AVANTASIA - Ghostlights (Nuclear Blast) - 22/02/2016 @ 09h06
J'avais probablement un peu durement critiqué Tobias en 2013, au moment de la chronique de "The Mystery of Time" estimant qu'il devait ralentir la cadence de production. Or le bougre m'a depuis donné tort ; il y a d'abord eu un nouveau Edguy (2014) franchement bon et puis ce 7ème album d'Avantasia en ce début d'année 2016, nouvelle oeuvre plutôt bien réussie à lui mettre au crédit. Le fougueux chanteur - ayant cumulé près de vingt disques en autant d'années - a encore de nombreuses ressources à exploiter et matérialiser à travers cette activité constante impressionnante.

D'autant que "Ghostlights" est l'album le plus copieux du projet ; là où ses prédécesseurs tournaient à une heure de musique, le petit dernier affiche 70 minutes pour 12 titres complets (pas d'intro ou interlude). Comme le veut la tradition chez Avantasia, le casting concocté par Tobias est encore somptueux et constitue le véritable point fort du disque : Michael Kiske, Geoff Tate, Dee Snider, Sharon Den Adel, Jorn Lande, Herbie Langhans, Ronnie Atkins, Bob Catley ou encore Marco Hietala, excusez du peu...

D'ailleurs je trouve que le single 'Mystery of a Blood Red Rose', uniquement chanté par M. Sammet est un peu la piste générique et faible de cet album. Elle est sympa mais plutôt anecdotique malgré un refrain joliment calibré. Car le reste voit Avantasia dérouler magnifiquement sa riche recette, entre hard rock pesant ('The Haunting' sublimé par un Snider au ton grave), power/speed à l'allemande sans surprise mais toujours si catchy ('Ghostlights' où Kiske brille de mille feux, 'Unchain the Light' aux relents davantage hard mélo), ballade, exemptée d'instruments électriques traditionnels, tout en émotions ('Isle of Evermore', l'assurance d'avoir une Sharon émouvante, Tobias est à mon goût dispensable sur cette compo) ou l'excellente piste épique de rigueur, menée par plusieurs vocalistes de haute volée et gratifiée de soli impériaux (en l'occurrence 'Let the Storm Descend upon You' qui aurait mérité d'ouvrir le disque).

L'un des grosses réussites au chant est signée Herbie Langhans (Sinbreed, ex-Seventh Avenue) le temps du mélancolique et très gothique 'Draconian Love'. Je trouve, au passage, que "Ghostlights" possède dans son ensemble une aura assez sombre et dégage à plusieurs reprises un sentiment de tristesse voire presque d''abattement', ressenti par exemple sur 'The Haunting', 'Isle of Evermore', le délicat final 'A Restless Heart And Obsidian Skies' (petit frère de 'The Mystery of Time', en moins long) ou encore le temps de la première partie de 'Lucifer' durant laquelle Jorn et Tobias, accompagnés d'un piano et de nappes orchestrales, réalisent un duo convaincant.

Dans des tonalités à tendance heavy metal, 'Seduction of Decay' et ses 7 minutes, avec Geoff Tate à la baguette, constitue une pièce intéressante, un mid-tempo légèrement arabisant (me rappelant Dream Evil) pas dégueu même si le sieur Geoff n'a plus la grandeur (vocale) d'antan. Autre morceau atteignant les sept minutes, 'Babylon Vampyres' joue sur une efficacité certaine : tempo emballant, une paire Sascha Paeth/Bruce Kulick qui régale aux guitares (leads et soli absolument magistraux) et un Tobias en tandem avec Robert Mason (Warrant), usant tous les deux d'un timbre accrocheur et déterminé comme jamais.
'Master of Pendulum' est quant à elle une solide chanson heavy/power européen mais son refrain est un peu trop Nightwish-like à mon goût (au même titre que les partitions de batterie). Peut être parce que Marco Hietala y a justement contribué ?

Bref, en ne changeant ni sa formule, ni son entrain, le sieur Sammet renoue avec une qualité d'écriture certaine de laquelle resurgit quelques fois une poignée de gimmicks dispensables qui heureusement ne nuisent pas trop au résultat final. Avantasia n'est pour moi pas un projet du passé et demeure toujours une singulière et belle histoire d''opera metal'.




Rédigé par : gardian666 | 15,5/20 | Nb de lectures : 6629




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Commentaire
Khoral
Membre enregistré
Posté le: 22/02/2016 à 12h57 - (119480)
Pour moi le moins bon album d'Avantasia. Tobias semble très faiblard vocalement, les compositions peinent à trouver une cohérence et à emmener, malgré un casting effectivement assez monstrueux, dans les mêmes hauteurs que ses prédécesseurs. Particulièrement le morceau "Draconian Love" qui me gonfle sérieusement.

Mention spécial pour le titre "Lucifer", qui m'a absolument conquis, en revanche (mais bordel pourquoi l'avoir fait aussi court ?!).


Enfin bon, ça m'empêchera pas de les voir au Trianon.



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