AS WOLVES AMONG SHEEP - La saga funeste du NSBM (Camion Noir) - 27/02/2015 @ 08h15
Nous y voilà donc. As wolves among sheep. La saga funeste du NSBM. Quatre lettres qui interrogent, qui dérangent ou qui attirent. Qui, dans tous les cas, ne laissent pas indifférentes. Le voilà donc, ce fameux bouquin de Davide Maspero et Max Ribaric.

Une mise au point préalable s’impose, me semble-t-il, pour tenter de désamorcer quelques malentendus potentiels. J’aime un certain nombre de groupes issus de cette mouvance. Leur musique me parle. Je ne partage néanmoins aucun de leurs points de vue. Mais qu’importe. Pour ma part, la musique – comme toute autre forme d’art – se suffit à elle-même ; elle se détache de son message. Chacun est libre de penser différemment mais un raisonnement inverse devrait conduire, à mon sens, à un certain nombre d’absurdités qui me paraissent dommageables : un amoureux de classique devrait-il rejeter Wagner au motif que sa musique – par définition sans parole donc sans message voire sans visuel – est rattachée au régime nazi ? Je ne le crois pas. Pire, pour combattre une idée, il faut qu’elle apparaisse au grand jour ; elle doit être débattue. Censurer le NSBM revient à le cacher et donc à ne jamais en discuter les propos, ce qui me semble là encore regrettable. De fait, cet ouvrage nous offre de débattre de ce courant en nous fournissant les éléments adéquats de réflexion. Les auteurs eux-mêmes ne penchent jamais d’un côté ou de l’autre de la balance et fournissent un travail détaché de toute contingence personnelle.

Une autre précision – méthodologique cette fois-ci – me semble s’imposer. J’ai analysé cet ouvrage comme je l’aurai fait pour une thèse, armé d’un raisonnement universitaire, c’est-à-dire de manière scientifique. Je me suis attaché au fond, au raisonnement, à la cohérence du propos, à l’articulation des données, à la richesse de l’ensemble, aux manques… sans porter aucuns autres jugements de valeur que ceux-là. Il n’est donc aucunement question de faire l’apologie ou au contraire de combattre le NSBM dans cette chronique. Objective, scientifique, tels seront ses lignes directrices. Et il y a beaucoup de choses à dire.

L’ouvrage de Maspero et Robaric comprend 937 pages, découpées en quelques 25 chapitres. Dense, la lecture n’en est pas moins relativement fluide en raison d’une police adaptée et de la présence de photos et de dessins qui aèrent le texte. D’un point de vue général – avant que d’aborder le détail des chapitres – je dois avouer que j’ai été surpris. Plutôt agréablement. Je m’attendais à un bric-à-brac de données foutraques, du sensationnel en veux-tu en voilà et… non. L’ouvrage repose sur un appareil scientifique, parfois contestable certes, mais globalement plutôt satisfaisant et même étonnant. Un véritable effort de construction et de raisonnement scientifique existe et cela simplement légitime l’utilité de cet ouvrage. On est loin de la compil’ de chroniques d’une certaine anthologie du black metal. Un réel effort de démonstration est mené.

Au titre des points très favorables à relever, il convient, d’une part, de noter la volonté, dans un préambule bienvenu et intelligent (là encore plutôt scientifique), de fournir au lecteur une définition du NSBM. C’est le préalable indispensable à tout travail scientifique digne de ce nom. Définition qui aboutit – justement à mon sens – à dire qu’il n’existe pas de particularité de ce courant d’un point de vue musical, mais uniquement stylistique, et encore. Faute de définition stable, de critères qui permettent d’en identifier les acteurs avec certitude, les auteurs se proposent alors – très habilement là encore – d’en donner les caractéristiques : le NSBM est contradictoire et controversé. Contradictoire parce que cette forme de BM pousse au radicalisme absolu, sous tous ses aspects (raciaux, anéantissement, nihilisme, misanthropisme…) alors que l’idéologie est précisément socialiste. Et nombre de groupes n’utilisent cette idéologie que par pure provocation, sans réelle conviction nazie. Controversée parce que Satan ne faisant plus peur, devenu presque mainstream, seuls le nazisme et la violence de son propos comme de son histoire pouvaient constituer le dernier bastion où se réfugier pour exprimer sa colère. Comme un passage de témoin entre Satan et Hitler en somme, le nec plus ultra du mal absolu. Un choix par défaut donc, plus que par conviction là encore.

