- PARADISE LOST + ANATHEMA + MY DYING BRIDE par MATTHIEU - 3490 lectures
Paris 18 septembre 2008 – Bataclan



PARADISE LOST fête dignement ses 20 ans de carrière en invitant ses amis ANATHEMA et MY DYING BRIDE a partager la scène le temps de trois shows (Allemagne, France et Angleterre) qui s'annoncent exceptionnels. Une telle affiche ne s'est pas vue depuis longtemps.
Chacun de ces trois groupes a permis à l'arbre doom / gothic de croître droit, fort et vaste ces 15 dernières années, engendrant de multiples racines.
C'est avec un sourire intense que j'ai fait la route Tours-Paris pour assister à cet évènement immanquable pour tout fan des trois groupes du YorkShire.

Le Bataclan s'avère être une salle parfaite pour cet évènement. De taille moyenne, en général bien sonorisée, la soirée s'annonce belle et forte en émotions.

Note : Ayant oublié mon appareil photo chez moi, j'ai dû prendre quelques clichés à l'arrachée avec un téléphone portable. Tout dans l'atmosphère. Faites un tour sur le forum, quelques images de belle qualité y ont été postées.



Après une courte attente, les premières notes de Parisienne Moonlight se font entendre et ANATHEMA rentre sur scène sous un tonnerre d'applaudissement. Visiblement, beaucoup de monde les attend. Le sourire sur leurs visages témoigne qu'ils partagent notre enthousiasme.
Le show commence sur une fabuleuse interprétation de "Deep". Le son est très bon, équilibré. La basse bien ronde, les guitares présentes, puissantes, le chant est brillant, la batterie massive et également puissante. En ajoutant à cela un jeu de lumière adapté aux ambiances et éclats, et une interprétation fort sensible et maîtrisée, nous avons sur scène ce soir du grand ANATHEMA.
C'est la troisième fois que je les vois : la première fut en 99 au Printemps de Bourges avec MOONSPELL et THE GATHERING. Le show avait été bon, mais bourré de pains. La deuxième fut en 2007 à Clermont-Ferrand en première partie de PORCUPINE TREE. Le show avait commencé 45 minutes à l'avance et j'ai, malheureusement pour moi, raté les trois-quarts du show. Malgré un bon show de PORCUPINE TREE, c'est très frustrant de ne pas pouvoir assister à l'intégralité de l'un de ses groupes préférés.
Aujourd'hui, je n'en rate pas une miette. Et le son est bon, les frères Cavanagh (Jamie est également de la partie) chauffent la salle avec enthousiasme, donnant une bonne part de place au public, en le faisant participer, notamment sur "One Last GoodBye" et "Fragile Dreams".
Le groupe dialogue beaucoup avec le public, en français majoritairement, ce qui donne vraiment une dimension chaleureuse à cet évènement.
Danny nous a promis au moins un morceau de chaque album. Pourtant, pas de titre de l'excellent "A Fine Day To Exit" qui s'est révélé à moi avec le temps. A part cette omission, des titres de "A Natural Disaster" (Closer, A Natural Disaster avec Lee Douglas dans une superbe interprétation vocale, Flying), "Judgement" (Deep, One Last GoodBye), "Alternative 4" (Empty, Shroud of False, Fragile Dreams), "Eternity" (Angelica) et "The Silent Enigma" (A Dying Wish), "Serenades" (Sleepless).
Danny nous lâche un ''Je vous aime'' (en français) avant le final "Shroud of False" / "Fragile Dreams" en apothéose.

Après une heure de show magique, ANATHEMA se retire de scène sous les applaudissements d'un public en majorité conquis par cette prestation sincère et intense. Et Danny se jette dans la foule sous un "Oh la vache" de Vinnie.
Pour ma part, je suis ravi d'avoir fait le déplacement uniquement pour cette heure de magnifique.

ANATHEMA (1h)
Set list :
. Parisienne Moonlight
. Deep
. Empty
. Closer
. A Natural Disaster
. Angelica
. One Last Goodbye
. Flying
. A Dying Wish
. Sleepless
. Shroud of False
. Fragile Dreams



Après un court changement de plateau (un quart d'heure), MY DYING BRIDE rentre sur scène pour nous dévaster avec leur doom / death resté fidèle à lui-même malgré les années.

