- ASPHYX + BENIGHTED + ABSURDITY + RETRACE MY FRAGMENTS par ZESNAKE - 1651 lectures
L'association messine Damage Done Prod a organisé les 30 et 31 janvier son #3ème Haunting The Chapel Festival. Au programme du vendredi 30, RETRACE MY FRAGMENTS, ABSURDITY, BENIGHTED et ASPHYX.





Alors que 60 kilomètres plus au Sud, Le TOTEM a définitivement fermé ses portes il y a quelques semaines et que Metal Ride semble être en perte sérieuse d'activité, c'est bien à Metz qu'il faut aller pour voir du Metal en Lorraine. Certes au moment où seront publiées ces lignes AMON AMARTH s'apprête à fouler les planches de l'Autre Canal de Nancy (avec les formes généreuses de Jill Janus en ouverture), mais c'est bien du côté de Metz que ça bouge sérieusement. Grâce à la vénérable asso Damage Done Prod qui a déjà programmé GOROD et SKINDRED récemment, et qui va enchaîner sur du lourd dans les mois à venir (OVERKILL, FINNTROLL & HATESPHERE, TESTAMENT, THE BLACK DAHLIA MURDER…), avec ses nouveaux terrains de jeux que sont La Bam et, un peu plus loin, Le Gueulard + de Nilvanchhe (pardon, Nilvange). Entre temps, voici que l'association programme son troisième festival, toujours en janvier et sur deux jours, dans son antre préférée qu'est la chapelle des Trinitaires, pour un festoche justement nommé Haunting The Chapel, #3ème du nom avec toujours un jour plus orienté « extrême » et un jour plus « core » dirons-nous grossièrement. Après BELPHEGOR accompagné de DEFICIENCY, NO RETURN et AMOEBA, ce sont les grasseux ASPHYX et BENIGHTED qui vont faire office de têtes d'affiche, accompagnés comme toujours de « locaux » que sont ABSURDITY et RETRACE MY FRAGMENTS, pour un vendredi soir qui s'annonçait très puissant, gras et lourd. CALIBAN et BURY TOMORROW auront changé le ton du festival le lendemain, mais encore une fois au fi de mes (in)disponibilités et de mon intérêt, ça sera la première soirée que je vais mettre à l'honneur dans ce report, une soirée qui tranche dans le lard. Du lard sorti de la chambre froide avant d'être découpé à la scie, arriver à Metz ressemblera ce soir-là à une épreuve, la neige étant tombée à gros flocons tout l'après-midi en Moselle-Est. Cela ne se sera heureusement pas trop ressenti sur l'affluence, il ne restait au final que 10 places à vendre aux portes, même s'il est difficile de savoir si toutes les préventes auront été honorées. Mais la chapelle, ce magnifique endroit, aura été bien garni et retourné pour une soirée sous le signe du Death-Metal et de l'extrême sous ses différentes formes.



Damage Done Prod met toujours les groupes locaux à l'honneur pour les deux premiers shows, mais c'est un groupe pas-tant-que-ça local qui foulera en premier les planches de la chapelle vu que RETRACE MY FRAGMENTS est originaire du Luxembourg. Habitué au No Man's Land de Volmerange-les-Mines et existant depuis presque 10 ans, il semble enfin temps que RETRACE MY FRAGMENTS se fasse mieux connaître et sa participation au Haunting The Chapel sonne comme un premier gros tremplin. Surtout que leur musique est de qualité, cependant difficile à qualifier, sorte de Death progressif qui emprunte un peu à toutes les composantes du style (brutal, technique, groovy voire syncopé, aéré et foufou, à growls chants clairs et hurlements core… il y a de tout). Sur scène, on pense à un mix entre GOROD et BETWEEN THE BURIED AND ME, mais de nombreuses influences semblent faire partie du registre des « luxos ». L'ensemble est donc à la fois brut de décoffrage mais suffisamment varié pour retenir l'attention de n'importe qui, à moins d'être hermétique à ce style assez cérébral, pas forcément fait pour la scène au premier abord. Un peu à la manière de SLATSHER qui était à leur place il y a quelques mois d'ailleurs, la sonorisation du groupe n'est pas encore parfaite, le chant (excellent) un peu noyé. Mais on apprécie tout de même l'efficacité de l'ensemble, servi par des musiciens donnant de leur personne, entre un chanteur au style Heisenberg/Dark Rabbit habité par sa prestation, deux guitaristes solistes qui ont un touché remarquable, un bassiste qui ne tient pas en place et un batteur sobre mais percutant. Un bon set qui aura surtout permis au groupe de poser sur scène les morceaux de son premier album Ethereal Flux, mais également de permettre au plus grand monde de découvrir le Death progressif fouillé et enjoué de ces luxembourgeois à qui je souhaite une franche réussite et d'encore progresser en Live, surtout que la motivation et le talent sont bien là. Mais ça reste à apprécier d'avantage sur disque, et on en reparlera bientôt.







