ASCENSION - The Dead Of The World (World Terror Committee/Season of Mist) - 11/02/2015 @ 08h37
4 ans pile après la claque qu’avait été Consolamentum, chef-d’œuvre de Black orthodoxe, ASCENSION est enfin de retour. Le groupe allemand toujours anonyme (qui prend cependant toujours la peine de citer tous les producteurs et contributeurs dans le livret) est un peu une sorte de Père Noël bissextile du Black-Metal vu que The Dead Of The World est sorti le 24 décembre 2014, tout comme Consolamentum quatre ans auparavant. Un Noël luciférien, sous le joug d’un Black occulte et résolument orthodoxe, peut-être pas autant que certains dans l’imagerie mais à 666% dans la musique. Sorte de croisement entre WATAIN et SECRETS OF THE MOON, ASCENSION est devenu en très peu de temps une des références du genre, se montrant même en Live même si ses performances sont diversement appréciées. Consolamentum n’avait pas fait l’unanimité (qui est capable de la faire en même temps ?), certains lui préférant la démo With Burning Tongues, mais ASCENSION a acquis une renommée plus qu’honnête en peu de temps. Quatre ans d’attente, c’est long et le groupe allemand est attendu au tournant, surtout qu’il sera difficile de faire mieux que Consolamentum, le défi est donc à relever. Défi toujours hébergé par le World Terror Committee même si Season of Mist s’est aussi entiché du projet en s’occupant de la sortie Nord-américaine, histoire qu’ASCENSION puisse conquérir le monde. Un monde dont les allemands vont cependant nous conter le déclin avec leur second full-length, The Dead Of The World.

En 4 ans, visuels et logo ont évolué, mais au niveau musical ASCENSION est resté le même. Enfin presque. La base est toujours la même : la collusion entre le Black occulto-progressif de SECRETS OF THE MOON et l’orthodoxie mélodique de WATAIN. La production, toujours prise en charge par Ar (SECRETS OF THE MOON, ODEM ARCARUM, SAEL) et C.A. (ODEM ARCARUM, ex-SAEL), garde cet aspect rugueux mais puissant propre à toute bonne formation de BM orthodoxe « Made In Necromorbous », mais toutefois clair et limpide surtout lorsque V. Santura (DARK FORTRESS, TRIPTYKON) se joint aux réjouissances. Les riffs, agressifs ou plus posés, font toujours le sel de la musique d’ASCENSION, auxquels se joignent des arpèges forcément orthodoxes et des mélodies que n’auraient pas renié DISSECTION. Les vocaux de… euh, du chanteur sont toujours aussi rocailleux, légèrement plus graves que sur Consolamentum. L’ambiance générale est toujours aussi rituelle et noire. Et une nouvelle fois l’ensemble n’est absolument pas original dans l’absolu mais la formation allemande a profité de ces 4 années dans l’ombre pour rester inspiré dans ses compositions. Et The Dead Of The World va alors se présenter comme un album plus réfléchi, plus mûr, même si Consolamentum était déjà totalement abouti. ASCENSION va alors allonger ses morceaux, laissant de côté l’aspect immédiat qu’avaient eu des œuvres comme "Rebellion Flesh", "Grant Me Light" et "Fire and Faith", et les 7 morceaux (pour 54 minutes) de The Dead Of The World seront alors à prendre comme un bloc. Un album moins accessible, plus difficile à aborder et à apprécier que Consolamentum qui avait conquis dès les premières écoutes, mais un album non dénué d’intérêt et certainement pas un album raté, même si dépasser le précédent opus relève bien évidemment de la gageure.

Pas d’intro à la "Open Hearts", "The Silence of Abel" nous plonge directement dans le sujet avec des riffs posés à la SECRETS OF THE MOON, avant que les assauts de BM orthodoxe ne prennent place grâce à des riffs à la fois très accrocheurs et pesants. Très proche mais en même temps différent de l’art de Consolamentum, "The Silence of Abel" est d’entrée la grande réussite de The Dead Of The World et signe un départ en fanfare pour le groupe allemand. Les riffs sont monumentaux, les mid-tempo sont prenants, les accélérations particulièrement violentes, les trémolos déjà libérateurs, le chant est possédé comme jamais. "Death’s Golden Temple" emboîte le pas à cette tuerie avec un aspect plus posé, donc plus sombre, plus rituel, plus occulte. Les mélodies d’entrée et les mid-tempo parfaitement dosés prouvent que ASCENSION a tout compris au genre Black orthodoxe et qu’avec des montées d’ambiance, des moments de folie et quelques riffs et arpèges bien noirs et inspirés (ces rythmiques passées 6 minutes, mon Satan), il se pose facilement comme une référence du style. "Black Ember", avec ses passages furieux entrecoupés de splendides montées épiques, rappelle l’énormissime "Grant Me Light" et là aussi les riffs croustillants sont au rendez-vous. "Unlocking Tiamat" se pose ensuite comme la pièce la plus rituelle de The Dead Of The World, pas de la même manière qu’un "Rebellion Flesh" certes mais là aussi avec des arpèges et leads en veux-tu en voilà, des guitares de premier choix et du chant halluciné ASCENSION sait comment poser une ambiance de messe noire en quelques minutes. Le single "Deathless Light" (single de 8 minutes tout de même) est le morceau le plus classique de cet album, mais il prouve qu’à défaut de se réinventer, ASCENSION a su conserver son efficacité et sa classe, entre agression et epicness. Même chose pour "The Dark Tomb Shines" qui lui s’offre à nouveau quelques riffs mordants et des moments d’un occultisme assez sidérant. Et pour terminer, tout comme avec le morceau-titre de Consolamentum en son temps, ASCENSION va s’échiner à résumer son propos pour le final de The Dead Of The World qu’est "Mortui Mundi", tout en jetant ses dernières forces dans la bataille avec à la clé des élucubrations guitaristiques de génie, un chanteur qui se lâche, de l’efficacité BM et bien évidemment tout le meilleur du Black orthodoxe en 10 minutes.

