- ROTTEN SOUND + UÇK GRIND + CENOTAPH par TONTON - 1153 lectures
18 mars 2012 - DoRock concert hall - Istanbul



Bon autant vous détromper illico, je ne suis pas allé à Istanbul spécifiquement dans le but d'y voir ROTTEN SOUND. Il se trouve que j'y étais de passage alors que les Finlandais visitaient la capitale historique turque pour un ultime épilogue à leur tournée fraîchement terminée en compagnie d'EXHUMED et MAGRUDERGRIND. Il se trouve aussi que j'ai désormais pris le réflexe, lors de mes voyages, de vérifier qu'il ne se passe pas quelque chose d'intéressant dans les clubs du coin. On peut donc parler d'un sacré coup de bol dans ce cas précis. Point d'EXHUMED ou de MAGRUDERGRIND mais des groupes turcs à commencer par CENOTAPH, véritable légende du death metal ottoman et UÇK GRIND formation locale à la popularité, somme toute, relative.
Le plus atypique lorsque l'on découvre le « Dorock concert hall », c'est de constater que l'endroit se situe au sixième étage de l'immeuble. La salle est petite, « cosy » toute en longueur et la sono braille déjà du métal à un volume exagéré. Le public y est maigre à l'ouverture des portes. CENOTAPH est en train de terminer sa balance tranquillement sous les yeux de quelques curieux.




Une heure plus tard, la salle s'est sensiblement remplie pour accueillir CENOTAPH, indétrônable référence nationale venu d'Ankara pour la soirée. Bien que le son soit très correct, je remarque immédiatement que le volume est fort... très fort... trop fort car ici, point de limitation à 110 décibels comme c'est le cas dans le reste de l'Europe. Les bouchons musiciens sont salvateurs puisque CENOTAPH avoine très sévèrement avec un brutal death savamment tourné. Propulsé par un duo de choc que sont le guitariste et le bassiste aux faux airs de geeks, CENOTAPH pourrait mettre à l'amende bon nombre de formations US. Toutefois, le batteur peine parfois à tenir la cadence. Pire encore, il s'arrête parfois lorsqu'il se plante en plein morceau. Enfin et tout aussi gênant, le chanteur, dans la plus pure tradition du gruiiiik porcin, donne l'impression de s'emmerder fermement et n'assure absolument pas son rôle de frontman. Le résultat est quelque peu décevant et très en deçà des qualités techniques du groupe sur album. Ça ne m'empêchera pas d'investir dans un lot CD+T-shirt. Pour 8€ ça aurait été bête de s'en priver.




La soirée continue avec UÇK GRIND formation qui se retrouve seconde dans l'ordre de passage et pour cause : l'organisateur de cette date n'est autre que le chanteur du groupe. Affublé d'un uniforme noir le groupe prend place. Avec un nom pareil, on se dit qu'on va en prendre plein la face... Hé bien non, pas du tout en fait. UÇK GRIND pratique une espèce de métal batard et fourre-tout tenant autant du métal que d'un hardcore poussif. Le bassiste s'obstine à n'utiliser que deux de ses cinq cordes. Le guitariste au physique de charcutier de province plaque sans conviction des accords d'une simplicité extrême. Et le chanteur... le chanteur lui y croit à fond. Il est vraiment au taquet le père sauf qu'il chante comme un pied et qu'il a un sens du rythme qui donne à penser qu'il devrait consulter d'urgence un ORL ou un psychomotricien. Bref, l'ensemble sonne faux, totalement à côté de la plaque et on souhaiterait presque qu'on nous annonce que la performance est juste une parodie de mauvais goût destinée à nous distraire en attendant la venue de ROTTEN SOUND. Une seule option se replier vers l'irrespirable étage supérieur servant de fumoir. Sauver les bronches ou les oreilles, j'avais fait mon choix.




Alors que ROTTEN SOUND investit la scène, le public s'est sensiblement densifié pour culminer autour de 70/80 individus majoritairement masculins. Dès le premier titre, on sent qu'on est passé à autre chose. Si les copains mettaient l'ambiance pendant UÇK, ça devient franchement virulent devant la petite scène du Pulp. Car oui, le Turc pogote, le Turc stage-dive et il ne le fait pas à moitié. Tandis que ROTTEN SOUND nous balance son set de grind étrenné à travers l'Europe avec la détermination qu'on leur connaît, ça devient un joyeux bordel dans la salle. Les retours sont tellement malmenés qu'un colosse de l'orga vient rapidement se placer accroupi au devant de la scène pour tenir les speakers. Vous allez me dire, lorsque ça se passe ainsi en France, les slammers se font sèchement rabrouer et voire même cogner par le monsieur qui n'est pas content du tout d'être obligé de tenir les retours alors qu'il pourrait siroter des bières en coulisse. Ben là pas du tout, non content d'afficher un sourire béat le videur, au contraire, aide les slammers à rejoindre la scène. Mieux que ça même, il les y invite et insiste lorsqu'ils déclinent l'offre. Et même s'il se prend un vilain coup de pied perdu dans la face dans la mêlée, il continue à aider les slammers tout en se massant les gencives (oui vilain le coup de pied). Pendant ce temps, ROTTEN SOUND envoie du lourd majoritairement des titres tirés du dernier album. Accordé dans les chaussettes, leur grind prend des airs franchement « suédois » une fois passé à la scène. Mika « Q » Aalto discute entre les morceaux et apprend quelques rudiments de la langue et Sami Latva est pour le moins spectaculaire derrière les fûts. Le temps d'un rappel et d'une petite reprise de NAPALM DEATH et le concert s'achève dans la frénésie la plus totale. Q qui commence à être bien éméché à force de siroter du vin blanc entre chaque morceau, plonge dans le public pour un ultime stage diving.

Un set énorme pour une soirée quelque peu inégale dans une salle pas banale avec un public bien furieux, hé bein ça valait le déplacement.





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