- LEZ'ARTS SCENIQUES 2012 par ZESNAKE - 2650 lectures
Live Report de la 11ème édition du festival Lez'Arts Scéniques - Au site des Tanzmatten de Sélestat (67) - Avec FALL OF DEATH, MUNICIPAL WASTE, BLACK BOMB A, DESTRUCTION, LOFOFORA, SODOM, FINNTROLL, KREATOR, SUCIDIAL TENDENCIES, MINISTRY et NEW MODEL ARMY.





Festival Lez'Arts Scéniques de Sélestat, 11ème. Clap. Et deuxième édition en tant que spectateur pour ma pomme. Après une affiche très éclectique l'an dernier (avec entre autres KORPIKLAANI, EPICA, ARCH ENEMY, DAGOBA, MADBALL, GRAND MAGUS, CRADLE OF FILTH…), cette année le festoche semble s'être dévoué au grand Thrash. Et même à ses groupes connexes, comme MUNICPAL WASTE, SUICIDAL TENDENCIES et MINISTRY (plus ou moins thrashisant sur ses derniers albums) qui ont été invité de prime d'abord. TESTAMENT devait initialement compléter l'affiche (la date serait d'ailleurs tombée pile le jour de sortie de leur nouvel album), mais les américains ont annulé et pour compenser le choc, l'orga alsacienne a décidé d'aller chercher pas trop loin de chez elle, à savoir en Allemagne, pour dénicher le Big 3 du Thrash teuton pour une date unique : DESTRUCTION, SODOM et KREATOR. Voilà donc une affiche ambitieuse qui devait attirer du monde, avec pour compléter l'affiche FALL OF DEATH, BLACK BOMB A, LOFORORA, FINNTROLL et NEW MODEL ARMY. Un joli line-up sur le papier.

Attiré par l'odeur d'un fest ambitieux, à défaut d'être véritablement intéressé par l'ensemble des groupes, je décide de faire à nouveau les 140 kilomètres séparant Sélestat de mon domicile mosellan. J'ai pourtant hésité jusqu'au dernier moment, à cause du grand Satan des festivals open air : la météo. Après une véritable semaine d'été, c'est en ce vendredi que les orages ont débarqué sur la France entière, et Sélestat bien que situé derrière les vosges aura eu du mal à être épargné. J'avais d'ailleurs failli jouer au jeu des pronostics pour savoir « c'est quel groupe qui va avoir le droit à l'averse du jour », mais finalement à part une couverture nuageuse menaçante vers la fin de l'après-midi il n'y a eu aucune goutte de pluie de toute la journée. Enfin, personne n'aurait été contre un petit rafraîchissement général car qui dit « dernier jour avant orages » dit jour particulièrement chaud et lourd. 36°C tout au long de la journée facile, ce qui causera quelques désagréments pour l'hydratation des festivaliers (j'y reviendrai), malgré la présence appréciable d'un point d'eau potable (deux robinets seulement, mais non pris d'assaut heureusement) et d'un point de « pulvérisation » d'eau. La chaleur écrasante n'aura pas empêché les festivaliers de venir en masse, l'affluence me semblant légèrement plus importante que celle de l'année dernière. Si le site est organisé de la même manière que l'an dernier (market, bar, files d'entrée, et pissotières avec cette fois-ci des WC à sciure pour les dames), la disposition des scènes a changé et nous avons cette fois-ci deux scènes de taille équivalente côte à côte (la Stage Goeland et la Stage EMP), ce qui fait que tous les groupes seront traités de la même manière (sauf au niveau du son… j'y reviendrai aussi). L'organisation des Lez'Arts est toujours irréprochable, enfin quasi car il y aura encore eu quelques couacs à l'entrée, avec des vigiles qui ont renvoyé tous ceux qui avaient un e-ticket au guichet alors que seuls les détenteurs de pass 3 jours avaient la nécessité d'y aller. Ça a donc un peu râlé et l'espace de 2 minutes j'ai cru revivre le même calvaire que l'an dernier (enfin, cette fois-ci j'avais un ticket en bonne et due forme).



