ÆVANGELIST - Omen Ex Simulacra (Debemur Morti/Season of Mist) - 05/12/2013 @ 07h58
« The dawn of a new era of Death Metal »
« […] pushing further the barriers of extremity and fear, while delving deeper into the occult »
« A horrid mass of suffering, a horrendous form of sonic deformity »
« A sepulchral work, brutally laced with primal savagery, unleashing inhuman choirs resounding like the Devil’s voice itself »
« […] raising this art high above common musical expression to immerse the listener in an experience of totally terrifying intensity »
« "Omen Ex Simulacra" - the name of our covenant with the outer dark where no star has existed »
« "Omen Ex Simulacra" - or the soundtrack to Hell »

Voici comment Debemur Morti décrit sa nouvelle bestiole, bestiole qui est pourtant du genre indescriptible, suffisamment repoussante pour que nos yeux n’aient pas envie de s’y attarder et surtout nous oreilles. Signature d’un groupe chantre de l’horreur et du sinistre, qui a été formé en 2010 par deux membres du groupe BENIGHTED IN SODOM. Les plus courageux d’entre nous se seront enquillés De Masticatione Mortuorum In Tumulis, le premier album d’ÆVANGELIST sorti en 2012 par I, Voidhanger Records. Ceux qui n’auront pas été assez préparés à affronter cette musique possédée par le malin se seront retrouvés dans un état hystérique, à se prendre la tête entre les mains, courant partout en poussant des cris stridents. Le label français est désormais devenu le complice maléfique du combo pour sa seconde offrande aux enfers, Omen Ex Simulacra. Combo qui nous vient de l’Oregon mais qui est probablement originaire d’une quelconque dimension occulte où le chaos et la désolation règnent en maîtres, un endroit dont on n’a même pas envie de savoir à quoi il ressemble sous peine de tomber dans un état de choc. ÆVANGELIST, c’est comme si un groupe de Death/Black avait été envoyé de l’autre côté du vortex d’« Event Horizon », et qui nous serait revenu transformé dans le but de répandre le mal et le chaos. « Liberate Me, Ex Inferis ».

ÆVANGELIST, ce n’est pas du Metal qui fait taper du pied et headbanguer ou nous fera chanter des refrains sous la douche ou dans la bagnole, c’est la déconstruction d’un Metal extrême qui a donné vie à une forme particulièrement glauque et malsaine de musique. Classiquement, nous sommes en présence du Death/Black chaotique, obscurantiste et dérangé à la PORTAL, IMPETUOUS RITUAL, MITOCHONDRION et ABYSSAL et autres. Mais ÆVANGELIST est allé plus loin grâce à un petit truc en plus : un fond d’ambiance constant, éthéré et hallucinant, abstrait et apocalyptique. A l’image de la pochette qui annonce les couleurs d’un album d’une noirceur extrême. Si De Masticatione Mortuorum In Tumulis était assez plat bien qu’impressionnant, il n’était qu’un galop d’essai pour ÆVANGELIST qui va désormais s’échiner à repousser ses limites. To The Dream Plateau Of Hideous Revelation, split avec ESOTERICA sorti plus tôt cette année, annonçait déjà le débarquement des enfers avec "Omniquity", un monumental morceau de 22 minutes qui nous décrivait en musique l’apocalypse sur Terre, l’ouverture d’un vortex qui va laisser une dimension infernale envahir notre espace-temps. Si la musique d’ÆVANGELIST peut rester digeste pour ceux habitués aux insanités d’une frange extrême du Metal extrême, il y a de quoi y perdre la raison ou tout du moins à faire des cauchemars où l’on serait coincé dans une représentation abstraite des enfers. Ecouter Omen Ex Simulacra, c’est prendre des risques, comme ouvrir une arche ou un coffre occulte qui libérerait des démons, répandant en quelques temps la folie et le chaos sur notre pauvre planète. Mais qu’avez-vous fait ??

