- BARONESS + MY OWN PRIVATE ALASKA + GENERAL LEE + DIRGE + WATERTANK par CROWN_ME - 1694 lectures
15/04/09 - Barakason - Rezé



Dirge
Bah ouais, ça a le goût de Neurosis, les riffs à la Neurosis, le côté éploré à la Neurosis, les projections-vidéos à la Neurosis, le climax plombé à la Neurosis, la configuration à la Neurosis, les dégaines d'ours à la Neurosis, mais c'est pas Neurosis, même si le spectre des influences et les intentions convergent. Alors okay, les braillantes sont trop clairsemées, ça joue trop sur les répétitions et les longueurs (le style l'exige, mais quand même), et passé la demi-heure de set (soit...deux morceaux?), l'intérêt décroît. Mais saloperie, qu'est-ce qu'ils jouent lourd! Entre le mec aux machines qui a dû resté bloqué sur la touche "chape de plomb" et les riffs telluriques, les Parisiens auront livré un set au son des plus écrasants, ce qui, couplé aux projections-vidéos, aura envoyé de bons gros frissons dans les échines. Une prestation totalement autiste (et pas simulée pour un sou, contrairement à...), servie par un son royal qui aura permis au quintet de mettre en exergue la lourdeur démesurée de leurs titres. Peut-être trop mastoc en guise d'apéro, 'valait mieux avoir l'estomac robuste...



General Lee
'L'avais pas vu arriver celle-là... Autant sur disque, les Béthuniens la jouent scolaire au possible, perpétuant les travaux les moins folichons d'Isis et Cult Of Luna, autant ce mercredi c'était une autre paire de manches. Bon, okay, un riff post-hardcore convenu sur compact-disc reste un riff post-hardcore convenu en live hein, mais les lascars auront dégagé une énergie assez peu commune pour le genre. Entre le batteur champion du lever de coude et le hurleur qui aura bien malmené son pied de micro, General Lee Breachise son propos et aura livré une prestation intense et rock'n roll, et le déroulement de leur set dans la partie bar surbondée de la Barakason n'aura fait qu'amplifier l'impact de leur musique.
Un groupe de live, définitivement.



Baroness
Bien plus familier avec les travaux du groupe depuis la dernière fois que je les avais entr'apercus à Clisson en juin dernier, l'impatience pointait, ce qui ne m'aura pas empêcher de louper le tout début du set. Foutues clopes trop longues. Bon, alors déjà, tu comprends en deux secondes qui c'est les Patrons de la soirée, les mecs tiennent la scène comme pas deux. "The Red Album" aura été bien trop mis à l'honneur à mon goût (seulement un seul titre issu de leurs monstrueux EP's), mais les poilus de Savannah auront joués deux nouveaux titres plus qu'alléchants, avec un sens mélodique peut-être encore plus prenant qu'avant. Ca promet. Le charismatique (même sans tignasse) John Dyer Baizley, l'homme aux 15000 cordes à son arc, assure parfaitement son rôle de frontman, à grands renforts de grimaces d'allumé et d'haranguages de foule. Reste ces trop bavards passages instrumentaux qui auront fait chuter la fièvre à la longue, aussi riches soient-ils. Mais même si je suis pas client de leur petit dernier, ça sera foutrement mieux passé sur scène, grâce à un groove chaleureux qui n'aura laissé aucune nuque indifférente.



My Own Private Alaska
Toujours pas moy' de statuer sur leur cas... A la sortie de l'EP, leur concept unique vraiment frais et leurs intentions m'avaient charmé au premier abord, puis avec le recul tout cela s'était émoussé. Une sorte de "spontanéité préméditée", très théâtralisée, qui s'accorde assez maladroitement avec le concept même du screamo dont ils se revendiquent (Orchid, c'était de la pose?), genre "on se force à s'affranchir des clichés". Et subsiste, même sorti des étiquettes, toujours ce décalage entre la théorie et la pratique, entre ce qu'ils veulent faire passer sur le papier et ce qui transparaît au final. Impressions confirmées en sortant du set des Toulousains: les peintures hideuses pour foutre mal à l'aise, les silences se voulant pesants, le côté "on arrive en jeans flingués et on joue pieds nus" pour la jouer dépouillé-virginal, ça fait plus performance d'art contemporain pédante mais passe encore. Il est juste regrettable que tous ces efforts soient flingués par les mimiques proprement insupportables du claviériste, qui, de la première à la dernière seconde, te simule une petite mort perpétuelle comme s'il venait de torcher la IX Symphonie, yeux révulsés et expressions hébétées bien appuyées pour te montrer comment il est trop sincère et transcendé par son art t'as vu... Plus sentimentalo-putassier tu meurs. Ceci étant encore plus regrettable quand on sait que quelques secondes avant le set il se fendait d'un speech tout ce qu'il y avait de plus modeste... Bref, supercheries surjouées mises à part, on regrettera un chant de Milka imbibé de réverbe et d'écho moins perçant que sur disque, ce qui pardonne moins dans un contexte aussi dépouillé. Et l'adjonction de parties chantées sur les anciens et nouveaux morceaux, moins convaincantes que chez Psykup, donne peut-être un peu de relief aux titres, mais à ce moment-là le postulat de base "chant hurlé-piano" qui faisait des Toulousains des OVNIs musicaux n'a plus tellement lieu d'être. Néanmoins, il faudra reconnaître au trio leur travail de mise en scène et l'adjonction de trouvailles plutôt bien vues, surtout au niveau des transitions. Par contre, vu l'accueil quelque peu moqueur d'une minorité d'un public de la "scène" dont ils font partie, j'ose pas imaginer ce que ça va donner en première partie de Metallica. Ou alors, faudra vraiment la jouer Ego Zero.



Watertank
Les régionaux de l'étape, qui joueront les petits poucets en juin à Clisson. Et d'ailleurs, pas étonnant de les retrouver sur une affiche qui fait désormais la part belle aux Roadburneries, puisque depuis leur date avec The Ocean l'an dernier, leur post-hardcore s'est vu remodelé. Le shirt Torche qu'arborait le rip-off vocal de Jacob Bannon annonçait déjà la couleur, exit les hurlements et les blagounettes, bienvenue le chant clair façon stoner ensoleillé. En live, c'était pas encore parfait, la voix très Torchisante manquait un poil d'assurance, mais ça a la classe (mention spéciale au gratteux gominé à grosses lunettes). Par dessus, ça envoie du riff stoner/sludge bien épais, p'têt que ça manque encore un peu de relief mais ça groove bien. M'en suis rendu compte que dehors, mais les gaillards jouaient à un volume assez éléphantesque, puisqu'en regagnant la Crown_mobile passé 5 titres on les entendait encore TRÈS fort. Ca veut défier Manowar au Hellfest ou bien?



Bref une bien sympathique soirée en terres nantaises (au prix dérisoire de 8 euros), qui aura eu une affluence digne de son affiche puisque la Barakason finira bondée et l'orga aura même dû refuser quelques entrées. Le genre de bilans qui fait chaud au coeur; comme quoi les scènes hardcore et metal "alternatives" commencent ENFIN à obtenir une reconnaissance plus que méritée. Un grand merci aux organisateurs, soit la Barakason et nos confrères de Metalorgie, et en particulier à leur VSGreg à eux, Bactéries, qui m'aura gracieusement fourni place ainsi que les photos de ce report.


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