’innover sur la forme. "Flesh, Bones and Blood" est particulièrement lourd et evil et aurait pu figurer sur Blood Magick Necromance s’il avait été dénué des growls gras et des plans à la MORBID ANGEL. "Lucifer, Take Her!" se place donc la continuité directe de l’ambiance, tout en remettant en place les trémolos et mélodies ainsi que les assauts blastés qui prennent à la gorge, pour encore une fois du BELPHEGOR simple et efficace. Un morceau classique prolongé par "Pactum in Aeternum" qui se pose surtout comme une outro de luxe pas forcément utile. 36 minutes, c’est peu mais les albums de BEPHEGOR ne se sont jamais distingués par leur durée, mais pour les fans le plaisir est prolongé par l’édition presque, quoique pas exactement, tout sauf limitée. Il semblerait bien que seule l’édition double gigi avé dévédé bonux ne soit disponible tout du moins en nos contrées (avec bien évidemment l’édition box de la mort qui tue), et le False fan comme moi a finalement du craquer devant les bacs pour investir dans cette édition un peu plus chère mais pas forcément utile. Le pur DVD bonus made in Nuclear Blast que l’on regardera une fois et dont l’intérêt ne titillera que les die-hard fans, qui cette fois ne pourront compléter leur collection du masque à gaz, du casque de guerre et de grenade à manche que par un vulgaire slime pack (et un médiator, whaou). Un DVD avec des vidéos studio (déjà dispo sur YouTube), 5 morceaux Live de qualité visuelle et sonore aléatoire (enfin 6, mais le faux clip Live de "In Blood - Devour His Sanctity" qui lui aussi est déjà sur YouTube, je compte pas ça comme un Live), le clip de "Conjuring the Dead" et son « making-of », une galerie de tatoos de fans (dont certains sont, sincèrement, ratés), et aussi du gros WTF : Helmuth qui fait le con dans les couloirs des loges, Helmuth qui nous fait visiter un château autrichien, Helmuth qui nous montre son local de répète en s’attardant sur tous les posters, Helmuth qui nous présente « Schwarty » son cochon domestique (!!!), n’en jetez plus. C’est presque du niveau du DVD bonus du Infected Nations de EVILE et ses passages hilarants (Ol Drake et son sketch du rideau trop court reste un de mes plus beaux fous rires), ça ne sert absolument à rien et Nuclear Blast ne sait vraiment plus quoi faire pour meubler ses DVD miteux, qui font certes plaisir aux vrais fans mais font dépenser quelques € supplémentaires aux False comme moi qui ne sont guère qu’intéressés par l’album en lui-même.

Et le False il va mettre 15/20 à ce dixième album de BELPHEGOR. Si les autrichiens se distinguent par une bonne inspiration, un peu plus de variété que par le passé, de bons relents bien dosés de Blood Magick Necromance, une bonne prod bien puissante et abrasive et une forte injection d’illustres influences Death bienvenues, il reste tout de même le fait que BELPHEGOR joue la carte du classique, redevenant plus terre-à-terre après l’osé Blood Magick Necromance. Comme le craignait Dark Rabbit il y a 3 ans, BELPHEGOR risque de s’enfermer dans une routine, mais il est en bonne forme et je pense que c’est l’essentiel. Il est certain que, même si cet album poutre plus que son prédécesseur, ça risque d’être insuffisant pour ceux qui étaient bloqués sur la période « bleue » Lucifer Incestus et Goatreich - Fleshcult et les morceaux les plus frontaux de Pestapokalypse VI et Walpurgis Rites - Hexenwahn, et qui attendent que les autrichiens avoinent du début à la fin, seuls certains menus passages étant ici capables de leur provoquer la jouissance par la douleur, BELPHEGOR préférant souvent la lourdeur à l’agression, le tapotage à la grosse biffle. En résumé brut Conjuring The Dead est plus bourrin que Blood Magick Necromance mais pas autant que les albums d'avant. Par contre ceux qui aiment le BELPHEGOR plus réfléchi, celui de Bondage Goat Zombie et Blood Magick Necromance, seront aux anges même si la brutalité est souvent au rendez-vous et s’exprime d’une manière parfois inattendue. BELPHEGOR cherche peut-être à convaincre tout le monde, au risque de se retrouver le cul entre deux chaises, mais c’est plutôt bon car se coincer le cul entre deux chaises c’est un bon moyen pour subir quelques sévices pervers. Conjuring The Dead n’est pas exceptionnel mais moi c’est comme ça que je l’aime mon BELPHEGOR, plus sensuel, plus passionné, mais tout de même avec du latex et des clous pour arriver à l’extase en se faisant mal. Mmmm allez-y frappez-moi petits vicieux, je suis le méchant False.



http://www.belphegor.at - 157 visite(s)


Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 17610




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Commentaire
GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 05/09/2014 à 08h56 - (113451)
Après plusieurs opus relativement moyens j'ai bien accroché sur ce nouvel album inspiré et revenu un peu aux sources.

Il ne révolutionne en rien leur style mais retrouve du poil de la bête ce qui est déjà fort appréciable.



Chara
Membre enregistré
Posté le: 05/09/2014 à 09h36 - (113453)
Je ne connais pas le groupe et n'est pas trop écouté donc je ne donnerai pas mon avis sur l'album.
Par contre, ca ne me dérange pas d'avoir des paroles à chier, mais évitez d'en faire une lyric video!

panzerfaust
IP:178.192.26.52
Invité
Posté le: 05/09/2014 à 09h50 - (113454)
pour ma part le trio de tête de belphegor c'est 1/Necrodeamon 2/Pestapokalypse 3/Lucifer. Il y a des chances que ce nouvel album se glisse entre le 1/ et le 2/ !

Cobra Commander
Membre enregistré
Posté le: 05/09/2014 à 11h07 - (113457)
Encore un album chiantissime.




Phil
IP:198.245.51.38
Invité
Posté le: 05/09/2014 à 12h08 - (113458)
Je préfère mille fois le dernier Mayhem à cette mélo-chiasse de Belphegor. Cette Chro me rassure

tarnow
Membre enregistré
Posté le: 06/09/2014 à 10h23 - (113476)
Encore un loupé...
Le meilleur est derrière eux, triste mais vrai.



Crow
IP:193.202.110.182
Invité
Posté le: 06/09/2014 à 20h07 - (113482)
Bien loin de leur gloire passée. Un album plus que médiocre...

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 07/09/2014 à 15h17 - (113487)
A part quelques titres (dont le 2e aux bons vieux relents de Morbid Angel), un album quand même pas bien terrible pas sauvé par une production bof bof...

TarGhost
Membre enregistré
Posté le: 14/09/2014 à 21h03 - (113613)
Bof bof...on s'ennuie ferme par ici.



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