A PLANE TO THE VOID - Commedia (Send The Wood/Season of Mist) - 28/01/2015 @ 07h42
Nos groupes français ne font souvent rien comme les autres, aussi dès qu’une formation donne dans le Math-Metal ça sera « with a difference ». Ainsi A PLANE TO THE VOID avait, avec son premier EP Memento Mori (2011), fait ce que je m’étais amusé à appeler du « Djent à casquette ». Soit un Math-Metal lourd et accrocheur mais aéré et atmosphérique, comportant des influences Post-Metal et Screamo. Un premier effort convaincant mais certains axes étaient à améliorer, que ce soit au niveau sonore, au niveau de l’équilibre des compos ou du (des) chant(s). A PLANE TO THE VOID s’est donc terré dans l’ombre de la ville rose pour, près de 4 ans plus tard, nous livrer son premier full-length nommé Commedia. Un album qui va faire passer APTTV (pour les intimes) à un autre niveau, le groupe toulousain a tout de la bonne formation qui progresse ni trop vite ni trop lentement, avec un parcours classique, premier EP autoproduit, puis premier album sur label franco-français, label qui envoie du bois mais A PLANE TO THE VOID lui envoie plutôt du lourd, emballé avec un peu de coton, entre Math-Metal bien pesant et choses plus aériennes, même si le tout n’est pas aussi rose que la pochette ou que Toulouse.

Et si la pochette est colorée la musique de Commedia est bien plus sombre que prévu. A PLANE TO THE VOID reprend pourtant là où les choses s’étaient arrêtées avec Memento Mori, entre Post-Metal à la fois lumineux et négatif, et Math-Metal lourd et écrasant sans débauche de technique inutile. On pensera donc toujours à ERYN NON DAE et bien sûr MESHUGGAH, influence majeure qui ressort un peu plus ici, surtout lors de passages polyrythmiques bien couillus ("Minos", "Minotaur"). Mais à certains moments c’est surtout le Djent torturé et dissonant de VILDHJARTA que l’on peut déceler, ce qui est assez évident lors de morceaux comme "Limbus", "Cerberus" ou encore "Furies". BENEA REACH peut également être évoqué à l’écoute de cet album, surtout lorsque le chant se fait très Screamo (surtout celui, très déchirant, de "Furies" assuré par Julien Cassarino (PSYKUP, MANIMAL)). Parlons-en du chant vu qu’il est dans la lignée de celui de Memento Mori, très hurlé et libérateur donc, il faudra aimer mais quelques variations sont au rendez-vous, notamment les nombreux accès de growls très rauques. Raphaël a toutefois bien progressé sur ce point en 4 ans, même si le chant clair (plus rare) n’est pas encore au point. Et les compositions sont au rendez-vous, prises dans un océan de lourdeur syncopée souvent très pesante, surtout que le son est bien puissant. L’ensemble demeure classique mais A PLANE TO THE VOID assure sans trop de mal dans le sous-registre lourd et écrasant du Math-Metal.

De la lourdeur présente dès le début de Commedia avec "Limbus" (et sa sublime intro), où les polyrythmes terriblement pesants s’enchaînent. Un break acoustique et quelques mélodies se font toutefois entendre en dernière partie du morceau, preuve que A PLANE TO THE VOID laisse tout de même passer quelques traînées de lumière. Une lumière savamment distillée, que l’on retrouve à des moments-clé ou dans des morceaux globalement plus aérés, comme "Plato" (très post/screamo), "Geryon" (très dépouillé pour laisser le chant s’exprimer), "Malebolge" (qui comporte néanmoins des passages assez agressifs) et surtout le final instrumental "Cocytus" plus « Post » que jamais, ainsi que le fleuve et passionnant "Furies" qui comporte toutes les particularités de APTTV. Mais si la musique des toulousains est contrastée, en témoigne "Phlegyas" dont la lourdeur décapante est subtilement aérée par des mélodies, ce sont tout de même les syncopes puissantes et coup-de-poing qui font le sel de Commedia, des plages plus percutantes comme "Minos", l’archi-pesant "Cerberus" et l’accrocheur "Minotaur" sont là pour le prouver et pour déboîter votre boîte crânienne.

Dommage que la lourdeur des plans polyrythmiques soit souvent un peu redondante au fil des 47 minutes de l’album, preuve que de ce côté A PLANE TO THE VOID a cherché l’efficacité, et travaille ses ambiances ailleurs. Les influences sont toujours présentes et, avis purement subjectif, j’ai toujours du mal à me faire au chant hurlé (qui pourtant passe très bien sur l’opener "Limbus"), aussi Commedia n’incarne pas la perfection du « Post-Math-Metal », mais pour un premier album A PLANE TO THE VOID a tout de même fait de très bonnes choses, surpassant sans peine les morceaux de l’EP Memento Mori. Si l’ensemble se base sur des formules Math-ématiques connues, APTTV a tout de même su trouver sa personnalité grâce à sa toute puissante lourdeur, son chant à fleur de peau et ses quelques atmosphères, trouvant un pont entre Djent et Post/Screamo qui fonctionne très bien. Rien de révolutionnaire mais placé dans un sous-registre pas forcément hyper fréquenté du Math-Metal, Commedia est un bien bon album qui cartonne à sa manière. Des compositions percutantes, une ambiance léchée pour un ensemble à la fois sombre et décapant bénéficiant d’une production qui cogne, A PLANE TO THE VOID est à recommander à ceux qui aiment que la polyrythmie MESHUGGesque abaisse le tempo pour se rendre plus écrasante, tout en s’autorisant des écarts vers le Post.




Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 9837




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