AS LIGHT DIES - TLA Vol.I (MAA) - 23/12/2014 @ 09h32
J’avais commenté la chronique de A Step Through The Reflection, premier album de ce groupe espagnol sorti en 2007, mais au moment d’accepter le promo de leur troisième album je ne m’en souvenais plus. Ce qui a surtout titillé ma curiosité était notre étiquette « Avantgarde Atmospheric Math-Metal » balancée non sans controverse sur les news. Pour un groupe que j’ai eu tendance à prendre pour une ex-formation de Doom à cause de son nom, proche de DAYLIGHT DIES (oui c’est futile au possible mais bon…). Mon commentaire sur A Step Through The Reflection faisait plutôt état d’un « OPETH avec violon pas toujours juste et envahissant », mais AS LIGHT DIES c’est plus compliqué que ça, très compliqué même. Ces espagnols prennent à peu près tout ce qui leur passe sous la main dans un vaste registre de Metal mélancolique : doom, goth, sympho, prog, avant-garde, claviers, violons, growls, chant clair… et encore d’autres choses mais être exhaustif sera difficile. AS LIGHT DIES est quasiment impossible à étiqueter, même le galvaudé « Dark Metal » ne suffit pas, même si ça peut donner une idée car le groupe utilise pas mal d’éléments faisant généralement l’apanage de combos finlandais donnant dans le mélo/dark/doom/death. AS LIGHT DIES n’a d’ailleurs rien de bien espagnol, sauf peut-être dans l’approximation sonore en mode « seconde division ». Mais de ce côté, le groupe a bien évolué depuis A Step Through The Reflection qui apparaît aujourd’hui très brouillon et bancal. Ars Subtilior From Within The Cage, leur second opus sorti en 2010, montrait déjà une certaine évolution sur le fond et la forme mais c’est bien TLA Vol.I (pour « The Love Album », oui ça fait un peu HIM mais qu’importe) qui va mettre à jour toutes les capacités de AS LIGHT DIES.

Après un sample en introduction, le très bon "Orpheus Mourning" nous présente d’emblée les qualités du AS LIGHT DIES v.2014. La production fait très « Doom/Death hollandais ou norvégien du milieu des années 90 », ce qui n’est pas déplaisant, surtout que l’éminence Dan Swanö est au mixage/mastering et le tout est donc on ne peut plus authentique, tout en surpassant les productions des deux albums précédents. Le chant doom/death rocailleux lui aussi typé années 90 est prenant et fait mouche, et les compositions suivent la danse, entre belles mélodies et riffing plus complexe qui passe dans le monde du Death progressif et OPETH en particulier. Le chant clair pourrait être meilleur mais passe bien dans l’ensemble. Classique au niveau des influences mais original au niveau de leur assemblage, le Metal de AS LIGHT DIES est assez accrocheur même si pas forcément facile d’accès. "Together As One" voit l’apparition de claviers cotonneux et surtout des violons qui, si leur justesse n’est toujours pas totale, sont mieux intégrés que chez NE OBLIVISCARIS (niark niark niark niark) ; et le groupe se distingue par quelques passages plus musclés (blastants même !), preuve qu’il a de nombreuses cordes à son arc et peut surprendre à tout moment. AS LIGHT DIES a presque posé toutes les composantes de son style et continue tranquillou avec "Your Wake" aux bons riffs et aux beaux claviers. Mais les espagnols continuent à surprendre avec "Nemesis" : plus sombre, plus progressif, ce morceau introduit des riffs effectivement « Math » et un chant plus grogné et traficoté, pour des arrangements plus alambiqués parfois assez étranges. AS LIGHT DIES est difficile à suivre et à comprendre mais est en réussite dans son mélange des sous-genres assez personnel.

"Farewell From Distant Shores" va alors clore TLA Vol.I de manière plus épique et atmosphérique, et surtout magnifique (le départ claviers/chant clair (ici bien mieux maîtrisé) est un régal), tout en résumant tout ce qu’il a à proposer en termes de Metal. Ce 3ème opus est étonnamment moins long que ses deux prédécesseurs, 43 minutes alors que d’habitude on atteignait ou dépassait l’heure avec à la clé des morceaux bien longs (8-11 minutes). AS LIGHT DIES s’est limité et gagne en efficacité même si de petites longueurs subsistent, et que le style peut paraître moins riche qu’auparavant, donc partant moins dans tous les sens. Le groupe a surtout tout gagné avec cet opus, en capitalisant sur ses débuts pour proposer quelque chose d’assez abouti, même si le meilleur est probablement à venir. L’ensemble n’est pas facile à digérer et nécessite pas mal d’écoutes, mais dans son style inclassable AS LIGHT DIES parvient à s’en sortir, même s’il ne fera probablement jamais partie des plus grands. Un beau potentiel qui a accouché d’un bon album mêlant doom/death, avantgarde et Dark-Metal 90’s assez couillu, voilà le résultat de ce premier volet des albums de l’amour, étrangement sorti sur un label japonais spécialisé dans le DSBM. Que de chemin parcouru depuis A Step Through The Reflection pour un groupe espagnol qui mérite d’être connu (ce qui n’arrive pas souvent), et dont le Vol.II est désormais attendu comme un véritable aboutissement.




Rédigé par : ZeSnake | 15/20 | Nb de lectures : 9403




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Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 24/12/2014 à 21h34 - (115288)
Very good... :)

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