D’autre part, les auteurs découpent leur ouvrage en chapitres opportuns, chacun visant un pays ou une région du monde, qui parcourent l’histoire de ce pays du point de vue des groupes NSBM, qui les recensent et qui tentent – pas toujours avec conviction et pas toujours de manière approfondie malheureusement – d’établir un lien entre la naissance de ces groupes et l’histoire et la culture de ce pays. C’est réellement intéressant. Les auteurs ont fait des recherches ; ils s’appuient sur un matériau important et leurs propos sont constamment démontrés à l’aune de ces documents d’époque. Là encore, il convient d’approuver cette démarche scientifique. Chaque chapitre principal, ou presque, est suivi d’un « petit » chapitre appelé « Approfondissement », qui concerne, qui un acteur essentiel de cette scène (entretien avec Hendrick Möbus d’Absurd ou de Stolzträger de Veil par exemple), qui un label fondateur du genre (Nordland, Satanic skinhead propaganda par exemple), qui un éditeur spécialisé (Heathen Pride…), qui encore une organisation comme le Pagan Front. Ces petits intermèdes sont très intéressants et très utiles pour comprendre la scène de l’intérieur et la motivation comme les guerres intestines du genre. Ils placent une focale sur un détail souvent décisif de la scène.

Enfin, toujours au titre des bonnes surprises, l’introduction comme la conclusion de l’ouvrage, de même que les petites conclusions qui ponctuent chaque chapitre, apportent leur lot de récapitulatifs clairs et permettent d’ouvrir la perspective. Il faut là encore saluer cette démarche qui accompagne utilement le lecteur. L’introduction présente également l’immense mérite – scientifique toujours – de poser la méthode utilisée, de décrire l’appareil scientifique.

Au rang des déceptions, quelques remarques. D’une part, la traduction laisse parfois à désirer. Les phrases sont mal construites (parfois une page sans ponctuation…), certains mots sont employés à la place d’autres, leur sens est dévoyé… Bref, un travail assez moyen de ce coté là. D’autre part, je regrette que les aspects culturels, historiques et sociologiques n’aient pas été davantage creusés. Pourquoi, par exemple, le NSBM est-il si faible en Italie et si fort en France ? Qu’est-ce qui explique que le fascisme de Mussolini ait pris le pas sur le nazisme dans ce pays ? Pourquoi les pays d’Amérique du Sud sont-ils touchés par le phénomène alors que la Seconde Guerre Mondiale ne les a finalement que peu frappés ? Quel lien existe-t-il entre le nationalisme Québécois et le NSBM ? Et pourquoi donc l’Australie ? Autant de questions passionnantes sur lesquelles les auteurs passent trop vite à mon goût.

Le premier chapitre est consacré à la description de la montée du NSBM comme substitut à la glorification de Satan, à l’escalade de la provocation dans la musique, du thrash au black. Il démontre parfaitement comment le nazisme se pose en ultime tabou de la société. Et comment, de façon troublante, « l’adepte » vient d’abord pour la musique et ensuite adhère à l’idéologie.