Enfin arrivé dans la place (yo !), je décide de me ruer vers le market pour chercher les raretés ou bonnes affaires, avec pas moins de 4 stands de skeuds (dont Listenable et Season of Mist) soit deux fois plus que l'année dernière. Alors que je fouille consciencieusement dans les bacs, le premier groupe commence son set à savoir FALL OF DEATH. Comme l'an dernier, c'est un groupe local, mais qui cette fois-ci vient du 68 et non du 67 (mécréants !). Le groupe à deux chanteurs pratique un Metalcore très « ricain » dans l'esprit, sentiment exacerbé par le fait que le groupe a déjà partagé l'affiche avec AVENGED SEVENFOLD par le passé. Mélodies, breakdowns, chant hurlé, un peu de chant clair… on est en pur terrain Metalcore. Et si le groupe semble maîtriser son sujet, sa musique est quand même assez formatée. Difficile de rester concentré sur une musique si peu intéressante alors que la chaleur est étouffante, j'ai donc tenu 1 morceau et demi, avant de retourner au market pour m'acheter un accessoire béni des festivaliers d'été (que je n'avais pas pensé à ramener dans ma panoplie, et de toute façon c'est une bonne occasion de renouveler ma garde-robe) : une casquette ! Mon cuir chevelu remercie donc le merch officiel du Lez'Arts Scéniques pour m'avoir évité un coup de soleil ou au pire une insolation.

Pouvant désormais sortir couvert, je me positionne devant la Stage Goeland pour les moshers/thrashers/crossoveurs anglais de MUNICIPAL WASTE. Le look des zicos annonce la couleur et nous aurons le droit à un show un brin décalé. Les gars sont adeptes de la parlotte, et surtout le chanteur Tony Foresta qui nous abreuvera de conneries diverses et variées ("Heyyyy the're some hot chicks over there ! I'm horny !", "This song is about moshing on Mel Gibson's Balls", "I wanna 69 all of you", "Come with us on the signing sessions, drink some beer, smoke some weed… yeah, weed"). Musicalement c'est très simple, c'est du MOSH, du bon mosh/thrash old-school de derrière les fagots qui affolera le pit. Les morceaux sont courts mais intenses, l'énergie est de mise, les zicos assurent (notamment le gratteux avec son instrument customisé au logo du groupe), bref il n'y a pas grand-chose de plus à dire si ce n'est que ces 45 minutes de moshcore/metal auront été au mieux jouissives, au pire sympathiques. Mais n'étant absolument pas amateur de ce crossover old-school, et la température ambiante n'aidant pas à se concentrer, je ne saurai dire si j'ai trouvé ça objectivement bien ou pas. C'était cool, quoi. Et surtout, fun.

BLACK BOMB A prendra ensuite place sur la Stage EMP, pour un set qui s'annonce vif. Groove Metal ? Metal Hardcore ? Le groupe fait un savant mélange des deux, en misant sur l'efficacité et ça se sent. Mais je n'arrive vraiment pas à être convaincu par ce genre de groupe malgré l'énergie folle (tellement folle que la section rythmique s'emmêlera les pinceaux sur un des premiers morceaux). Les deux chanteurs (dont un arborait un bermuda très seyant) en font des tonnes, et tout à fait subjectivement je trouve que ça crie un peu trop et que ça devient vite lassant. Et musicalement c'est un peu trop « core » pour mes esgourdes aussi. Bref, au bout de 3 morceaux je préfère refaire un nouveau détour par le Market, pour aller à la pêche aux T-Shirts. Trouver un bon tish en S, ça prend du temps, donc je ne reviens sur la pelouse que pour assister au dernier morceau et demi de BLACK BOMB A, qui d'ailleurs m'avait bien plus convaincu avec son aspect un peu plus lourd et syncopé et son ambiance épique. J'ai peut-être loupé quelque chose, toujours est-il que le groupe semble être une bête de scène. Après, il faut aimer suffisamment le style pour y prendre son pied, ce qui n'est pas mon cas.



