AGAINST THE PLAGUES - Purified Through Devastation (Non Serviam) - 02/05/2016 @ 07h39
La vie en général (et celles des groupes en particulier) n’est jamais un long fleuve tranquille, une nouvelle fois le dicton s’avère exact car l’histoire du combo de Chicago n’est pas des plus faciles, car après sa création en 2005 sous le nom d’AGAINST (et après avoir pris dans la foulée sa dénomination actuelle) les embûches furent nombreuses et variées. En effet c’est seulement aujourd’hui que sort leur nouvel opus quasiment dix ans après le premier (« The Architecture of Oppression »), sauf que si on ne fait pas attention on peut se dire qu’il y’a eu un second en 2010 intitulé « Decoding the Mainframe » et c’est bien là l’erreur car sous ses deux noms se cache le même disque, avec une pochette différente et un listing mis dans le désordre. Du coup il y’a de quoi dérouter et tromper l’auditeur si celui-ci ne fait pas attention car le premier était sorti pour les Etats-Unis et l’autre pour l’Europe, et depuis ce tour de passe-passe seuls deux EP sont venus nous rappeler que les gars étaient toujours actifs.

Désormais seul membre d’origine Varyen le batteur polonais démontre encore une fois que les groupes de son pays natal lui sont d’une influence importante tant la puissance et le son de BEHEMOTH et HATE sont prédominants, cependant si le quintet évolue toujours dans le Death/Black aux relents mélodiques il n’en reste pas moins que la déception parcourt l’ensemble de ce disque. Attention on n’a rien à reprocher au niveau global des mecs, car le chant de Shaun Albro tout en variations entre growls et parties criardes est réussi, les solos techniques d’Aaron Covarrubias sont impeccables et s’intègrent parfaitement aux ambiances, quand à son leader il martèle et diversifie son jeu comme jamais. Non le souci majeur est la durée excessivement longue de la plupart des compositions ce qui nuit à la cohérence et à l’attention de l’auditeur, car d’entrée avec « Man’s Modern World » on s’en aperçoit avec ces sept minutes qui pouvaient être facilement réduites, cependant avec sa salve de blast et de double ultra-rapide on voit que ça tape sec et fort comme le PANZERCHRIST de la grande époque « Room Service » et « Battalion Beast », le lien avec le combo danois n’est d’ailleurs pas anodin car comme eux les américains intègrent quelques nappes de claviers légèrement électroniques pour amener un supplément d’âme à l’ensemble (le tout avec une batterie trigée et un marteleur aussi rapide des mains et des pieds que le tentaculaire Reno Killerich), ainsi que des passages plus mid-tempo permettant au soliste de montrer toute l’étendue de son talent. Cependant malgré ses longueurs ça reste franchement intéressant et de haut niveau, tout comme « All Flesh Had Corrupted » qui reprend les choses où la plage précédente les avait laissés avec les mêmes points positifs et négatifs, tout comme sur le diversifié « Praetorian Icon » où plus de place est accordée à la lenteur et mid-tempo sans oublier néanmoins les blasts dévastateurs.

Avec « Extermination Event » on continue sur la lancée et l’on remarque qu’en faisant la compo la plus courte de cette galette (à peine moins de quatre minutes) les mecs arrivent cette fois-ci à conserver intacte leur inspiration et leur efficacité du début à la fin, et l’on ne peut que regretter du coup qu’ils n’en aient pas fait autant tout du long, car si le constat est le même avec le plus mid-tempo et lourd « Enblightened » en revanche on s’ennuie durant les presque huit minutes de « Theokratia » qui avait pourtant des idées intéressantes en privilégiant le côté massif et la double pédale chirurgicale, cependant il faut attendre plus de la moitié de ce titre pour qu’enfin ça s’accélère et qu’un peu plus de variété se fasse sentir au lieu des mêmes parties répétées en boucle. Si « Terrorform » et « Enemy Herein » remontent un peu en intérêt on retrouve encore et toujours ces durées excessives et plombantes qui gâchent le reste de l’écoute.

Du coup on ne peut que ressentir de la frustration après ces trois-quarts d’heure de gros son, car on a des gars d’un très haut niveau technique qui savent jouer de manière agressive tout en y ajoutant de la mélodie travaillée et aguichante, le tout mis en lumière par une production nickel et moderne sans tomber dans le côté plastique qui en plus met en valeur la basse sans que cela ne se fasse au détriment des autres instruments, quel dommage en revanche que le tout soit déséquilibré par trop d’idées étendues inutilement ce qui était déjà le cas précédemment. Du coup il serait peut-être judicieux de dire à Varyen et ses acolytes d’aller plus à l’essentiel car ils ont vraiment les moyens d’aller plus haut dans la hiérarchie, à eux désormais d’en tenir compte.




Rédigé par : GabinEastwood | 13,5/20 | Nb de lectures : 6008




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