BAHT - In my Veins (Autoproduction) - 22/03/2012 @ 08h23
Si vous êtes un fidèle des news de VS, le nom de BAHT et surtout le magnifique visuel de ce premier album vous semblera peut-être familier. Pourtant, les probabilités de dénicher BAHT aux hasards de la toile étaient minces puisqu’ils nous viennent d’une des scènes les plus méconnues d’« Europe », à savoir la Turquie et plus précisément Istanbul.
Istanbul mégapole plus de deux fois millénaire, magique, de conquêtes, d’histoires, enclavée entre deux mers, entre deux continents, entre une modernité exacerbée et un passéisme désuet plein de charme. Autant de singularités qui rendent l’endroit atypique et passionnant.

Des singularités que l’on retrouve d’une certaine façon sur « In my veins » ce premier album de BAHT avec une musique au combien occidentale et pourtant proche de ses racines stambouliotes, partagée entre des textes en anglais et occasionnellement en turc, entre des réminiscences heavy metal et un death progressif mid-tempo altier parfois un peu swedish sur les bords. Il faut bien admettre que le groupe n’a pas trouvé la juste formule dès ses tout débuts quelque part en 2007. Dès les balbutiements du quatuor attaché à ses origines, leur volonté était de composer un death progressif à consonances orientales. Exercice qu’ils maîtrisent parfaitement sur ce premier disque. Après un mini « Bilinçten Derine » en 2008 sur lequel le groupe ne s’exprimait encore que dans sa langue natale et un deux titres « Resurgence Hour » sorti en 2009, sur lesquels palpitent déjà les idées qui seront finement exploitées sur « In my veins », BAHT aura pris son temps pour se peaufiner un style, pour se trouver une véritable identité musicale. Et du travail, il a sans nul doute fallu pour arriver au splendide « In my veins ».

Le concept même de métal oriental n’est pas bien neuf puisqu’un groupe comme MELECHESH, pour ne citer qu’eux, s’en acquitte déjà avec la maestria qu’on lui connaît depuis quelques années. Pourtant, les deux formations n’ont pas grand-chose en commun. Si MELECHESH marque principalement ses origines par des rythmiques arabisantes du meilleur goût, BAHT, quant à lui a pris le parti d’inscrire ses racines ottomanes dans des volutes de guitares superbement concoctées ; des six-cordes fières et parfois épiques entrecoupées de riffs lourds et accrocheurs, d’incartades purement heavy consolidées par une rythmique particulièrement solide et plus particulièrement par la puissante batterie du Finlandais Joona Räsänen, batteur de session pour l’occasion. Et si parfois le tempo s’emballe sur des accélérations énergiques voire même des blasts, les guitares de BAHT conservent cette inexorable progression aussi variée que martiale émaillée d’arabesques subtiles. Que dire également des trames fouillées que BAHT développe tout au long de son propos ? Des compositions basées avant tout sur des accroches imparables, des accords marquants sans technicité superflue, appuyés par ce côté progressif riche d’idées, d’ambiances.

Néanmoins, aussi réussi que soit « In my veins », un point reste perfectible sur l’album. A savoir le chant monocorde et pourtant très efficace du cerveau de toute cette affaire, j’ai nommé Bilgehan Engin. En effet, le phrasé presque déclamé du chanteur/guitariste peine quelque peu à se poser de la meilleure façon sur quelques passages en anglais. Un détail qui passe relativement inaperçu à l’oreille mais qui se remarque dès lors qu’on a les textes sous les yeux. Bon j’avoue que je pinaille un peu sur la question que ce léger travers n’entache nullement l’ensemble de l’œuvre.

Question production, les « Bahtmen » ont misé sur la valeur sûre d’un mixage et d’un mastering signés par l’orfèvre Dan Swanö, un son honnête massif sans être trop compressé ni stéréotypé qui rend justice à la personnalité du groupe.

Difficile également, de continuer cet article sans évoquer le magnifique artwork signé par le Français Pierre-Alain D de 3MMI design. Un visuel s’inscrivant parfaitement dans l’esprit qui se dégage en définitive du bien nommé « In my veins ». Car aussi vrai que le métal court dans les veines de ses protagonistes inspirés, il y coule également de l’attachement à de fières origines ottomanes au parfum de conquêtes millénaires.

Avec un disque aussi jubilatoire, gageons que BAHT sera rapidement repéré par un label à la hauteur de son talent et que leur « Ottoman-progressive-death » trouvera son public en dehors des frontières turques. Grosse découverte, gros coup de cœur.

http://www.bahtband.com/ - 200 visite(s)

Dua - 138 téléchargements


Rédigé par : Tonton | 16/20 | Nb de lectures : 12024




Auteur
Commentaire
BozKiller
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2012 à 08h57 - (101179)
Quel enthousiasme Tonton :)
mais il est vrai que la découverte est des plus agréable. Un peu comme leur ville d'origine, cet album est une sorte de pont entre le death nordique-suédois et les réminiscences moyennes orientales. Un peu comme si NIGHTFALL rencontrait GRAVE :)



cyril_glaume
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2012 à 11h31 - (101183)
J'eus été étonné que le gars lynchât Baht. Je sais, c'est Nuls comme jeu de mots ... :))



Tonton
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2012 à 12h18 - (101185)
tu sors...

cyril_glaume
Membre enregistré
Posté le: 22/03/2012 à 14h41 - (101188)
"Pendant ce temps là, à Istambul ..." :)

Gyn
Membre enregistré
Posté le: 23/03/2012 à 07h23 - (101199)
T'es ok, t'es Baht, t'es in ...

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