Consolamentum a, de mon avis, marqué au fer rouge la scène Black orthodoxe pour quelques années et donc le verdict sera simple : The Dead Of The World est moins bien. ASCENSION a changé deux-trois petites choses, mais n’arrive pas à dépasser son glorieux premier album, aux morceaux plus marquants dans l’ensemble, excellents de bout en bout et ne souffrant pas des quelques légères longueurs qui émaillent The Dead Of The World, logique quand les compositions s’allongent. Mais rien de bien méchant et surtout rien de décevant. The Dead Of The World n’en est pas moins une bombe de Black-Metal orthodoxe et le groupe allemand est toujours en forme, s’étant fait désirer il n’a pas cédé à la facilité et a accouché d’un album moins percutant mais tout de même grandement convaincant. ASCENSION reste toujours très proche de ses influences, pour un album à la fois plus SECRETS OF THE MOONien et plus WATAINien que son prédécesseur, mais la formation allemande a néanmoins sa propre patte même si cela n’est pas évident quand on prend ses œuvres à la va-vite. Consolamentum était monumental, pour le dépasser le groupe devra se renouveler et proposer quelque chose d’unique, et si ce schéma se produit The Dead Of The World fera office d’excellent album de transition. Des riffs tranchants, une atmosphère occulte et noire toujours aussi prenante grâce au chant et aux arpèges, et une inspiration sans grande faille émaillent cet album qui nécessite toutefois plus d’efforts de la part des auditeurs tant l’ensemble est plus monolithique, donc moins direct, qu’un Consolamentum. ASCENSION a donc fait mieux mais reste en grande réussite, The Dead Of The World ne sera pas à contrario de Consolamentum « l’album de l’année sorti trop tard pour figurer dans le best-of annuel » (de toute façon cette année il aurait été très difficile de déloger KRIEGSMASCHINE qui a à mon sens marqué le BM orthodoxe pour plusieurs années, comme… Consolamentum en son temps), mais il convient bien évidemment de préciser que cet album fait partie des indispensables pour tout amateur de Black orthodoxe, genre dont ASCENSION est un des avatars les plus talentueux sur le marché.




Rédigé par : ZeSnake | 16.5/20 | Nb de lectures : 10080




Auteur
Commentaire
Nokturnus
Membre enregistré
Posté le: 11/02/2015 à 11h03 - (115675)
"un album à la fois plus SECRETS OF THE MOONien et plus WATAINien que son prédécesseur" moi ca me donne pas envie :(

XYZ
IP:109.221.13.234
Invité
Posté le: 11/02/2015 à 16h11 - (115686)
Pas vraiment d'accord avec les comparaisons personnellement. Après une dizaine d'écoutes je le trouve plus complexe que le précédent, ce qui va le faire durer plus longtemps pour ma part. J'ai adoré le premier mais je m'en suis vite lassé.

XYZ
IP:109.221.13.234
Invité
Posté le: 11/02/2015 à 16h12 - (115687)
Pas vraiment d'accord avec les comparaisons personnellement. Après une dizaine d'écoutes je le trouve plus complexe que le précédent, ce qui va le faire durer plus longtemps pour ma part. J'ai adoré le premier mais je m'en suis vite lassé.

Ennemie
Membre enregistré
Posté le: 12/02/2015 à 07h13 - (115691)
Effectivement très loin de With Burning Tongues, mon préféré, loin devant le premier album déjà.... Pas mauvais, il va falloir que j'écoute quand même plus attentivement.



Bernard
Membre enregistré
Posté le: 12/02/2015 à 15h41 - (115696)
Me plait plus que 'Consolamentum' à priori. A approfondir.

Sinon tout à fait d'accord avec l'affirmation concernant Kriegsmaschine. Enorme album!

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 16/02/2015 à 19h48 - (115756)
M'a pas autant convaincu que ça cet album alors que "Consolamentum" m'avait filé une belle petite claquasse...



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