AFTERLIFE KIDS - Morgengrauen (Vendetta/Adagio 830) - 13/11/2013 @ 07h55
Vers la fin des années 90 et le début des années 2000, l’Allemagne était une des places fortes du hardcore européen. Et la ville de Brême était à la pointe en terme de hardcore un peu différent avec en tête de gondoles des groupes comme Acme, Aclys, Mörser ou Systral. Aujourd’hui en 2013, ce sont les berlinois d’AFTERLIFEKIDS qui font, en partie, revivre cette époque, ce style, ce son. Mais avec en plus des influences récentes. On n’est quand même pas là pour refaire, en moins bien ce qui se faisait il y’a presque vingt ans.

AFTERLIFEKIDS joue un hardcore un peu autre qui mixe screamo, hardcore chaotique avec des influences crust ou D-Beat. En gros, ça va vite, ça part un peu dans tous les sens et ça dégage quelque chose. De l’énergie. Un esprit. Une atmosphère. Une musique assez difficile à décrire et à appréhender. Globalement leurs morceaux durent entre une et deux minutes, pas le temps de trainasser donc. Ça file droit, ça gratte sec et ça braille sévèrement. En allemand ce qui ajoute une petite touche de rugosité. Puis parfois le rythme ralentit, les durées s’allongent, des sonorités ambient/noisy se font entendre sans que, pour autant, ça ne sonne trop cliché ou trop attendu comme ça peut souvent être le cas dans d’autres groupes. Ici, on sent que les gars sont jeunes mais ont assimilé tout le passé hardcore allemand pour le ressortir avec les tripes, la gorge et le cœur. On pourrait pinailler sur le côté revival mais bon, ça fait plaisir d’entendre à nouveau de telles sonorités. Puis il est toujours bon de se laisser bercer par la nostalgie.

En plus des sonorités brémoises, on trouve sur « Morgengrauen » des influences venues de Floride, du premier e.p et premier album de Poison The Well surtout, au détour d’un riff de guitare ou d’une intonation vocale. Puis aussi, comme dans neuf groupes sur dix, on entend que les allemands ont écouté du Converge. Ça se remarque à peine, mais on ressent l’influence de la bande à Bannon, planquée là-bas dans le fond. L’album est court mais dense, quatorze titres pour à peine vingt-cinq minutes. La pression ne retombe jamais et on est sans cesse secoué, balloté entre screamo, hardcore et punk. Le tout dans une valse de sons, de tempos, de cris, de sueur et de larmes. Parce que dans cette scène, qui n’en est pas vraiment une d’ailleurs, la passion et le DIY on sait ce que ça signifie.

Au niveau des morceaux, certains sont de vrais petits tubes qui collent des frissons. Intenses et habités comme « Du, Auf Repeat » lente montée de grattes portée par la voix d’un mec au bout du rouleau, un mec qui en a marre. La montée puis le chaos tout en émotion et en rage contenue, difficilement contenue. Le tout en trois minutes. Ou « Aphasie », sorte d’idéal de morceau punk moshcore au refrain qui s’incruste dans la tête grâce à des guitares habitées et une ligne vocale simple mais efficace. L’émotion brute la dispute à la crudité du crust punk et la violence d’un moshcore chaotique pour créer des morceaux protéiformes de tradition. La tradition est respectée mais la modernité est là, le disque n’est pas passéiste pour un sou et ne se contente pas d’un « c’était mieux avant. ». Les berlinois s’inspirent du passé pour livrer une musique moderne parfois parasitée par des plages intrumentalo-bruitistes un peu lourdingues qui viennent briser l'enchaînement et relâcher la pression. C’est un peu dommage parce qu’un titre comme « Wir müssen uns Sisyphos als einen glücklichen Menschen vorstellen » (à vos souhaits) frôle la perfection tellement on y trouve toute la sève du groupe mais il est coincé entre un titre noise/bruitiste et un intermède post hardcore.

Le son est d’époque. J’entends par là que la production est, elle aussi, très influencée par les nineties. Vivante, sans numérique ni compression à gogo. Tu pouvais sentir les cordes vibrer, les baguettes marteler les peaux. Les instruments sonnent comme de vrais instruments pas comme des ersatz numériques de ces même instruments. Tu pouvais ressentir les musiciens jouer. Ce sont ces vibes là qu’on reconnait dans « Mogengrauen », mais avec la technologie d’aujourd’hui. « Morgengrauen » est un disque respectueux des anciens plein de qualités mais dont l’impact est parfois parasité par des expérimentations sonores mal venues. Un bon pain dans la gueule ne s’embarrasse pas de trop de chichis. « When you have to shoot, shoot. Don’t talk », ici les berlinois parlent encore un peu trop.

Ecoute intégrale - 96 téléchargements


Rédigé par : Seb On Fire | 16/20 | Nb de lectures : 10995




Auteur
Commentaire
Ilhan
Membre enregistré
Posté le: 18/11/2013 à 17h47 - (109946)
Très bon!
Clairement dans la veine d'Aclys/Systral/Morser ou encore le premier mcd de Narziss (avant que ça devienne gay).

Merci pour la découverte!



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