APHONIC THRENODY - When Death Comes (Doomentia) - 16/12/2014 @ 07h51
Je le dis et le répète, j’aime le funeral doom et le doom/death, ces si beaux styles, si exigeants. Et Aphonic Threnody en est, depuis son EP First Funeral, un beau représentant, mais qui doit néanmoins encore faire ses preuves.

Et on peut dire que ça tombe bien puisqu’ils nous présentent leur premier LP, When death comes, après un EP et deux split. Le line-up fleure bon la bonne surprise puisqu’on y retrouve des membres de Arcana Coelestia, Urna et Locus Mortis, dans une joyeuse consanguinité.

"The Ghost’s song" donne le ton. Il sera lourd, mais pas abyssal. Si la voix est conforme aux canons du genre – en moins nettement remarquable tout de même – le propos est lui plutôt diversifié. Le funeral de Aphonic Threnody est en effet parsemé de leads aériens qui l’enluminent. Les voix claires ont également la part belle, comme dans le dernier Arcana Coelestia. Leur alternance avec la voix growlée s’articule bien – moins que dans le Arcana cependant à mon goût – et offre un joli contraste au morceau. Plus que funeral, la musique d’Aphonic Threnody prend ici des accents beaucoup plus doom/death. L’emphase n’y est guère de mise ; le groupe table plutôt sur des tempi lents et des descentes dans les profondeurs qui privilégient les aspects les plus progressifs de ce type de doom plus que sur les ambiances à proprement parler. Encore que. "The Ghost’s song" n’en est pas non plus totalement dépourvue. Mais il est quand même à noter que l’aspect progressif – toute proportion gardée – est nettement accentué sur cet album par rapport à First Funeral ("The Children’s sleep").

"Death Obsession", le second titre (17’ quand même), prend des chemins de traverse. Son entame inquiétante, légèrement planante, avec ses petits accords au piano, laisse augurer du calme avant la tempête. Comme souligné ci-dessus, les morceaux sont diversifiés, ce qui est plutôt un compliment et une gageure dans ce style de doom très codifié. Le morceau traîne son intro en longueur sans que l’on sache où le groupe veut en venir, les accords tristes au piano montant en puissance durant plus de trois minutes. Puis viennent les accords de gratte, tout aussi tristes, très lents, qui renforcent la mélancolie du titre (le départ de "The Children’s sleep" aussi). Là encore, la construction rapproche davantage le groupe de la scène doom/death plutôt que du genre funeral. Car si le propos n’est pas abyssal, le son organique étant satisfaisant sans être démentiel, il reste néanmoins relativement lourd. Mais pour la première fois, on peut discerner, selon moi, des passages plus dark, plus rock sombre à la Katatonia époque Dance of december souls (vers les 6’ et suivants), ce qui participe encore de la diversification des titres évoquée plus haut et des respirations bienvenues apportées au titre.

Par rapport au EP, on regrettera cependant une certaine forme de « confort » et de banalisation des bonnes idées. Si les titres sont relativement riches et bien construits, une certaine redondance apparaît dès "Dementia". On regrettera une certaine sagesse également – qui existait déjà sur First Funeral. Ou, pour être plus exact, une forme d’impuissance à hausser le niveau. Comme si leur doom/death, plaisant, s’avérait à un moment inoffensif. "Death Obsession" est ainsi bien trop long pour maintenir l’attention durant 17 minutes, la faute à des attaques trop molles. L’entame de "Dementia" se traîne un peu, sans apporter grand-chose au bousin. Le son manque de profondeur. La voix, un peu générique, apporte trop peu de variations. Dommage.

Dommage car idées, plaisir, il y a (le beau "The Children’s sleep", la belle intro au piano sur "Our way to the ground", qui dégage une vraie mélancolie). Mais noyés dans des compos un peu redondantes, un peu « classiques ». L’effet de surprise (pour ma part, mais pas généralisé à la presse spécialisée doom) du EP est passé. Aphonic Threnody laisse une sensation étrange ; celle d’un groupe qu’on désire mais qui laisse, une fois le disque mis dans la platine, ton instrument en position demi-molle. En somme, du doom/death qui préférerait copuler avec Paradise Lost qu’avec Sempiternal Deathreign.

Arf.




Rédigé par : Raziel | 13/20 | Nb de lectures : 9604




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