Il est donc grand temps maintenant de commencer avec ce fameux « Big 3 of Teutonic Thrash Metal ». Et c'est le groupe qui est peut-être le moins populaire qui débute les hostilités, à savoir DESTRUCTION. Bon même si j'ai pris la peine d'aller à cette nouvelle édition des Lez'Arts de mon plein gré, je dois avouer que je ne suis pas un grand amateur de Thrash allemand, le seul groupe m'intéressant vraiment étant TANKARD (et encore pas tous les albums…). Mais je n'avais jamais écouté de DESTRUCTION si ce n'est un ou deux extraits, et en ce qui concerne ça aura été ma découverte du festival. Le groupe n'est plus tout jeune hormis le batteur (le guitariste tout maigrichon aux longs cheveux gris bouclés a quel âge ? 66.6 ans ? ), mais se montre motivé sur scène à défaut de courir partout. Peut-être que DESTRUCTION m'a plu par son côté plus simple, plus direct, plus Heavy-Metal même (ce qui se confirme sur album), plus rentre-dedans sans mettre des leads ou solos toutes les 30 secondes. Les morceaux dépotent avec des rythmiques savamment bien dosées, et des riffs d'intro mortels, bref tout ce qu'il faut pour taper du pied et headbanguer (pour ne pas avoir le crâne fixe par rapport aux rayons du soleil). Tout était parfait jusqu'au seul gros problème technique de la soirée : l'ampli basse de Schmier lâchera vers la fin du show, ce qui causera un petit vide juste rempli par un solo de batterie, et qui forcera le public à choisir le dernier morceau pour le groupe faute de temps. Et le choix fut dur… et on aurait bien repris un, ou deux morceaux de plus de Thrash allemand qui dépote. Un résumé ? DESTRUCTION = Thrash. C'est simple et ça bute.

Le Running Order et l'alternance des scènes permettront à l'affiche de jongler à l'envi entre le Thrash et les autres styles. Après le Thrash destructeur de DESTRUCTION, on change donc de registre avec LOFOFORA. Pas mon style, je n'apprécie point les discours du groupe… mais bon j'aime bien le morceau "Mémoires de Singes" donc je me suis dit que j'allais au moins attendre qu'ils le jouent. Comme ils l'ont joué en second, j'ai donc tenu deux morceaux. Voilà. Si le groupe montrait une excellente présence scénique, avec un Reuno en forme qui faisait les gros yeux au public, j'ai préféré m'éclipser pour faire un dernier tour au market histoire de dépenser mes derniers deniers (messieurs de SoM, mon portefeuille ne vous remercie pas d'avoir mis le dernier NECROVATION en stock), et surtout tenter ma chance pour avoir à boire. Car jusque-là c'était désaltération au point d'eau potable parce que pour obtenir des jetons boisson, c'était la corvée que de faire la queue interminable devant le stand à jetons. Vu la chaleur (qui était prévue depuis un petit moment par les gens de la météo), il aurait peut-être été judicieux d'étendre un peu plus le stand pour désengorger la foule qui avait soif. Se taper une queue (n'y voyez aucun lien avec le groupe qui va suivre) pendant une demi-heure alors que les groupes jouent est particulièrement démotivant, heureusement ma légendaire patience m'a permis de ne pas trop la subir et de trouver une fenêtre avec moins de monde, même si la soif se fait très sérieusement sentir après être passé sous la fournaise du Market (je plains les exposants). J'avale d'une traite mon xOranginax alors que LOFOFORA termine son set, set qui avait un son assez brouillon d'ailleurs, même en étant placé très en retrait de la scène. Dommage pour moi, mais les pogoteurs fans du groupe s'en seront donné à cœur joie.