Le second chapitre offre de démontrer que l’idéologie en musique n’est pas nouvelle, comme l’utilisation de visuels borderline. Bien avant le NSBM, ce rapport existait déjà, notamment chez Wagner mais également dans la country avec Johny Rebel voire dans le heavy (les croix de Motörhead, l’aigle de Slayer…). Les auteurs y démontrent que le NSBM n’est pas une musique politisée mais une musique « traditionnelle » utilisée à des fins politiques, ce qui est différent du RAC par exemple. Cette époque, la fin des années 70, voit la naissance des premiers labels ou des premières organisations dédiées au style (Blood and Honour de Donaldson et son groupe de RAC Skrewdriver), le développement d’une iconographie forte et dérangeante (Slayer et sa fan-base appelée Slaytanic Wehrmacht, Sodom…) et la mise au jour de discours radicaux (Anal Cunt fait feu de tout bois à cette époque, avec ses chansons hostiles aux homosexuels, sa glorification humoristique d’Hitler…). Surtout, ce chapitre montre bien que seul le black metal pouvait permettre à l’idéologie nazie de prospérer : thématiques communes (mysticisme, gloire de l’Homme supérieur, détestation du progrès, glorification de l’environnement, de la Nature, du paganisme par opposition au christianisme…). Puis, surtout, dans le BM, il y a des actes forts, notamment les églises brûlées, les assassinats revendiqués…

Le chapitre 3 axe sa réflexion sur le BM aryen. Les auteurs y démontrent la radicalisation du BM (par opposition au death metal : artwork noirs, corpsepaints…) et la révolution opérée quant au contenu : le death axe ses propos sur le gore, le grind sur l’écologie, le BM sur la grandeur nordique, la gloire du passé, l’Histoire et les mythes anciens… soit autant de thèmes proches du NS comme celui, récurrent dans le BM, de la Terre et du Sang. Le terreau existait en germe comme dans nul autre genre de metal, dès le début des 90’ (le Transylvanian Hunger de Darkthrone et son Norsk Arisk BM au dos du CD). La démonstration est convaincante. Le chapitre 4 approfondit cette idée de glissement de l’idéologie en la liant avec le contexte politique de l’époque, particulièrement en Europe : rejet de l’industrialisation sauvage, du rationalisme vs redécouverte de ses origines, de son folklore… alors que l’Union européenne déchaîne les passions (Varg Vikernes y joue le rôle de demi-dieu pour beaucoup de groupes européens). Le lien avec la scène dark folk (Death in June en tête) est également pertinent. Le chapitre 5 montre l’évolution des thématiques, de Satan au svastika, le lien que font beaucoup de groupes NSBM entre mysticisme luciférien, occultisme et nazisme (l’Atlantide, l’Homo superior venu des étoiles pour sauver les aryens…). Cette focale sur le nazisme magique est bien étayée et permet de comprendre pourquoi tant de groupes y font référence, faute de base culturelle plus assise…

Les autres chapitres sont consacrés au pays. Le chapitre 7 vise le NSBM en Allemagne au travers d’Absurd et de Möbus et les difficultés rencontrées par les groupes (Bilsksirnir, Morke, Aryan Blood…) comme par le label de Möbus (Darker than black) pour exister dans un pays où la législation sur ce thème est évidemment drastique. Les premiers liens avec le milieu skin et le RAC sont tissés, dans une acceptance réciproque difficile des metalleux et des skins. Le chapitre 8 est consacré au Pagan Front alors que le 9 aborde la Pologne où le NSBM occupe une place essentielle au sein du BM national. Là encore, il est parfaitement expliqué les raisons de cet enracinement : découpage du territoire polonais dans les années 30’, sentiment de vol national, fort pouvoir de l’Eglise, « pouvoir » communiste générant des rancœurs de la jeunesse… Plusieurs groupes sont passés au crible, parmi les plus importants : Lord Evil, Capricornus, Graveland, Veles, Gontyna Kry, Thunderbolt, Kataxu… Les auteurs insistent sur le rôle joué par Capricornus ou Rob Darken dans la naissance des premières organisations à vocation internationale, de propagande nazie : Temple of infernal fire (où l’on retrouve à l’origine d’ailleurs Nergal de vous savez qui, désormais objet de railleries voire de menaces de la scène…). En Pologne, la thématique anti juive comme la ségrégation raciale domine tout autre discours, à l’inverse de ce que l’on peut trouver dans d’autres pays.

