(DOLCH) - Demo I et II (Ván) - 18/01/2016 @ 07h22
L’année a été propice à un certain renouveau du BM. De Ende en passant par Délétère, nombreux ont été les combos à réinvestir le style et, surtout, à le réinventer, à le redynamiser, à lui rendre de sa superbe. (Dolch) est de ceux-là, qui déboule jusqu’à nous en rééditant, via Ván Records, ces deux premières demos sobrement intitulées I et II. Le groupe y propose un BM transfiguré, de haut niveau.

Six titres en allemand mais au contenu en anglais, trois pour la première et trois pour la seconde, tous articulés autour d’un même pivot, soit un black metal de fort bon niveau si l’on considère l’état d’avancement desdites demos, mais également teinté de bien d’autres ingrédients. Une pochette sobre de chez sobre, noire de chez noire, tout juste agrémentée d’un poignard dans un triangle, comme une menace suspendue telle l’épée de Damoclès (Dolch signifiant poignard en allemand).

(Dolch) est peu connu. L’obscurité est son domaine, dans tous les sens du terme. Les titres sont brefs, leur contenu également. Pas une trace sur Metal Archives. Il faut aller jusqu’à (Dolch). Il ne viendra pas à toi. Et, d’un certain côté, tant mieux. La part de mystère ne semble pas être ici un leitmotiv mais venir plutôt au soutien de la démarche artistique globale.

(Dolch) délivre un BM teinté d’atmosphères lourdes et orageuses. Le funeral doom n’est pas très loin tant l’architecture des titres repose davantage sur la lenteur et l’étouffement que sur une vitesse quasi inexistante ici. Le BM de (Dolch) – et c’est sa grande force – emprunte à de nombreux styles pour enrichir son propos : le doom donc (la progression de "Bahrelied" pourrait parfaitement trouver sa place sur un album de Bloody Panda), une touche de drone tournoyant (sur "Bahrelied" ou sur "Das Auge" par exemple, un peu à la Menace Ruine, mais en plus subtil), une pointe de cold wave (dans le chant féminin notamment ou dans les structures un poil prog’, par exemple sur "Bahrelied" encore ou sur "Hiob 1.1"), le tout coulé dans un bain d’expérimentations dont à aucun moment – il faut le souligner – on ne ressort choqué.

(Dolch), en d’autres termes, propose dès le stade des demos un style propre et une science de la composition qui peut étonner tant la maturité est là, palpable. Les titres s’enchaînent avec une grande fluidité. L’enrobage « religieux » est discret mais présent ("Hiobb 1.1"). La menace est planante, rampante, mais réelle. Le côté intimiste aussi (la présence inquiétante et réconfortante du piano sur "Licht", son architecture rampante et sa mélodie triste). Comme chez Bloody Panda par exemple, on ressent dans le chant des aspects tout à la fois ténébreux et lumineux, une colère qui gronde et un espoir à venir. Et même lorsque le titre est tendu (sur "Das Auge" ou surtout sur "Licht" où le chant est doublé, ce qui confère une profondeur magnifique au titre), cette voix féminine apporte tellement de variations et d’émotions que la structure toute entière s’en enrichit.

Et lorsque le groupe se hasarde à durcir le ton, sur "Maschine", où le côté indus/martial du combo explose littéralement, la faute de goût est encore évacuée par le génie de (Dolch) qui mêle à cet ingrédient de base des atours drones du meilleur effet, tournoyant et vrombissant comme un vol de guêpes au-dessus de nos têtes.

Cet album est une franche réussite. Il renouvelle l’approche du BM en proposant un produit frais, mélancolique et inquiétant à la fois, chargé en ambiances fortes mais tout en fluidité également. Au lieu de te perdre dans le marketing du dernier Myrkur, viens donc jouir au côté de (Dolch). Tu m’en diras des nouvelles.




Rédigé par : Raziel | 16/20 | Nb de lectures : 7148




Auteur
Commentaire
Humungus
Membre enregistré
Posté le: 18/01/2016 à 08h37 - (119178)
Je souscris pleinement à cette belle chronique de Sieur Raziel.
J'y ajouterai deux choses :
- Que d'une, cette galette fait pour moi partie des albums de l'année 2015.
- Que de deux, la batterie minimaliste me fait foutrement penser à URFAUST (dont je suis également un fanatique intégrale pour ceux d'entre vous qui ne le saurez pas déjà).

Bref, tout ça pour dire qu'il vous faut absolument vous jeter sur cette oeuvre.

grrr
Membre enregistré
Posté le: 18/01/2016 à 08h46 - (119179)
J'ai du mal à y entendre du black metal si ce n'est peut-être la manière dont parfois peuvent sonner les guitares. On est bien plus proche du cold wave! Mais de toute façon cet album est excellent, atmosphère funèbre, musique hypnotique, parfois rituel... une magnifique découverte!

gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 18/01/2016 à 10h14 - (119181)
Pas vu le bm non plus.



raziel
Membre enregistré
Posté le: 18/01/2016 à 16h51 - (119187)
Le BM est en effet plutôt un prétexte. L'esprit en est également présent. Mais cela reste diffus, je vous l'accorde.

Poney
IP:142.167.71.41
Invité
Posté le: 19/01/2016 à 16h00 - (119195)
Excellente découverte. Il y a certes un côté Urfaust assez prononcé (dans la batterie certes mais aussi dans le son général) mais cela ne diminue en rien la qualité et la force de ces deux démos.

mi-molle
IP:82.239.187.246
Invité
Posté le: 24/01/2016 à 11h30 - (119225)
Perso, j'entends ici du Menace Ruine...

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