Omen Ex Simulacra va débuter comme son prédécesseur De Masticatione Mortuorum In Tumulis, avec un morceau de 10 minutes flanqué d’une intro qui nous plonge direct dans l’atmosphère maléfique et décharnée d’ÆVANGELIST, et si on se laisse apprivoiser on va vite le regretter, car les démons américains sont sans pitié. Outre le fond ambiant apocalyptique, l’art d’ÆVANGELIST est composé de guitares en forme de mélasse gluante, formant un espace metallique lourd, bouillonnant, suffocant et oppressant, toujours brutal et rarement dissonant. La batterie ou boîte à rythmes ou instrument percussif des enfers est particulièrement inhumaine, accompagnée de vocaux qui ne sont pas plus humains, partagés entre des growls profonds venus de cavernes chaudes et des cris blackisants totalement hystériques, à l’image de la folie qui va s’installer chez l’auditeur, qui va s’imaginer voir le visage du malin en écoutant ce skeud. Ecouter Omen Ex Simulacra, c’est assister à un concert donné par des potes de Satan, avec le paysage post-apocalyptique de la Terre en guise de scène. "Veils" démarre donc par du field recording de territoires brûlés et dévastés après la fin du monde. Et les cavaliers de l’apocalypse vont débarquer, chassant les derniers survivants en entonnant des chœurs, survivants qui essayent de s’échapper en poussant des cris de désespoir. Et la terre va s’ouvrir pour laisser l’enfer envahir la surface, et au milieu du déferlement de démons ÆVANGELIST va s’installer et délivrer son Death/Black massif et brutal sonorisé à l’arrache à qui veut, ou plutôt à qui n’en veut pas et va devoir le subir sous l’exigence des maîtres des enfers. Live-Report de la post-apocalypse, du Hell-Fest, du vrai.

Un concert qui après "Veils" va partir très fort, avec "Mirror of Eden" qui est du genre violent et va sérieusement lancer le show. Le pit est déjà en folie et les pauvres derniers humains se retrouvent acculés dans la fosse, laminés par des diablotins à la peau brûlante complètement bourrés et pogotant dans tous les sens. Les blasts provoquent des explosions fatales de tympans, la liste des survivants humains ne cesse de diminuer. ÆVANGELIST ne fait pas dans le détail et continue à pilonner son auditoire avec "Hell-Synthesis", l’hypnotisant et tenant de le posséder avec des riffs lancinants qui donnent un impact explosif aux blasts sévères qui suivent, la terre en tremble surtout qu’au fond du paysage les volcans grondent. La surface terrestre s’est alors ouverte, laissant apparaître des torrents de lave souterrains, et le souffle implacable de "The Devoured Aeons of Stygian Eternity" pousse les survivants dedans, pathétiques humains sanglotants qui rampent par terre pour ne pas se faire emporter. ÆVANGELIST n’a aucune pitié pour notre race humaine et feint de leur laisser un quelconque espoir avec des mid-tempo posés mais écrasants, avant de blaster de plus belle. Pour "Prayer for Ascetic Misery", ce sont des âmes damnées, des déesses maléfiques ou toutes autres créatures infernales à apparence féminine qui viennent amener une orgie dans le pit, tout en créant des sortes de chœurs mirifiques qui accompagnent le morceau du groupe, plus classique mais aux tempos variés. Et le meilleur, ou plutôt le pire reste à venir vu que ÆVANGELIST va continuer son set dans la brutalité la plus pure, en hommage aux enfers. Après son single "Relinquished Destiny" qui mettra le pit des enfers en émoi, forçant les quelques derniers survivants humains à slammer contre leur volonté, ÆVANGELIST va achever tout le monde avec l’archibrutal "Seclusion". Et le public de diablotins ne se tient plus, formant des gigantesques piles collapse à même la scène, ce qui aurait fait rougir INHUMATE si Strasbourg n’avait pas été rayé de la carte par un séisme de magnitude 11, séisme qui a d’ailleurs accéléré l’apocalypse en Europe à cause de l’explosion de Fessenheim. Les quelques dissonances vont alors amener l’écrasement de notre espace-temps dans le chaos, des cuivres venus d’ailleurs se font entendre et le ciel, ou plutôt le cosmos, s’assombrit sévèrement. Les 12 minutes de "Abysscape" vont alors achever, de manière travaillée mais dépouillée, le show d’ÆVANGELIST alors que les éléments se dispersent dans un chaos indescriptible, et les derniers survivants ne s’occupent plus des déflagrations sonores et de matière brûlante, se demandant surtout ce qu’il se passe, ce qu’il va arriver et surtout comment en sont-ils arrivés là. Et après un énième assaut blastant en guise de conclusion de tout, c’est la fin, sans halo bleu qui viendrait sauver quelques âmes, même ceux qui ont essayé de jouer le jeu en se plaçant au premier rang et en faisant des « hey, hey » ou des devil horns à l’appel du groupe qui n’était de toute façon pas là pour faire plaisir à quiconque, mais bien pour annihiler toute forme de vie et montrer à quoi ressemble le Metal de l’enfer.