Le chapitre 10 aborde la Grèce. Legion of Doom et surtout Der Stürmer y sont mis en avant au travers, notamment, de leur implication dans la scène NSBM internationale. La mise en parallèle de l’enracinement du NSBM avec la crise grecque aurait mérité davantage de développements, comme le rôle joué par Aube Dorée, parti politique ouvertement neo nazi et pourtant toléré en Grèce. Le sentiment d’oppression, notamment par l’UE, accentue le développement du mouvement, ce que les auteurs expliquent bien en revanche.

Le chapitre 12 concerne la France. Les litiges de la scène de Toulon sont mis en avant, comme les groupes phares du mouvement, dont la qualité musicale – à juste titre selon moi – tranche avec celle d’autres groupes venant d’autres pays : Seigneur Voland, Kristallnacht, Funeral, Ornament of Sin, Ad Hominem… Les auteurs notent que, dans la scène NSBM française, le satanisme est toujours resté au cœur du nazisme. Le chapitre 13 est consacré à la Scandinavie (Suède, Norvège et Finlande) où l’on note que les liens entre NSBM et RAC sont très forts, plus qu’ailleurs. Dans des pays au niveau de vie si élevés, les auteurs remarquent néanmoins que l’apathie, une société nivelée et statique et la place centrale de l’Eglise demeurent des facteurs importants de révolte, comme la redécouverte du paganisme et des légendes anciennes. Un passage relatif à l’adhésion à Schengen, à la montée de l’immigration permet encore de mettre en lumière certains des facteurs qui peuvent expliquer le développement du NSBM dans des pays sans crise et sans problème majeur. Les auteurs restent toutefois toujours très prudents, ce qui renforce l’approche scientifique de leurs propos. La nuance est importante. Là encore, les figures du genre sont listées ; il y en a peu. La Norvège comme la Suède comptent surtout des groupes de RAC, très peu de NSBM. Seuls Disiplin et Sigrblot peuvent être sérieusement recensés alors que la Finlande est plus féconde : Satanic Warmaster, Goatmoon et Clandestine Blaze sont cités. Ici, la fidélité à l’héritage ancestral prend le pas, dans le discours, sur toute autre considération. Le chapitre suivant cible deux gros labels et leur guerre idéologique : Nordland et Ragnarok.

Les chapitres 15, 16 et 17 visent la Belgique et la Suisse (peu de groupes), l’Angleterre (plus propice au RAC, même si le label du très « sympathique » Alex Kurtagic de Supernal Music axe ses ventes sur le NSBM), les Pays de l’Est (peu de choses en comparaison de la Pologne en Croatie, Biélorussie, Bulgarie ou Ukraine… où le NSBM est ici plutôt séparé de son contexte historique pour être davantage orienté sur l’anti mondialisme, contre le multiculturalisme…), la Russie (le Blazerbirth Hall est décrypté avec des groupes comme Nitberg, Branikald, Forest, Moloth, Temnozor, Velimor… ; les auteurs y décrivent également de façon pertinente l’influence d’un label comme Stellar Winter et la volonté des groupes y adhérant de créer une grande Europe blanche ; le NSBM est vu ici, non comme une doctrine politique, mais comme un système de valeurs et d’idées universelles plus large, liées au peuple slave). L’Australie est enfin passée en revue avec une focale sur le quasi seul groupe NSBM de cette contrée : Spear of Longinus, dont la philosophie semble aussi foutraque que le passage des auteurs sur ce groupe.