Après la soif, la faim se fait sentir et je me paye une saucisse pour assister au show de SODOM (une saucisse pendant SODOM, gloups). Notons d'ailleurs que le site des Tanzmatten ou se déroule les Lez'Arts est quand même assez bien fichu pour pouvoir se poser dans l'herbe tout en profitant de loin des groupes grâce à l'écran géant et au son impeccable même de loin. Bon en parlant de son pour SODOM la caisse claire était un peu trop en avant, ce qui est toujours un peu irritant. Mais pour le reste, il n'y avait pas grand-chose à redire. Tout comme DESTRUCTION, les SODOM ne sont plus tout jeunes mais sont motivés et en bonne forme, même si relativement peu communicatifs. Sur album je n'ai jamais aimé (je ne saurai expliquer pourquoi d'ailleurs, je trouve juste ça… creux et bas du front), mais encore une fois sur scène la musique de SODOM prend une autre dimension. Il y a toujours 2-3 petits trucs qui me chagrinent comme les passages mélodiques, mais du reste ça… encule. Avec son aspect parfois plus Death-Metal, le groupe nous livre des accès particulièrement lourds. Et à côté de ça, les morceaux plus anciens, forcément plus simples et directs, envoient la sauce. Un show plus Rock'n'Roll, porté par un groupe plus discret qui laisse la musique s'exprimer. Je n'arriverai jamais à apprécier sur album, mais ne m'attendant à rien de particulier (si ce n'est un groupe rouillé, ce qui n'était point le cas) j'ai passé un très bon moment devant SODOM (merde, ça veut dire que SODOM est derrière moi ça…), qui a assuré son show de main de maître.

Passons de l'autre côté du gazon pour voir un groupe que je suis depuis un petit moment et dont j'ai toujours été fan, il s'agit de FINNTROLL. Le groupe commence son show par "Skogens Hämnd". Bon point. Mais ce morceau aurait été mieux s'il n'avait été gâché par un son pas terrible du tout, avec les vocaux de Vreth noyés dans le mix. C'était le cas d'à peu près tous les groupes pour le premier morceau, mais concernant FINNTROLL il n'y aura pas d'amélioration drastique du son. Même si la voix se fera plus entendre ensuite, ce sont les basses qui bouffent tout et surtout la double grosse caisse, qui claquait un peu moins en se plaçant sur le côté. Le synthé ? On ne l'entendra que quand il jouait tout seul ! C'est vraiment dommage. Heureusement, le groupe sera énergique notamment Vreth qui sait bien faire tourner ses cheveux. Mais autre accroc, le choix des morceaux ne m'aura guère plu, trop de pistes de Nifelvind qui est un disque plus sombre et moins taillé pour le Live à mon avis. Nous aurons néanmoins eu droit à un "Jaktens Tid" des familles (mais sans les chœurs folk, arf), l'excellent "Människopesten", "Nattfödd", puis "Nedgång" et "Maktens Spira" de Ur Jordens Djup. Mais pas de trace de "Trollhammaren", ce qui est quand même curieux puisque c'est leur plus gros tube. Set sympathique malgré tout, avec notamment le public (très friand de slams y compris les filles !) qui souhaitera l'anniversaire au bassiste Tundra, mais même si ça m'a fait plaisir de voir ce groupe que j'apprécie énormément je suis un peu déçu, par le son brouillon et le choix des morceaux. Snif.

