ANCHOR - Distance & Devotion (Gaphals) - 02/11/2015 @ 07h34
Il y’a des accouchements qui sont plus longs ou plus douloureux que d’autres. Celui de « Distance&Devotion » fait partie de ceux là. Le petit était bien au chaud à l’abri dans le bidon de ses géniteurs et a mis près de 18 mois à sortir. Mais tout va bien, il a crié, il a bougé, il était en pleine forme, juste un peu endormi. Et ces traits de caractères vont le suivre durant toute sa vie. « Distance&Devotion » braille comme il veut, gesticule bien comme il faut mais souffre d’un petit état de flemme généralisé. Enfin, pas vraiment de flemme, mais d’un peu de mollesse, de léthargie par moments, comme si ses muscles s’étaient atrophiés à force de rester dix-huit mois là-dedans.

Le troisième disque des australiens s’écoute très agréablement, entre mélodie et violence, quelque part entre l’équipe Verse/Have Heart et la team Comeback Kid de l’autre. Le tout sous le signe du straight edge tendance vegan. Outre ces deux grands courants d’influences, on trouve aussi quelques passages plus rock, plus punk aussi. Sur « To Hell and Back » notamment et son final plus atmosphérique, presque tragique. ANCHOR envoie de bons morceaux mais toujours un peu trop longs, un peu trop calibrés, un peu trop propres sur eux. Pas désagréables du tout mais trop inoffensifs.

On voit très bien où les suédois veulent en venir et ils y vont d’ailleurs mais le voyage n’est guère passionnant parce que trop balisé. Celui qui a déjà écoute un album des groupes précités aura forcément un tour d’avance sur ce « Distance&Devotion » qui ne sort jamais des sentiers battus malgré un morceau appelé « Roads Unknowkn ». L’ensemble sonne comme du hardcore made in Bridge9 période 2009-2010, entre « modern hardcore » à la Defeater/Ruiner et ersatz de Champion. Il lui manque la tristesse et la violence contrastée des émotions pour être digne d’un Ruiner tout comme l’énergie punk d’un Champion ou des Comeback Kid première époque. Là, ils se situent au milieu, le cul entre deux chaises. Les suédois sont les François Bayrou du hardcore, de grandes ambitions mais pas tous les moyens de les réaliser. Il en résulte un groupe sympathique mais malheureusement trop inintéressant sur la longueur que pour convaincre.

Même topo au niveau du son général et de la production. C’est très (trop) propre, sans aspérités, sans les saletés ou les petits défauts qui font la beauté des grands disques du genre. Il n’en reste pas moins quelques bons titres ("Loosing Faith", "Survive", "Hope Dies Last") mais rien de véritablement transcendant pour les habitués du style qui trouveront bien mieux ailleurs, dans les groupes suscités notamment.



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Rédigé par : Seb On Fire | 12/20 | Nb de lectures : 6864




Auteur
Commentaire
CromCruach
Membre enregistré
Posté le: 02/11/2015 à 14h00 - (118512)
Entièrement d'accord avec ta chro.

"Les suédois sont les François Bayrou du hardcore" : excellente celle-là !!!



xmaxx TOOTH
IP:86.71.100.5
Invité
Posté le: 06/11/2015 à 13h13 - (118570)
Le groupe qui a malheureusement pour lui toujours eu un train de retard sur les 'headliners'. Le skeud pêche un peu par un trop plein de propreté et de remplissage justement.

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