Si les auteurs passent assez rapidement sur la scène d’Amérique du Sud (l’Espagne et le Portugal y sont inclus), pauvre en groupes et d’un niveau médiocre, l’éclairage sur la scène NSBM issue des USA et du Canada est intéressant mais aurait mérité davantage de développements. Si l’on comprend bien que là encore, les liens avec les skins sont importants, la fondation du label Resistance Records aurait pu être davantage mise en avant dans le développement de la scène. Le contexte social n’est pas non plus très bien traité. On comprend simplement qu’il y a coexistence d’idéologies très diversifiées et que le darwinisme social prend le pas sur toute autre chose… Des groupes comme Arghoslent, qui plébiscite l’esclavage, ou comme Grand Belial’s Key en sont de bonnes illustrations. Idem au Canada, où le lien entre le Québec francophone noyé dans un océan d’anglophones peut faire naître un sentiment de repli identitaire mais où le rapport avec la naissance du NSBM n’est pas bien explicité. Le Metal Noir québécois est bien cité mais, pour moi, cela n’a rien à voir avec le NSBM.

L’ouvrage se finit par quelques passages sur le phénomène Hatecore, les groupes anti fa qui luttent contre les groupes NSBM et une interrogation, propre à l’auteur sans aucun doute, sur le faible impact du NSBM en Italie au détriment de l’idéologie fasciste avec laquelle quelques groupes font joujou sans se brûler les ailes (Spite Extreme Wing, Janus, Tronus Abyss…).

Au final, il faut avoir l’honnêteté de saluer l’énorme travail des auteurs. L’appareil scientifique est satisfaisant (effort de définition, recherche de critères, de caractéristiques, tentatives d’explications sociales, culturelles, économiques et historiques du mouvement…), les recherches ont été massives, les démonstrations n’ont pas été éludées. Néanmoins, on pourra regretter que certains aspects ait été trop rapidement évacués, mal explicités ou simplement mal traduits. En tous cas, un livre pertinent, jamais partisan, pour tous ceux qui souhaitent appréhender cette scène en toute objectivité.

http://www.camionnoir.com/ - 212 visite(s)


Rédigé par : Raziel | 15/20 | Nb de lectures : 11681




Auteur
Commentaire
damikachu
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 09h43 - (115891)

Merci pour la chronique instructive en elle-même.

MorbidOM
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 11h37 - (115900)
Le terme "scientifique" apparait 11 fois dans la chronique, c'est pas un peu beaucoup?

raziel
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 11h52 - (115902)
Pourquoi ? Quand ça désigne parfaitement une démarche, que le terme est adapté, ça pose un problème ?



MorbidOM
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 12h33 - (115904)
En dehors des considérations stylistiques, un esprit taquin pourrait penser que tu cherches à convaincre (voire à te convaincre) que ce dont tu parles est plus qu'un simple bouquin sur un "style" un peu vain et raccoleur (qui a toutefois donné naissance à quelques bons groupes).

Après, j'ai pas lu le livre mais de ce que j'ai pu en entendre, y compris dans ta chronique me fais plus penser à une approche journalistique (structuration par pays, petites explications historico-culturelles etc.) que scientifique, ceci dit je reconnais avoir une conception "popperienne" de la science et globalement du mal avec les sciences "qualitatives" (je ne dis pas avec les sciences humaines)

raziel
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 12h57 - (115906)
Là, je suis d'accord.

L'approche est davantage journalistique que purement scientifique. Mais l'un n'empêche pas (toujours) l'autre.

Les bouquins de ce style sont souvent un amas de données sans organisation. Ici, il y a un véritable effort de délimitation/définition/recherche de critères/explication du mouvement.

Sans être un ouvrage irréprochable, disons à tout le moins qu'il présente une certaine utilité/légitimité. C'est loin d'être le cas de bien d'autres ouvrages de sa catégorie...



goughy
IP:194.79.176.198
Invité
Posté le: 27/02/2015 à 15h47 - (115914)
un presque hors-sujet mais pas tant que ça : la musique de Wagner " par définition sans parole"...
really ?

SenatClayDavis
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 15h53 - (115915)
Si je peux me permettre j'ai juste tiqué sur une phrase :

"un amoureux de classique devrait-il rejeter Wagner au motif que sa musique – par définition sans parole donc sans message voire sans visuel"

--> Wagner ne se limite pas à sa musique tout de même, ses opéras (donc avec un visuel associé) mettaient en avant un certain héritage germanique.
Les prestations des chanteurs d'opéra ont d'ailleurs pas mal inspiré Hitler dans sa manière de se mettre en scène, de s'exprimer.