Le Big 3 du Teutonique Trache Métale va clôturer sa représentation avec le plus gros client des 3, KREATOR. Le plus gros ? Vu l'apparat de leur show ça ne fait aucun doute. Décor de scène chiadé et sublime (le visuel du dernier album en date, Phantom Antichrist), son aux petits oignons, et surtout un Mile Petrozza qui prend très à cœur son rôle de frontman, haranguant le public sans cesse (même après s'être pris une bouteille dans le torse en plein milieu d'un morceau !). Les tubes de KREATOR s'enchaînent sans temps mort (je ne connais pas tous les morceaux bien évidemment, mais tous les morceaux-titres ont dû y passer : "Pleasure to Kill", "Endless Pain", "Extreme Aggression", "Enemy of God", "Hordes of Chaos", "Phantom Antichrist", etc…) et le public aura eu du répondant (surtout que le soleil avait enfin passé la ligne de l'horizon), même pendant le morceau où Mile utilisera un peu de chant clair (un des fameux morceaux « gothiques » ?). Un show objectivement parfait du début à la fin, épique avec Mile et son drapeau pour "Flag of Hate". Subjectivement, c'est un tout petit peu plus nuancé en ce qui me concerne. Même si KREATOR est le seul groupe du Big 3 dont j'avais écouté au moins deux albums en entier (les plus récents), je n'arrive pas non plus à accrocher, la faute à la surenchère de mélodies et à une certaine linéarité, malgré des singles de premier choix (géniaux en Live). Mais le show était excellent, galvanisé par la présence de ses deux compatriotes le groupe me semblait bien plus énergique que le show au Hellfest 2011 que j'ai récemment vu sur Mirabelle TV. Là aussi, j'ai passé un bon moment, notamment grâce à Mile supra-motivé, mais si le show s'était trop prolongé je m'en serai probablement lassé. Par contre les fans ont dû apprécier, et c'est un faible mot.

En cette journée alsacienne, il y aura eu du culte, et du sacrément culte avec SUICIDAL TENDENCIES. C'était d'ailleurs le groupe dont on pouvait voir le plus de t-shirts, de maillots, de casquettes ou de foulards parmi le public. Moi je suis un sale impie avec mon t-shirt MUCKRACKERS donc SUICIDAL (ou plutôt « ST » pour les intimes), ça ne me parle pas du tout. En plus les mecs ils ressemblent pas du tout à des métalleux. Gloups. Et le bassiste il a des cordes vertes fluo à son instrument comme DESIGN THE SKYLINE. Bon autant dire que la fatigue m'a fait opter pour un visionnage du concert au loin assis dans l'herbe (le gazon, pas l'herbe de MUNICPAL WASTE). Mais devant c'était une folie rare à laquelle on pouvait assister. Mike Muir n'a définitivement plus mal au dos* et court de partout sans arrêt, si bien que les caméras (avec les lights mais sans la révolution) avaient du mal à le suivre ! Les autres zicos ne sont pas en reste, notamment le guitariste soliste et le batteur qui sait faire tourner ses baguettes mieux que Franky de DAGOBA. Mike Muir est content d'être là et en fait des tonnes niveau communication ("Quand on sortira un nouvel album, on viendra faire une tournée de 25 dates en France !"). Musicalement, je ne suis pas un amateur de ce style de Metal-Fusion inclassable, mais les passages plus rapides sont vraiment énormes ! Le set se finira dans un joyeux bordel, avec le public qui montera sur scène, et qui slammera et pogotera à même la scène ! Tout simplement, le show le plus explosif de la soirée, dommage que la fatigue naissante ne m'en a pas fait profiter comme il se doit.



