AGONY FACE - CLX Stormy Quibblings (My Kingdom) - 30/01/2014 @ 07h31
Ahhhh le charme des groupes italiens, avec eux tout est possible car on peut tomber sur des formations d’une médiocrité absolue comme sur des pépites absolument méconnues et qui ne mériteraient qu’un peu plus de publicité et de distribution. Il est vrai qu’en 2013 on a eu droit chez nos amis transalpins à du très bon (Veratrum, Ade) jusqu’à du très mauvais (ZeSnake peut en témoigner avec son groupe favori Secretpath).

Sorti en fin d’année 2013 le deuxième album des milanais d’Agony Face (formation fondée en 2004 et qui se qualifie comme pratiquant du death-metal surréaliste) est tout simplement une très grosse claque.

On se demande dans quel univers on va tomber car rien que ce terme de surréaliste (si l’on s’en réfère à ces célèbres membres où l’on trouvait Salvador Dali, Luis Bunuel ou encore Marcel Duchamp) nous montre que l’on peut s’attendre à tout. En effet c’est le cas et déjà rien que par la pochette magnifique qui accentue ce côté mystérieux où l'on voit cette machinerie tomber dans un genre de cratère de volcan gardé par des moaï de l’Île de Pâques.

Le groupe aime ratisser large dans ses influences car il mélange aussi bien Cynic et Pestilence, que King Crimson et Marillion, le tout avec la technique de Death et la brutalité moderne d’un Immersed, du coup tant de goûts différents au sein du quintet peut paraître surréaliste justement, mais c’est à la fois tellement barré mais aussi d’une cohérence incroyable que l’on ne peut que rester bouche bée devant cet opus.

Tout au long de ces 42 minutes les italiens retournent notre cerveau et nos oreilles dans tous les sens tant la technique et la cohésion sont là, le tout aidé par une production énorme et où ce mur sonore arrive à mettre en valeur tous les instruments grâce à un mixage parfaitement équilibré.

L'album met totalement en valeur les différents goûts du quintet, d'un côté on trouve les morceaux très brutaux et rentre-dedans, c'est le cas avec "XVI - The Sublimation" qui ouvre les débats et où l'on voit de suite qu'ils aiment jouer avec les rythmes et les ambiances, et l'on retrouvera cela sur toutes les autres plages suivantes, à savoir des parties directes et brutales, des solos mélodiques, des passages en blast, d'autres plus mélodiques, voire progressifs et planants. Déjà ce premier morceau tient toutes ses promesses en incorporant tous ces éléments mais avec une totale homogénéité, chacun venant pile au moment où il faut et ne se fait pas au dépend de l'ambiance et de la composition, ça n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe mais pile où il faut. Il faut attendre la seconde partie pour trouver des morceaux si énergiques avec "XI - Sophisticated Telescopes" très brutal et où Alessandro à la batterie nous sort une série de cassures et de contretemps et l'on en a mal pour lui tellement c'est violent, précis et implacable, agrémenté malgré tout de quelques passages planants et mélodiques d'une grande beauté. "Golden Waterfalls Part IX" n'est certes pas le titre le plus brutal car les guitares nous sortent différents arpèges à la fois progressifs et mélancoliques qui durent à peine 2 minutes et s’enchaîne avec "Golden Waterfalls Part VI" presque deathcore et qui lui aussi dure à peine 2 minutes et où là encore Alessandro joue à une vitesse supersonique.

A cela on ajoute "XVIII - Into the keyhole" où après un coucou annonçant la nouvelle heure on a droit à toute l'étendue et panel du quintet : double jouée à toute allure, cassures, ralentissements brutaux, blasts ravageurs, solo mélodique, basse ronflante et des guitaristes jouant plus progressif dans la seconde moitié du titre.

"XIV - Ice, smoke and horses" est certainement le chef d'œuvre attendu, les gratteux font un travail admirable durant les 7 minutes, le batteur nous sort tout l'éventail de son talent, on a même droit à des passages acoustiques que n'aurait pas renié Paco de Lucia, agrémenté d'un jeu presque jazz et de nappes de claviers très spatiales et on obtient une perle.

D'ailleurs niveau expériences ils se permettent même de conclure sur "XII - To (t)ruts the T(rust)" avec du free-jazz et même de la trompette faisant penser au regretté Maurice André.

Un disque qui va relever la moyenne italienne du metal pour quelques temps c'est indéniable et Agony Face est-il le nouveau grand nom du metal italien ?? Possible oui, en espérant qu'ils aient l'occasion de se montrer et d'exprimer leur art un peu partout sur scène. Ce qui est sûr c'est que cet album va demander un sacré paquet d'écoutes tant il est vaste à explorer et comme l'Espace il y'a beaucoup à découvrir dessus.




Rédigé par : GabinEastwood | 16/20 | Nb de lectures : 11551




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Commentaire
Moulinexxx
Membre enregistré
Posté le: 30/01/2014 à 11h03 - (110833)
Musicalement ça a l'air d'envoyer grave en effet, par contre malheureusement je ne suis pas trop fan du chant.

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