Du reste, je suis 100% d'accord, il serait bien dommage de passer à côté de ces oeuvres au simple motif de l'idéologie de son auteur (qui n'y exprimait pas son anti-sémitisme, mais plutôt sa "fierté" germanique)


raziel
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 16h08 - (115916)
C'est vrai Senat. J'insistais sur la musique de Wagner hors opéra mais tes précisions sont les bienvenues.

goughy
IP:194.79.176.198
Invité
Posté le: 27/02/2015 à 16h23 - (115919)
sans te manquer de respect Raziel, insister sur la musique de Wagner hors opéra frôle la malhonnêteté...
L'essentiel et l'aboutissement de l'œuvre de Wagner sont ses opéras.
Et du coup le rapprocher du NSBM est aussi limite dans la mesure ou le NSBM exprime clairement des idées qui sont absentes (et pour cause) de l'œuvre de Wagner.
Si tu veux à tout prix rapprocher Wagner du BM (et je ne suis pas certain que ce soit très utile) je pencherais plus pour des groupes à la Emperor ou Satyricon... A savoir des musiciens pour lesquels, quels que soit leur personnalité ou leurs actions tu n'as pas besoin de dire le classique "je ne m'intéresse qu'à la musique pas aux paroles" car leurs paroles ne sont pas une glorification du nazisme.

Voilà, ce n'est pas une volonté de polémiquement bêtement, c'est, selon moi un point de différentiation important.

MorbidOM
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 17h08 - (115921)
Pour le coup je suis plutôt d'accord avec Raziel même si il s'est un peu embrouillé avec sa remarque sur les paroles.

Bien sûr ce n'est pas tout à fait comparable mais on ne compare que ce qui n'est pas comparable finalement. Si un musicien, aujourd'hui, consacrait l'essentiel de son oeuvre à la gloire de la mythologie germanique et tenait dans des écrits annexes des propos ouvertement antisémites il aurait des problèmes même sans faire du NSBM (un certain Varg V. peut en témoigner) alors que personne (à part en Israel, ce qui peut se comprendre) ne songe à se passer de la musique de Wagner pour ces raisons.

Je ne dis pas que c'est incompréhensible ou injustifiable mais c'est, selon moi, une remarque qui méritait d'être faite.

excelwhite
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 17h32 - (115922)
J'ai un tattoo exactement comme sur la couverture du livre,devrais-je avoir honte?? non, en tout cas bonne chronique détaillée ,un ouvrage qui me semble intéressant, merci.

Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 18h06 - (115924)
Je rejoins MorbidOM sur l'utilisation trop récurrente du qualificatif "scientifique", mais cette chronique défend bien le livre et donne effectivement envie de le lire. Juste deux points.

La comparaison d'introduction avec le fait d'écouter Wagner me semble hors de propos, en tout cas insuffisamment rigoureuse, dans son rapport avec le nazisme. Wagner, quel que soit les griefs qu'on peut lui faire et l'influence qu'il a eu ou pu avoir dans les cercles antisémites germaniques, est antérieur au nazisme. On ne peut donc rien lui imputer à ce sujet — même si cela donne envie d'envahir la Pologne dixit Woody Allen :-). On peut être antisémite sans être génocidaire, si j'ose dire. Le NSBM est postérieur au nazisme, il parle en connaissance de cause. La distinction est donc capitale. Daniel Barenboim a toujours défendu Wagner, y compris en Israël, notamment pour cette raison.

Autre point, il est toujours important de faire la distinction entre nazisme et national-socialisme. Le nazisme est notamment national-socialiste, le national-socialisme n'est pas forcément nazi. Dissocier l'un et l'autre peut permettre de comprendre les particularités régionales du NSBM. En Amérique du sud notamment, le néo-bolivarisme a des similarités avec le national-socialisme, mais n'est pas racialiste, etc.

