BEHOLD! THE MONOLITH - Architects of the Void (Autoproduction) - 11/01/2016 @ 07h32
Il suffit de poser ton casque sur les oreilles et la sensation est instantanée. Les sonorités doom t’offrent dans un premier temps ce sentiment de solitude et d’accablement. Puis vient l’aridité dont Architects of the Void t’englobe sans ménagement. Le vent souffle, les couleurs ocres et ardentes éblouissent le paysage, puis le sable s’engouffre là où il peut. L’album est presque embrasé, sa texture stoner ressort et prend le pas sur l’ensemble de cette troisième sortie de Behold! The Monolith. Une fois la chaleur retombée, d’autres sons se révèlent puisque les californiens ne restent pas dans leur petit périmètre pour délivrer un bon opus d’idées audacieuses mais tout de même disparates.

Pour une fois, le visuel est approprié, il donne une indication sur à quoi nous pouvons prétendre : canicule, isolement et bravoure. Le chant rocailleux à tout pour ravir les amoureux de sludge/stoner/doom puisqu’il s’imbrique à merveille dans cet édifice sablonneux et conquérant. Peu de cavalcade, aucune recherche de plans alambiqués, ni de recherche à tout de prix de violence. Le combo s’attache plutôt à retranscrire une ambiance rêche, et presque stellaire, loin de ce que leur ville de L.A. offre habituellement. Mille petites idées rendent l’écoute agréable et riche en découvertes, qui peut rappeler High On Fire si on leur cherche une comparaison. Le riffing est franchement simple -pas simpliste- et distille une atmosphère étouffante entrecoupée d’incursions thrash, où sans tous être transcendants, la majorité fait mouche. Cette guitare massive montre un combo qui met ses noisettes sur la table, et authentifie le thème et l’illustration. Batteur et bassiste s’accordent pour maintenir le pouls fixé sur un rythme un poil plus élevé que le stoner déploie en règle générale. L’auditeur se fond dans 49 minutes à la teneur particulière puisque Architects Of The Void est inclassable, il jongle entre de trop nombreuses mouvances pour pleinement appartenir à l’une d’entre elles. Le tronc est stoner, les branches sont doom et sludge pour les plus grosses, mais aussi thrash, parfois heavy, même post-metal pour les plus petites.

Les circonstances de l’élaboration de cette galette sont tristes, Behold! The Monolith ayant perdu Kevin McDade, premier hurleur et bassiste, décédé dans un accident de voiture en 2013. Cette tragédie se ressent dans les thèmes, les structures et le chant résigné de son remplaçant. On sent des mecs écœurés, délivrant une ambiance particulièrement pesante. Plusieurs lignes de chant ou de guitare ont été composées avant le drame, pour un troisième opus qui prend forme d’hommage et d’exécutoire. Le titre éponyme qui clôture l’atteste.

Bizarre que ce combo soit si peu en vue, tout est là pour plaire pourtant, du visuel signé Dusty Peterson (Bloodbath, Six Feet Under), à la prod’ bichonnée par Billy Anderson, au style fourre-tout qui peut plaire à grand nombre.

Architects of the Void n’est pas de la trempe des skeuds qui s’enracinent près de ta platine des mois durant. Tout de même, il faut lui reconnaître de la sincérité dans sa genèse, ainsi qu’une aisance certaine pour produire une musique multi-facette, imagée et de qualité.




Rédigé par : Bras Cassé | 14,5/20 | Nb de lectures : 7232




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Sdz
IP:212.234.218.52
Invité
Posté le: 11/01/2016 à 13h21 - (119118)
Je pense justement que le style fourre tout empèche au groupe d'avoir une vraie personnalité et un vrai son, ce qui fait que finalement on passe un peu à coté sans y faire attention.

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