On se réveille, ce n’était pas la fin de tout, les 64 minutes de Omen Ex Simulacra, second album d’ÆVANGELIST viennent de s’achever. Aussi on va rester terre-à-terre pour dire qu’il s’agit d’un excellent album, bien supérieur à De Masticatione Mortuorum In Tumulis ce qui est déjà un exploit en soi. Mais pour l’instant le meilleur d’ÆVANGELIST se situe sur le split avec ESOTERICA qui est juste ultime en son genre. Omen Ex Simulacra n’est pas en reste, et de toute façon est déjà une référence en termes de Death/Black chaotique, mais possède deux défauts majeurs à savoir qu’il est un poil répétitif voire inégal par moments et que le son de batterie/BAR, certes inhumain à souhait, est bien trop synthétique et ça fait tache au milieu d’un album qui se caractérise par son côté organique, glauque, malsain et bouillonnant. D’aucuns trouveront que « c’est le bordel », mais pas plus que chez PORTAL et consorts, et force est d’avouer que le fond d’ambiance apporte un énorme plus et fait même l’originalité voire l’intérêt du groupe. Du reste, inutile de dire que la musique d’ÆVANGELIST est avant tout une question de ressenti et d’ambiance car il est bien peu aisé de s’attarder sur des « compositions » là-dedans, faisant d’Omen Ex Simulacra un album à apprécier au casque, dans le noir complet, à condition de ne pas être sujet aux crises d’angoisse. Un Death/Black résolument chaotique (c’en est la définition même !), particulièrement brutal par moments, et qui est avant tout une expérience musicale réalisée par un groupe qui a tout simplement voulu pratiquer le Metal extrême des enfers, et qui pour cela est allé très loin dans le glauque et le morbide. Omen Ex Simulacra est donc un disque horrifique, sinistre et maléfique, tellement maléfique que ce que vous lisez est la deuxième version de ma chronique, la première ayant disparu en son intégralité car mon Word a planté probablement par peur de l’apocalypse. C’est un signe clair : ÆVANGELIST, c’est la musique du malin.



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Bandcamp from Hell - 176 téléchargements


Rédigé par : ZeSnake | 16.66/20 | Nb de lectures : 14255




Auteur
Commentaire
Bernard
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 08h51 - (110272)
Album excellentissime!

Jotun35
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 09h04 - (110273)
Essayé deux fois... Ben je passe mon tour. Pas du tout mon truc. Globalement j'aime bien leurs parties metal mais les claviers aléatoires en fond sonore me gâche tout et me donnent la sale impression que j'ai deux fichiers/CD qui jouent en même temps.



Void
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 09h44 - (110276)
Quelle kro !

Petit détail : sur la version 2xLP, il y a "Omniquity" et "The Æbelisk" en bonus.

MoiZ
IP:79.98.60.226
Invité
Posté le: 05/12/2013 à 13h44 - (110287)
Ca faisait longtemps qu'un album ne m'avait donné envie d'y plonger et d'y replonger encore.
Je trouvais PORTAL(old...) très bon dans le genre hermétique mais là cet album va bien plus loin gâce, comme le souligne la chro, à ses fonds sonores hallucinés et hallucinants.
Dans un style très éloigné, j'ai ressenti quasiment la même chose ne écoutant cet AEVANGELIST que ce que j'ai ressenti à l'écoute de The Umbersun des (almighty) ELEND.
Implacable et hermétique. Grand et ricanant dans de sa propre folie spiralesque qui s'enfonce dans les ténèbres.
Chapeau messieurs.

pied2chien
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 15h35 - (110290)
Ce n'est pas un style que j'affectionne particulièrement mais attiré par la bonne chro , j'ai tenté l'écoute. Et malheureusement , je ne suis pas rentré dans cette ambiance décrite , c'est du bon taf mais c'est pas mon truc.

Deadpool
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 16h09 - (110294)
J'aime beaucoup cet album malgré le fait que j'ai énormément de mal à comprendre ce que font les guitares héhé !

gulogulo
Membre enregistré
Posté le: 05/12/2013 à 17h40 - (110298)
C'est pas le genre de disque dont l'intérêt est de comprendre, en même temps.



Paul
IP:62.141.32.45
Invité
Posté le: 06/12/2013 à 00h09 - (110300)
Excellent album, derrière les derniers Ulcerate et Portal mais excellent

Evolution
IP:213.223.61.195
Invité
Posté le: 07/12/2013 à 21h54 - (110321)
Ca a bien changé Eve Angeli...

sid
IP:80.215.197.149
Invité
Posté le: 20/12/2013 à 00h01 - (110479)
C'est tres commercial, assez formate pour MTV / radio fm.
Decut.

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