Une question pour finir : aurions-nous autant de mansuétude ou d'ouverture d'esprit selon pour un livre traitant d'un sujet artistique anti-Occident, anti-Blanc, etc ?


raziel
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 18h30 - (115928)
Merci pour vos critiques constructives.

Ivan, tu as raison pour l’Amérique du sud, l'aspect racial est rejeté au second plan mais les auteurs ne s'en expliquent pas suffisamment.

Juste un mot sur Wagner. Je le reprends à dessein puisqu'il est cité dans le livre comme "première" apparition de l'idéologie en musique.

Quant au vocable scientifique repris plusieurs fois, c'est simplement pour souligner que cet ouvrage n'est pas une compil fourre-tout ou provocatrice mais qu'il recèle un réel effort de démonstration du phénomène.

Sado-Maçonnisme
IP:46.193.142.107
Invité
Posté le: 27/02/2015 à 21h45 - (115929)
"...des premières organisations à vocation internationale, de propagande nazie : Temple of infernal fire (où l’on retrouve à l’origine d’ailleurs Nergal de vous savez qui)..."

Du néo-nazisme aux rosicruciens.


Reflebe
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 22h47 - (115932)
Intéressante critique bien que parfois un peu indigeste. Je me permets juste une appréciations :

"Pour ma part, la musique – comme toute autre forme d’art – se suffit à elle-même ; elle se détache de son message."

Je dois admettre que je suis un peu agacé par ce genre de raisonnement que je lis de plus en plus souvent sur ce webzine : Toute production artistique délivre nécessairement un message et est nourri par des affects individuels et des déterminismes sociaux divers. L'art pour l'art, détaché de tout phénomène extérieur et presque auto-déterminé, je ne peux pas y croire. Le cas de Wagner est intéressant pour ça : sa musique est aussi une production de son époque, et si Nietzsche la critique aussi violemment c'est (entre autre) parce qu'elle est une représentation d'une Allemagne qui le révulse politiquement. Pour prendre un autre exemple, littéraire cette fois, l’œuvre de Tolkien qui ne contient pas de messages politiques à proprement parler est malgré tout l'expression d'un rapport au monde, à l'homme, à un système de valeur... Qu'on n'y adhère ou non n'enlève rien au plaisir qu'on peut avoir à ce confronter à ses livres. Mais les ignorer ne me parait pas possible, justement par qu'il nous interroge sur nos propres rapports de valeurs. ça me parait d'autant moins cohérent que ce livre me parait être, selon la description que tu en fais, une froide et scientifique contextualisation historique, politique et sociale du mouvement NSBM.

Ennemi
IP:88.127.158.10
Invité
Posté le: 02/03/2015 à 11h32 - (115957)
"nianiania j'écoute les groupes mais partage pas leurs idées"
putain mais qu'on s'en branle, tjs à se justifier, tjs être "propre" passke lénaziCpakewl!

Strat
Membre enregistré
Posté le: 02/03/2015 à 12h45 - (115958)
Il me tarde de recevoir le livre, généreusement offert grâce au jeu concours de VS, afin de me faire mon propre opinion sur ce livre !

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 05/03/2015 à 09h09 - (115979)
Je l'ai reçu moi ;), merci vs, donc je le lis et je reviens ici.

Jus de cadavre
Membre enregistré
Posté le: 10/03/2015 à 10h45 - (116031)
Reçu hier, je m'y attaque !

lordovdoom
IP:212.166.30.11
Invité
Posté le: 18/03/2015 à 07h38 - (116133)
cèdénazi !

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 18/03/2015 à 14h35 - (116147)
Oui c'est clair que ce sont des nazis, des guignols qui se sont rendus compte que le satanisme ne fait plus peur à personne. J'en suis à la moitié, le livre se lit bien, il est très instructif sur certains sujets, je continue!

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