9 CHAMBERS - 9 Chambers (EARMusic/Edel) - 23/02/2012 @ 08h04
C’est super-con, il semblerait que ce super-groupe soit déjà condamné, quelques mois à peine après sa sortie. On attendait assez fébrilement le concert du Divan Du Monde le 15 février dernier, mais annulé il fût. Tout porterait à croire qu’il soit déjà vampirisé par Kill Devil Hill, l’autre super-groupe du batteur Vinnie Appice, lui-même stunt-man de Black Sabbath, sûrement déjà dans les starting-blocks pour remplacer Bill Ward, cette fois pas très décidé à ce qu’on se foute une nouvelle fois de sa gueule dans le groupe (‘fini le temps où il se laissait brûler la barbe par ses compagnons tel le brave bouc-émissaire potache). Mais je m’éloigne : si tous les membres de super-groupes s’amusent eux aussi à se disperser avec d’autres side-projects, on ne s’en sort plus et l’on se permet de douter de la durée légitime de consommation dudit produit.

Hyper attendu par tous les fans du batteur, du bassiste Jorgen Carlsson (Gov’t Mule !) mais surtout du chanteur/guitariste Greg Hampton (triple casquette puisque lui-même producteur émérite d’Alice Cooper ou Bootsy Collins, pour élargir le spectre...) formant avec le génial-mais-trop-discret Ed Mundell (prodigieux ex-guitariste historique du Monster Magnet !!!) ce que l’on appelle sans se méprendre une put*** de paire de songwriter potentielle, 9 Chambers n’a pas pour l’instant récolté les louanges célestes que l’on imaginait, tout excités que nous fûmes par une telle association de noms. Déjà des mois après sa sortie, il était temps de prendre du recul (et beaucoup de retard surtout !) pour regoûter à ce premier (dernier ?) cru. Je me rappelle m’être jeté dessus avec avidité et gourmandise, pour au final ni grimacer de déception ni hurler au génie en bondissant sur mon parquet -pour autant, la touche lecture a été maintes fois pressée, pour le simple plaisir éprouvé à l’écoute de ce disque certainement pas transcendant, juste très plaisant, rendant un simple et bien bel hommage au pur hard-rock de l’Age d’Or, à la croisée de ses deux majestueuses décennies. Et si l’on a bien affaire à du hard prenant ses racines dans le meilleur de ses origines (Cream, Mountain, Armageddon !), c’est aussi -et en toute logique- dans les volutes de son cousin stoner que l’on en retrouve la plus fameuse substance (d’autant que le stoner nait en grande partie des cendres de ces quelques merveilleux power-trios et autres bandes d’allumés préhistoriques mais tout aussi définitivement déterminants qu’un Black Sabbath -cf les Grand Funk Railroad, Bloodrock et autres Power Of Zeus). Oui, mille fois oui, il y a de cela dans 9 Chambers, comme il y a aussi ce grain assez sale dans la prod’ (normal me direz-vous !) et une petite propension au doom comme l’entendrait un Trouble. Toutes les influences convergent vers l’énergie déployée par ce quatuor inespéré (et que l’on espère plus, donc !) pour créer ce manifeste de musique vintage telle qu’ils auraient souhaité la façonner s’ils avaient pleinement contribué à la scène underground des années 1969-1972. Alors ne visons pas forcément l’excellence des compositions (ces groupes-là n’étaient ni Led Zeppelin ni Rainbow...), et apprécions à leur juste valeur les quatorze morceaux au charme fou de ce disque réalisé selon des envies et des critères bien particuliers. On pense beaucoup à Black Sabbath (forcément), avec ces riffs über-heavy et surtout les soli crystal-clear, épileptiques, psyché et éblouissants d’Ed Mundell : il y a là de la très grande inspiration ! On respire à mi-parcours avec une ballade veloutée, néanmoins épique et prenante, que n’aurait sûrement pas renié Glenn Hugues dans ses meilleurs jours avec Tony Iommi (la céleste «Can’t Turn Your Back»)...

Point faible notoire : peut-être l’album est-il trop long. Une grosse heure, ces quatorze titres assez denses -un effet de lassitude se fait-il sensiblement ressentir sur la seconde moitié, d’autant que «9 Chambers» démarrait en trombe avec le fabuleux «Life Moves On», suivi de «Majick Number», puis un poil plus loin de «Know Your Enemy» (Sabbaaaaaath !!!), assurément l’un des deux très grands moments de l’opus, promettant tellement pour la suite. Seulement, neuf, dix morceaux maxi auraient suffi pour permettre au disque de gagner en densité et en intensité, gardant l’attention de l’auditeur exigeant sur une sélection plus raisonnable de leurs compositions -qu’encore une fois nous ne qualifierons pas de remarquables, mais tout simplement fidèles à un esprit originel qui ne fait pas de miracle, mais qui permettra à certains puristes de se replonger dans une certaine époque et surtout d’échapper aux 1001 productions actuelles se voulant trop parfaites, léchées et calibrées, même dans des exercices de styles qualifiés de «vintage».


Rédigé par : Jean-Charles Desgroux | 14/20 | Nb de lectures : 11871




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Commentaire
Iro
Membre enregistré
Posté le: 23/02/2012 à 09h14 - (100665)
Bon album sans plus... Quelques bonnes idée, une groove jouissif mais à l'image de Black Country Communion ou Chickenfoot, tout un Ramadam pour un opus qu'on aurait à peine souligné si les zicos n'était pas connus. Maintenant Ed Mundell a définitivement un truc en plus et ça s'entend parfois!



Stéphane
Invité
Posté le: 23/02/2012 à 11h48 - (100670)
D'accord avec la kro de maître Jean-Charles. Mais désolé Iro, le dernier BCC je le trouve vraiment fabuleux! Et le dernier Chickenfoot (bien meilleur que le premier) remarquable lui aussi! Qu'il y ait des stars ou pas dans ces groupes là...

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 23/02/2012 à 13h25 - (100671)
Sympa mais on décroche au bout d'un moment



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