Première pause et on passe au second groupe « local », lui aussi légèrement éloigné de Metz (alsacien), qui est une formation qui commence à rouler sa bosse, j'ai nommé ABSURDITY. Nous l'aurons appris quelques jours plus tard, cette date au Haunting The Chapel ouvrira en réalité leur tournée française à venir. Mais traînant déjà derrière lui un paquet de shows dont un passage au Rock Your Brain Fest en octobre dernier, ABSURDITY sait comment faire exploser la scène et ça se sent. Entre un chanteur en grande forme et les musiciens derrière sachant balancer du headbang synchronisé comme personne, le groupe est particulièrement entraînant en son genre. Tout ceci est servi par leur « Massive Moshing Death Metal » qui, s'il n'a pas fait mosher le public plus que de raison, demeure toujours effectivement massif. Un peu trop d'ailleurs, tout comme à Sélestat je trouve que les alsaciens font toujours bien péter les basses, ceci au détriment des subtilités de leur Cyber-Death moderne qui en a quand même dans le cortex, même si le principal attrait du groupe reste effectivement son côté brut et percutant. De ce côté, ABSURDITY envoie toujours du bois, mais quand on connaît bien les albums l'effet est différent, il y a le ABSURDITY sur disque et le ABSURDITY Live. Je préfère le premier à vrai dire, mais en soirée/festival quand on attend du gros Metal qui tache, les alsaciens font très bien leur office et c'est l'essentiel. Pas de surprise pour qui avait déjà vu le groupe récemment en concert, mais encore une fois un très bon show, quoiqu'un peu court aussi, ABSURDITY tape là où ça fait mal et ses compositions groovy cognent toujours aussi dur. Et bien évidemment, l'occasion faisant le larron, Julien de BENIGHTED sera à nouveau invité à faire son petit duo avec Ricardo pour "Rebellion", ce qui est toujours un grand moment de fraternité mais aussi d'efficacité. Un show qui, pour résumer simplement, est à l'image de ce que veut proposer le groupe depuis D:\Evolution : massif.
Setlist : First Infected - Spawn - A Taste of… - Concrete Brain - Rebellion - Wounded Animal - Hatred Fuel - D:\Evolution







On reste en France mais on passe maintenant aux têtes d'affiche (que RETRACE MY FRAGMENTS et ABSURDITY seront dans le futur ?) en commençant donc par BENIGHTED, qui lui aussi remet le couvert dans le grand Est après le Rock Your Brain Fest en octobre. Enfin en parlant de couverts, on parle plutôt d'outils de chirurgie amputatoire avec BENIGHTED, qui est toujours là pour trancher sans anesthésie. Avec un Julien Truchan toujours aussi remuant et prêt à gruiker avec des yeux de cinglé, le groupe vient nous livrer un gros set de son Deathgrind furibond et hautement jouissif. Moi qui n'arrive toujours pas à aimer le groupe sur album, sur scène je me fais avoir à chaque fois ! Avec un putain de gros son (plus gras et plus chaud que sur album de mon point de vue), comment ne pas se laisser entraîner dans une folie furieuse de blasts et de riffs incisifs à souhait, avec toujours ces passages très rythmés qui font mouche, en plus des assauts à toute berzingue portés par les éructations de Julien, et des breaks qui permettent à la musique de repartir encore plus fort la seconde d'après ? Non, c'est irrésistible, et si moi je me contente de taper du pied où de faire du air-guitar sur l'objectif de mon Nikon, le public lui va retourner la chapelle des Trinitaires en bonne et due forme. Du slam et du stage-diving en veux-tu en voilà (même si le rattrapage des divers était du niveau amateur, ce qui fera un peu pester Julien, mais dans la bonne humeur car « on est là pour s'amuser et foutre le bordel »), de beaux circles-pits et un joli petit wall of death, et la viande est emballée et pesée. Pas d'envahissement de scène et de porté de Julien à même la scène cette fois, mais le show aura été au rendez-vous grâce à l'énergie dévastatrice de BENIGHTED et le public lui aura bien rendu la pareille. Qu'on aime ou pas le style du groupe, du moment qu'on aime le Metal extrême en concert qui s'en va faire remuer le public comme jamais, force est de reconnaître que BENIGHTED figure dans le haut du panier des sensations metalliques françaises en Live. Brutal, efficace, entraînant, jouissif, énorme !
Setlist : X2Y - Noise - Let the Blood Spill Between My Broken Teeth - Collapse - Experience Your Flesh - Prey - Grind Wit - Fritzl - Slaughter/Suicide - Collection of Dead Portraits - Fœtus - Slut - Asylum Cave