Le dernier groupe à prendre place sur la Stage Goeland sera le plus gros client de la soirée, MINISTRY. Deux détails : plutôt qu'un traditionnel drapeau en fond de scène, le groupe optera pour un écran afin de projeter clips et visuels militants « à la MINISTRY », et Al arborera un pied de micro illuminé avec le micro accroché à un crâne. Pour le reste, il y a MINISTRY d'un côté… et Al de l'autre. Le groupe entier tout d'abord : la setlist est bien évidemment axée sur la période anti-bush ou « Thrash à samples », et sur le dernier album. Album qui sent quand même pas mal du derrière d'ailleurs. Enfin, des morceaux comme "Ghouldiggers", faisant également figure d'intro ici, et "Relapse" passent beaucoup mieux sur scène, ce qui n'est pas le cas de "99%" et "United Forces" qui demeurent très plats. Et le groupe omet de jouer "Double Tap" qui est quand même le seul morceau vraiment efficace de Relapse (mais peut-être n'ont-ils pas eu le loisir de la jouer, le groupe voulait initialement jouer plus longtemps mais on leur a dit « noon »). L'énergie et la maîtrise des zicos passent plutôt dans les morceaux des précédents albums, et des pistes comme "No W" ou "The Last Sucker" cognent, et les "Rio Grande Blood", "Lies Lies Lies" ou autre "Watch Yourself" ne sont pas en reste. Et le groupe n'oublie pas pour autant son passé avec un final dantesque sur "N.W.O.", "Just One Fix" et "Thieves", ces deux dernières sont d'ailleurs de pures boucheries en Live, notamment "Just One Fix" et ses rythmiques qui vous écrasent le cortex encore plus que le soleil de la journée. Je note d'ailleurs que le groupe aurait pu faire quelque chose pour les 20 ans de Psalm 69, mais la promo du dernier album en date a pris priorité. Enfin, le groupe aurait dû s'éteindre une seconde fois en rendant hommage à son album culte, parce que là on ne sait pas trop combien de temps MINISTRY va encore pouvoir durer… Et donc de l'autre côté, Al. Ressemblant plus à une sorte de totem Shaman ou à une danseuse de PUNISH YOURSELF sans le maquillage fluo, Al avec sa démarche chancelante et son profil courbé fait peine à voir. Il ne ressemble vraiment plus à rien surtout que sa « belle gueule » apparaît régulièrement en gros plan sur l'écran géant. Heureusement, le vin alsacien dont le bougre boira une gorgée après chaque morceau, a rendu le père Al plutôt cool et sympa. Il aura été très communicatif, malgré un franglais approximatif (il a débité une phrase… dont je n'ai pas compris un traître mot), embêtera ses guitaristes à chaque solo, et finira l'après-concert à passer devant tout le public tel un politicien pour serrer des mains ou prendre des photos pendant 10 bonnes minutes ! Niveau performance vocale, il se débrouillera mieux sur les parties plus hurlées que sur le reste (avec l'aide de quelques parties enregistrées, aussi…), bon dans l'ensemble c'était pas trop la joie mais ça aurait pu être pire (une pensée pour ceux qui l'ont vu au bataclan le lendemain). Alors bon Al, tu as été super cool et sympa, tes zicos ont délivré un show mortel, mais il serait quand même temps d'arrêter la machine, parce qu'à un moment ça ne sera plus possible quoi…

Pour terminer la journée, le festival va encore une fois mettre en avant son éclectisme. Après une programmation oscillant entre Thrash et Metal Groovy/Fusion, voilà avec FINNTROLL l'autre « intrus » : NEW MODEL ARMY. Le groupe le plus ancien de tous ceux de la journée d'ailleurs, formé en 1980. Bon à vrai dire je n'ai pas vraiment compris le style que pratiquaient les britanniques, classés dans le Post-Punk. Et moi et le Post-Punk, à part les premiers albums de KILLING JOKE… Surtout que le groupe varie son propos, alternant entre passages assez énervés et morceaux plus atmosphériques, qui sont assez superbes. Notamment celui ou une danseuse a pris place au-dessus du public pour « répondre » au chanteur (si quelqu'un peut me dire quel morceau c'était, je lui écrirai mon plus beau « Merci » dans les commentaires). Ainsi, le chanteur/guitariste et le guitariste soliste troqueront régulièrement leur instrument électrique pour une gratte acoustique et des percussions. Le son était encore une fois brouillon (comme la quasi-totalité des groupes passés sur la Stage EMP), avec un chant noyé au début, mais malgré l'heure tardive je suis quand même resté jusqu'au bout histoire de ne pas louper quelque chose de très intéressant. Difficile de donner une conclusion sur ce groupe assez atypique, mais on va dire que c'était plutôt cool, et le public n'aura pas déserté les lieux pour autant.

