ART 238 - Atavism (Autoproduction) - 02/02/2015 @ 07h38
ART 238 fait partie de ces projets qui, s’il sont relativement confidentiels, mériteraient une plus grande exposition et reconnaissance rien que grâce à l’originalité de leur style. Le groupe cherbourgeois donne dans un mélange assez singulier de Brutal Death et de Metal Indus, qui s’il n’est pas non plus totalement inédit (THE BERZERKER, TRISTWOOD), est tout de même plutôt personnel dans son apparat apocalyptique au concept nucléaire. Avec sa seconde démo Guarantying Peace Or Prophet Of War ? (2006) et son premier album Empire Of The Atom : A Scienterrific Tale (2007), ART 238 avait proposé des bases prometteuses dans un style tordu mais efficace, comme une version Death d’un BLACKLODGE. Mais depuis, le groupe n’a rien sorti et s’est hélas presque fait oublier. Il a fallu l’arrivée dans le groupe de Damien (HKY, IMMEMORIAL) et de son label Cold Dark Matter Records (bien que le groupe soit à la recherche d'un label) pour relancer le réacteur nucléaire, 7 longues années après Empire Of The Atom. Atavism est alors un nouveau 3-titres qui va réactiver ART 238 avec la manière, le groupe va remettre en avant de nouvelles promesses.

On reconnaîtra facilement le style de ART 238 qui avec les années s’est bien éloigné de sa première démo de Brutal Death foufou qu’était The Irradiated Mutants From Nuclear Hell. Au programme on retrouve donc ce Death Indus bourrin à la BAR apocalyptique, aux vocaux death et black trafiqués, et au fond bourré de samples ce qui confère une ambiance toujours assez particulière. L’arrivé de Damien a fait changer quelques petites choses à ce fond d’ambiance électronique, plus apocalyptique et maîtrisé que jamais. Ce qui va amener une évolution dans le son d’ART 238, un peu moins expéditif qu’avant, plus réfléchi mais sachant toujours envoyer la sauce. Outre un côté Black-Indus plus prononcé, le groupe pose ses compositions, joue avec les atmosphères créées, notamment grâce au dosage des chants. L’art d’ART 238 semble donc totalement maîtrisé et Atavism pourrait bien poser les bases d’un second album sensationnel. Trois morceaux pour un peu plus de 21 minutes, qui débutent par les 8 minutes de "Regressive Evolution", ou l’on sent dès le départ l’inspiration des musiciens pour pondre un Death Indus varié, qui pose quelques riffs tranchants et martiaux, des breaks dissonants mais surtout des accélérations mordantes aux accents Death/Black, avec les samples nous avons l’impression d’avoir affaire à un THE AMENTA suragressif ou un TRISTWOOD moins bordélique. L’effort est prolongé par le plus blackisant "Mephetic Manifesto", où l’aspect industriel de ART 238 est plus percutant que jamais, et où l’ambiance futuriste est à son paroxysme, pour un morceau assez jubilatoire. Mais la pièce maîtresse de Atavism se nomme "Sons of the Atom (S.O.T.A.)", directement appelée à devenir l’hymne de ART 238. Le riffing implacable, presque « à la polonaise », fait mouche et la collusion entre l’efficacité de ces riffs et tout le trifouillage industriel est assez ultime en son genre. Slo (SMOHALLA) se joint même aux réjouissances pour ce qui est le morceau vraiment marquant de la carrière (de 14 ans tout de même) de ART 238.

ART 238 qui a donc posé de nouvelles bases, a fait évoluer son son, pour relancer sa carrière avec 21 minutes de nouvelles promesses, l’ébauche d’un nouveau programme nucléaire qui va faire trembler les nations unies. 21 minutes, c’est peu surtout pour ceux qui ont attendu 7 ans après Empire Of The Atom, aussi il va falloir bien vite confirmer tout ça avec un nouveau full-length, même si dans l’absolu Atavism peut se suffire à lui-même. Avec un son peut-être un peu trop rugueux pour le style, d’habitude volontairement synthétique, Atavism se distingue surtout par son ensemble Death/Indus parfaitement goupillé, mais compositions et arrangements valent le détour et avec un morceau comme "Sons of the Atom" le groupe dévoile un potentiel certain pour créer du tube Indus imparable. ART 238 ne m’avait pas spécialement convaincu jusque-là (quand c’est trop du gros Brutal, ça passe mal chez moi), mais la mise en avant de son côté industriel et son aspect moins bourrin que par le passé change la donne. ART 238 est en réussite et, une fois qu’il aura confirmé l’excellence de Atavism sur album, pourra aisément figurer aux côtés de THE AMENTA et consorts.




Rédigé par : ZeSnake | 8/10 | Nb de lectures : 9000




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