AS WE DRAW - Mirages (Throatruiner) - 08/12/2014 @ 07h32
Chef de file de la clique Sauvé de Laval, AS WE DRAW a mis le temps pour présenter son nouvel LP mais vu l’activité des trois gus ça n’a rien d’étonnant. Pourtant entre le premier album et celui-ci rien n’a changé mais, en même temps, tout a changé. AS WE DRAW ne s’est pas mis a jouer du War Metal, non, ils restent fidèle à leur ligne de conduite post hardcore influencée par Cult Of Luna (c’est d’ailleurs Magnus Lindberg qui s’est occupé du mestering de « Mirages ») mais en ajoutant des détails qui à l’écoute du disque prennent toute la place et changent tout sans pour autant ne rien changer. C’est un peu abscons comme formulation, j’en conviens, mais pourtant c’est ce qu’on ressent à l’écoute de ce disque. On retrouve AS WE DRAW avec le son, l’image que l’on connaît mais dans le même temps on perçoit aisément que le groupe a mûri, a progressé dans tous les domaines. Pas de doutes là-dessus, l’expérience accumulée dans leurs divers projets annexes ont nourri la bête AS WE DRAW. De toute évidence les lavallois ont musclé leur jeu, Robert.

Rien qu’en regardant l’artwork, on sait où on met les pieds et les oreilles. Ce sera contrasté, ce sera épique, ce sera beau et violent à la fois, chaud et froid. Puis « The Window » démarre et on retrouve le groupe que l’on connaît, dès les tout premiers accords de guitares, typiquement postcore certes, mais personne ne les joue comme AWD. Ils parviennent à ajouter plus de vérité, plus d’émotions, à rendre les cordes dures comme l’acier et fragiles comme le cristal. Cette dualité est au cœur de leur musique et imprègne « Mirages ». « The Window » est une ride au pays du post hardcore, montées en puissance épiques, descentes brutales, atmosphères torturées, changeantes, nuageuses, plombées mais magnifiques. Un morceau à tiroir vaste et fouillé auquel vient s’ajouter des nappes de synthés et une voix cassée, cassantes, en totale adéquation avec la musique. Premier morceau et déjà une des pièces maîtresses de ce disque qui demandera du temps et de l’investissement pour se laisser approcher et appréhender. « Mirages » semble noyé dans une brume constante au sein de laquelle il est nécessaire de prendre ses repères afin de ne pas s’égarer. « The Window », lui, fait office de phare dans le brouillard. Sa présence sera là, tout au long du disque. Rassurante et inquiétante.

L’ombre de Cult Of Luna plane évidemment sur AS WE DRAW, les synthés rappellent ceux du dernier album des suédois, ils ont la même froideur presque clinique mais qui, ici tranche avec le bouillonnement hardcore d’un titre comme « Losing Ground ». Leur son est plus organique, plus vivant que sur leur premier disque. On retrouve, sans surprises, Amaury Sauvé à la production ce qui est un gage de qualité quant à la teneur du son compact et clair, il fait honneur aux ambiances variées proposées par le groupe qui s’impose comme un culturiste qui lirait du Pasolini dans le texte. Musclé mais fin, cultivé parce que parfois dans le postcore on a tendance à trop en faire dans le pathos ou le chichiteux, ce qui n’est pas le cas d’AWD qui sait sortir les muscles et les gros riffs quand c’est nécessaire comme sur « Blackmail ». On a parlé de Cult Of Luna, influence omniprésente mais on trouve aussi des races d’Envy, les maîtres japonais du screamo.

« Mirages » est un album vraiment dense, insaisissable dans la succession des atmosphères et des parties musicales qui s’enchaînent sans cesse, entre fureur et apaisement, clarté et obscurité, quelques petites plages axées « ambient » pour respirer, remettre de l’ordre, se situer, avant de replonger dans les remous de « Fata Bromosa » pour terminer par se perdre à nouveau dans « Limbo », plage de fin noisy, ambient, expé mais heureusement, on se retourne on regarde autour de soi et on voit au loin briller « The Window », on retrouve son chemin et on s’y replonge. Avec délectation. Avec « Mirages », AS WE DRAW élève son niveau d’un cran, poursuit sa route, il ne reste plus grand-chose pour en faire la référence en termes de post hardcore. Peut-être juste à simplifier un poil sa musique et a se débarrasser de cette influence encore un poil trop prégnante de Cult Of Luna. Ok, ça peut paraître dur, ça l’est peut-être un peu en effet, mais on attend tellement d’eux qu’un peu de pression ne fait pas de mal. Il faut être dur avec les gens talentueux, et eux, le sont assurément. « Mirages » en est la preuve éclatante.



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Rédigé par : Seb On Fire | 16.5/20 | Nb de lectures : 10149




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Commentaire
fullbordell
Membre enregistré
Posté le: 08/12/2014 à 21h37 - (115101)
Tuerie.



philresist
Membre enregistré
Posté le: 09/12/2014 à 16h32 - (115106)
je ne vois pas le rapport entre cult of luna et le hardcore ...neurosis oui mais qui a inspiré cult of luna?



daminoux
Membre enregistré
Posté le: 10/12/2014 à 13h06 - (115114)
je suis pareil. je ne vois pas de COL ici. breach serait plus proche de la réalité

BassFrog
IP:94.31.240.106
Invité
Posté le: 16/03/2015 à 18h49 - (116096)
Il m'en aura fallu du temps pour l'assimiler celui-là... Mais putain que ça en vaut la peine !!!

Je l'ai trouvé bien différent du premier LP, beaucoup plus fin, beaucoup plus sombre, mais beaucoup plus beau à la fois. Abouti, c'est le mot.

Avec ce disque, AS WE DRAW se hisse sur le podium du "post" français, et le pire, c'est que c'est tout naturel avec eux.

Vu en Live il y a quelque chose comme 2 ans, c'était la baffe!!
Foncez!

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