Le bilan va être simple : si l'on met de côté les goûts de chacun pour tel ou tel groupe, les petits accrocs de son (inévitables), et l'état physiologique de Jourgensen, cette onzième édition du festival Lez'Arts Scéniques aura été un quasi-sans faute. Le Big 3 du Thrash aura tenu toutes ses promesses, avec des groupes galvanisés d'avoir joué avec leurs compatriotes (j'ai d'ailleurs aperçu Schmier dans le public pendant le concert de SODOM). Les mosheurs de MUNICPAL WASTE et SUICIDAL TENDENCIES auront rempli leur mission d'excitation du pit, tout comme BLACK BOMB A et LOFOFORA. FINNTROLL et MINISTRY auront délivré un show un minimum convaincant à défaut d'être parfait en tous points, et NEW MODEL ARMY aura su garder le public dans son sillage malgré son décalage et sa dernière position sur l'affiche. Une bien bonne journée dans l'ensemble (et une bonne séance de shopping en ce qui me concerne, enfin je suis ruiné maintenant), et bien que trop méconnu le festival alsacien continue à assurer comme il faut. Espérons que ça dure, et j'espère à l'année prochaine !

* : Oh et puis non je vous donne pas la référence on va voir si quelqu'un la trouve.

Source photos : facebook du festival Lez'Arts Scéniques



Auteur
Commentaire
Bill baroud
IP:91.91.27.137
Invité
Posté le: 01/08/2012 à 13h24 - (9)
Le morceau de NMA, ça ne serait pas flying throught the smoke défoi ?

Phlogiston
IP:89.91.168.153
Invité
Posté le: 01/08/2012 à 15h57 - (10)
Je suis le seul à avoir trouvé que la double de Ministry sonnait pire qu'une défense anti-aérienne ? ont du être content les riverains ^^

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 01/08/2012 à 16h02 - (11)
rien de bien dérangeant pour ma part. par contre, c'est surtout la double de Finntroll qui sonnait comme une mitrailleuse. j'étais pile en face au début, je me suis vite décalé parce que sinon mon rythme cardiaque allait dérythmer.

@Bill : il semble bien que ça soit ça. tu as donc le droit à ton Merci <3

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 01/08/2012 à 16h07 - (12)
Municipal Waste est un groupe ricain, de Richmond, VA.

sathur
Membre enregistré
Posté le: 01/08/2012 à 16h40 - (13)
J'ai également trouvé le son de gosse caisse de Ministry, comment dire, légérement exagéré... Mais c'est un peu une habitude chez eux. Très bon concert au demeurant grace à une setlist très efficace.


dimmu77
Membre enregistré
Posté le: 01/08/2012 à 17h41 - (14)
au moins tu auras eu "Just one fix" toi...

et Finntroll en festival en plein air effectivement ce n'est pas la 1ere fois ce problème de son et de synthé :(

sinon ça avait l'air bien sympa :)

tu viens au Motocultor ? :)

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 01/08/2012 à 19h03 - (15)
@djabtrash : bon, ben, je reconnais un FAIL ^^

@dimmu77 : nan, c'est trop loin :(

Bill baroud (d'honneur)
IP:194.99.49.1
Invité
Posté le: 03/08/2012 à 10h36 - (16)
@leserpent: service ! Si c'est pour avoir un cœur rose en plus, moi je cours :P

c'était leur titre le plus cool de la soirée. vu l'affiche avant, ils ont bien fait de dégainer du rock !



Garok
Membre enregistré
Posté le: 07/08/2012 à 01h52 - (18)
Franchement un bon petit fest bien sympa et une grosse journée Thrash!

Mention spéciale à Kreator que je voyais pour la 16ème fois (et oui on rajeunit pas) et qui sont toujours aussi excellent en live.

Sinon déception ultime sur Ministry dont je suis fan et qui effectivement n'aura pas donné un grand concert (c'est le moins qu'on puisse dire...) avec un Al Jourgensen ressemblant à Ozzy!

Par contre dommage qu'il n'y ait pas eu plus de bons groupes le lendemain car hormis les Toy Dolls je peux dire qu'on s'est royalement fais chier. (bon le punk à la Rancid c'est pas ma came et Catherine Ringer a perdu son coté Rock hélas)



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