AKROMA - La Cène (Fantai'Zic/Absilone/SED) - 06/05/2014 @ 07h56
Après Sept (2006) et Seth (2009), AKROMA n’aurait pas eu beaucoup d’autre choix que de consacrer son 3ème opus à la ville de Sète, ce qui n’est pas très Black-Metal (à moins de considérer que Brassens avait pu pondre quelques textes un brin blasphématoires), ni foncièrement religieux d’ailleurs. Car le collectif nancéien a toujours opté pour des concepts très poussés inspirés des religions et La Cène ne va pas déroger à la règle. On monte d’ailleurs dans les compteurs : après les 7 péchés capitaux (Sept) puis les 10 plaies d’Egypte (Seth), voilà les 12 apôtres de la Cène. Est-ce qu’un jour AKROMA en viendra à consacrer un album aux 40 jours du Carême, difficile à priori, il faudrait proposer au moins un double album ou faire du Grind. AKROMA est toujours ambitieux et travaille ses concepts avec précision, encore plus pour cet album d’ailleurs. Quant à la musique, elle, elle reste finalement la même.

AKROMA pratique donc toujours un Black sympho très années 90 (les claviers en sus), teinté de Heavy-Metal, agrémenté de chant féminin et de quelques passages à cordes. Le groupe reste plutôt frénétique, avec des guitares cependant plus mélodiques que tranchantes, et n’est pas du genre à balancer des breaks Disney ou à se la jouer atmo. Et, comme toujours, il y a le fameux chant strident d’Alain Germonville. On aime, on aime pas, mais c’est ce qui semble faire une grande partie de l’identité d’AKROMA et il faut faire avec. Personnellement, je trouve qu’une fois que l’on est plongé dans l’album, on arrive à s’y faire facilement même si les premières écoutes sont parfois insupportables. A la limite, le problème n’est pas le ton aigu du chant en lui-même (après tout, le chant suraigu de Dani Filth sur des albums de CRADLE OF FILTH comme Dusk And Her Embrace n’a jamais été unanimement critiqué), c’est qu’il ne s’arrête presque jamais et ne présente aucune variation, c’est tout le temps la même chose. D’ailleurs sur La Cène cela nous donne des textes longs comme le bras, liés au concept de l’album dont chaque morceau est titré par le nom d’un apôtre. Je ne vais pas m’étendre sur les textes que je vous laisserai découvrir, mais le concept de La Cène va amener un peu (un petit peu) de variation à ce Heavy-Black symphonique.

Nous vous en avions largement parlé dans les news, chacun des 12 morceaux de La Cène nous présente un guest aux vocaux, incarnant un des 12 apôtres. En plus du bon chant féminin de Laura Kimpe, ces interventions viennent donc couper le sifflet d’Alain une fois par morceau. On ne va pas refaire la liste et disséquer une à une les participations d’ailleurs assurées par quelques chanteurs de groupes lorrains (LA HORDE, DEFICIENCY, MORTUARY…) et des gros groupes français (MISANTHROPE, SETH, WORMFOOD…), mais chaque guest fait bien son office et l’apport est significatif, montrant que le concept de l’album est fait avec classe et application. Du reste, le Black symphonique et mélodique d’AKROMA est plutôt plaisant, un peu old-school (de nombreux moments et en particulier le morceau "Thomas" font très LIMBONIC ART) mais aussi un peu vieillot, jusque dans cette production où guitares et batterie manquent de mordant. Mais 12 morceaux pour 74 minutes, cela fait beaucoup et aucun morceau en particulier ne se dégage, d’autant que claviers et autres apparats symphoniques ne sont finalement pas très variés et étoffés. Heureusement il n’y a aucune piste faible et malgré sa linéarité La Cène n’est pas ennuyeux ou lassant, AKROMA gagne donc à rester à l’essentiel en termes de Black mélo/sympho, mais vu le concept ambitieux on pouvait s’attendre à ce que la musique suive en sortant un peu des clous ou en variant plus son propos (surtout quand on voit que sur la toile le groupe est souvent qualifié de « progressif »…).

La Cène est donc un album correct mais AKROMA ne se lâche pas, restant dans la lignée de Sept et Seth, appliquant encore et toujours la même formule sur ces 12 morceaux supplémentaires. Le concept et l’emploi des invités qui en découle est à saluer, mais il aurait mérité d’être encore plus exploité au niveau musical, La Cène se résumant hélas à du Black sympho lambda un peu Heavy. Cela reste du Black sympho un minimum inspiré et bien composé, avec des bons riffs et des mélodies parfois enivrantes, mais en termes de Black sympho il faut peut-être en faire plus pour se démarquer, ou alors donner dans l’old-school ce que AKROMA fait aussi. La Cène est donc un album qui a un peu le cul entre deux chaises, et quand il y a 12 chaises, ça fait beaucoup de culs à placer. Ceux qui sont intéressés par le concept religieux se plongeront dans les paroles très riches, les autres (dont moi…) se contenteront de ces 74 minutes de Black sympho plaisant mais loin d’être révolutionnaire, à condition de pouvoir encaisser le chant si particulier d’Alain. Attendons quelques temps pour savoir si le nouvel album de MALEFICENTIA fera mieux.



http://akroma-metal.net - 150 visite(s)


Rédigé par : ZeSnake | 13.5/20 | Nb de lectures : 14891




Auteur
Commentaire
Francis Hallal
IP:82.225.147.60
Invité
Posté le: 06/05/2014 à 10h54 - (112016)
La vache ! Ca doit faire quinze ans que j'ai pas entendu et vu un truc similaire. Même quand c'était à la mode, ce genre de groupe était complètement ridicule, alors aujourd'hui, j'ai envie de dire que c'est ringard mais le mot est trop faible

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