Après la viande française, dégustons pour finir le fromage de Hollande, qui fera donc office de dessert pour ce premier repas du Haunting The Chapel #3. C'est ASPHYX qui a été convié pour l'occasion, et les balances (longues !) nous permettront déjà d'apercevoir la belle tignasse grise de Martin Van Drunen (« Papa Martin » pour Skay). ASPHYX n'est bien évidemment pas là pour faire dans la subtilité technique et moderne mais bien pour venir livrer son Death old-school batave, lourd et baveux, sale et gras. Gras, oui, car le son était plutôt chaud et graisseux, un peu trop pour moi même, on frôlait la limite du brouillon bien que cela rajoutait un côté brut de décoffrage et roots à la musique du groupe. Mais bon, comme le dit Van Drunen, « This Is Death Metal You Bastards ! » et finalement, il n'y aurait rien à ajouter. Je dois avouer que ASPHYX n'est pas forcément à mon goût, ou à moitié, car si je trouve leurs morceaux rapides d'une efficacité rare, leurs pièces « doom » sont pour moi bien plus chiantes. En Live, c'est pareil, mais cela décuple la puissance de morceaux comme "Death… The Brutal Way", "Deathhammer" et "Scorbutics", soit mes 3 morceaux favoris d'APSHYX qui ont été joués donc je suis content ! A noter que le départ sur "Vermin" était dès plus brutaux et a lancé le set des néerlandais sur les chapeaux de roue. Le public avait encore de la réserve après BENIGHTED et le slam/stage diving n'a pas cessé, Martin aura même demandé au public de faire attention à ce que nous nantis de photographes ne prenions pas de pieds dans la tronche au passage… Un Martin communicatif qui aura su se mettre le public dans la poche grâce à quelques mots de français témoignant de sa culture (il citera la « Grande Guerre » pour présenter un morceau, et lorsqu'il fera le jeu des présentations des membres du groupe, il dira de lui qu'il s'appelle… Yves Montand), et la présence scénique de tout le groupe est au top, le headbang de cheveux gris cartonnera un max et les musiciens feront preuve d'une complicité évidente. Tout ceci pour un show donc (de mon point de vue toujours) tour à tour percutant et agressif, mais un peu lassant sur la durée, surtout à cause des morceaux « lents » du répertoire d'ASPHYX comme "Minefield" que j'ai trouvé particulièrement interminable… Je ne pourrai jamais apprécier pleinement ASPHYX (de toute manière je leur préfère THANATOS), mais la bonne humeur du groupe et la réussite des morceaux brutaux m'auront tout de même fait passer un bon moment, un moment long mais un bon moment quand même, toujours sous le signe du gros Death qui décoiffe en Live.







Cette soirée « extrême » du 3ème Haunting The Chapel aura donc été une réussite, ce qui vu l'affiche était pour ainsi dire écrit d'avance, surtout quand on connaît la qualité d'organisation de Damage Done Prod qui œuvre avec force et passion pour le Metal en Lorraine. RETRACE MY FRAGMENTS aura été la découverte Death-Prog de la soirée (j'en avais déjà entendu parler mais je me suis procuré Ethereal Flux au stand de merch, dont on va reparler surtout que le groupe m'a évoqué le concept « stellaire » de l'album qui est très intéressant, en plus d'un précédent EP, Vertizontal), ABSURDITY continue à se faire un nom avec son Metal massif, BENIGHTED c'est toujours une véritable boucherie à l'intérieur, et ASPHYX a fait parler son expérience du Death old-school. Du gras, du puissant, du fouillé et du lourd pour une soirée qui aura de nouveau hanté la chapelle des Trinitaires, comme d'habitude on a envie de dire. Un beau carton messin qui ne demande donc qu'à être renouvelé dans un an, avec une affiche qui ira encore plus haut et plus loin. Il ne me reste plus qu'à rentrer par l'autoroute histoire d'éviter les routes trop enneigées et gelées, mais en plein cœur de l'hiver lorrain il y a de belles soirées pour faire chauffer les esprits et les muscles !

Album photo de la soirée visible en cliquant sur l'image :



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Commentaire
JTDP
Membre enregistré
Posté le: 04/02/2015 à 09h25 - (1016)
Merci pour ce live report toujours aussi bien écrit ! Je te rejoins parfaitement sur Benighted : comme toi je suis pas particulièrement fan sur album, mais j'ai eu l'occasion de les voir pour la première fois à l'occasion de leur passage à l'Usine à Chapeaux de Rambouillet, et nom de dieu qu'est-ce que ça défouraille !!! Mais ça te défouraille correctement ça t'emporte, te retourne, te lessive en mode essorage pendant 1h tout en te ménageant des petits instants groovy fort bien tournés et qui te maintiennent en debout pour mieux recommencer l'entreprise de retournement de crêpe sur ta personne. Bref, excellent !

ManOfShadows
Membre enregistré
Posté le: 04/02/2015 à 11h13 - (1017)
Bon report plus ou moins cohérent avec mon propre ressenti. Une excellente soirée, des supers groupes et une très bonne ambiance.

Asphyx: le rouleau compresseur, et van Drunen en grande forme vocale. Benighted: une boucherie comme d'hab. Absurdity: efficace. Retrace My Fragments: intéressant.

A notez, Overkill sera aux Trinitaires en mars et Testament y fera un tour en mai.



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