Le son est ici plus massif et brouillon que chez ANATHEMA. Guitares et basse se mélangent dans le bas médium, se mêlant à la grosse caisse. Un son globalement étouffant et assourdissant. Mais pourtant qui leur sied.
Le chant clair de Aaron ne ressort néanmoins pas assez.
Un fait important : le retour du violon dans les rangs de MY DYING BRIDE. Ainsi, ils nous proposent pas mal de vieux titres. Celui-ci est quand même mixé un peu en avant et les fausses notes ressortent d'autant mieux.
Aaron est en grande forme, assez sobre dans ses poses et en communion avec la musique et le public. Il communique très peu pourtant avec nous, comme à son habitude, instaurant cette atmosphère particulière d'austérité propre aux concerts de MY DYING BRIDE. Et lorsqu'il s'adresse à nous, il marmonne.
Vocalement, il est en grande forme, alternant chant clair grave, torturé, et vocifération death d'une grande puissance. La fragilité du géant se ressent. On dirait un grand moine déchu, maudit, méphistophélique au milieu d'une apocalypse sonore et lumineuse.
Les lumières utilisent beaucoup les contre-jours, pour mettre en relief ces ombres prostrées et tragiques.



Il se dégage de cette prestation une réelle lourdeur et une violence palpable, notamment sur la vieillerie "Vast Choirs" issue des démos. MY DYING BRIDE nous implante sa tristesse et son désespoir à coup de boutoir. Et le public oscille au rythme lancinant des vibrations et de la lente pulsation.
Après le déluge de décibels acoustique de "Vast Choirs", l'introduction aquatique du superbe" The Dreadful Hours" nous apaise. Mais la lourdeur typique reprend le dessus et nous écrase.

Après un "Thank you very much" marmonné, le groupe se retire pour nous laisser seuls.
Pour ma part déçu par ce son brouillon qui ne permettait pas de mettre en relief les ambiances caractéristiques de MY DYING BRIDE et m'a empêché de rentre à 100% dans l'émotion. Mais ce fut quand même une heure d'une expérience malsaine réellement particulière.

MY DYING BRIDE (1h)
. Here In The Throat
. The Songless Bird
. From Darkest Skies
. And I Walk With Them
. The Cry Of Mankind
. The Snow In My Hand
. Vast Choirs
. The Dreadful Hours



Le changement de plateau s'avère aussi court que précédemment. La pression accumulée ainsi ne retombe que très peu.
La scène est complètement libérée pour un PARADISE LOST tête d'affiche. Alors que ANATHEMA et MY DYING BRIDE ne disposaient que d'une demi-scène partiellement occupée par la batterie de PARADISE LOST et leur décor de scène, ces derniers auront droit à toute la place.

Lorsque les lumières s'éteignent, le groupe ne rentre pas tout de suite sur scène, laissant la tension augmenter jusqu'à arriver pour une ovation. Et de commencer sur un "Hallowed Land" qui met tout le monde d'accord.
PARADISE LOST met à l'honneur "Draconian Times" ce soir avec cinq titres tirés de ce disque rempli de hits.



Le son est ici aussi fort que pour MY DYING BRIDE, mais un poil mieux équilibré. La lourdeur est maîtrisée. Mais le chant reste en retrait. Nick Holmes est difficilement compréhensible. Le public chantant parfois plus fort que lui.
Comparé au DVD "The Anatomy…", le groupe se lâche et bouge beaucoup plus et avec plus d'aisance, excepté Aaron Aedy qui est toujours aussi à fond et fait plaisir à voir tant son enthousiasme et sa fougue sont palpables et communicatives.
Greg Mackintosh bouge plus mais donne toujours cette impression maladive. Cela ne l'empêchant pas de chanter des paroles muettes et de bouger.
Le groupe joue avec la foule en grands professionnels de la mise à feu de l'ambiance. Quelques mots en français, des "Come on" et quelques plaisanteries.
Le batteur de session se débrouille comme un chef. Il assure.
PARADISE LOST nous piétine ce soir avec un gros son massif, gonflé aux hormones, rehaussé des inévitables samples, malgré un Nick Holmes en retrait, physiquement sur les passages instrumentaux et soli de guitare, comme vocalement, pas très en forme.
Les morceaux du nouvel album "In Requiem" se mêlent harmonieusement à ceux de "Draconians Times" ou "Symbol of Life". Sur "Gothic" ou "As I Die", le groupe se déchaîne. Mélodique et puissant. Une grosse artillerie rodée.
Pour le dernier titre du show, "Requiem", la caisse claire est carrément explosive.



Puis le groupe se retire, nous applaudit, et les lumières s'éteignent.
L'éternel jeu du rappel…
Le public applaudit, scande, crie, attend…

Et après quelques minutes de ce jeu un peu éculé, le groupe revient nous achever avec un triptyque "Say Just Words" / "One Second" / "Last Time".
"One Second" est repris en chœur par le public qui se défonce.
Lorsque les dernières notes de "Last Time" s'achèvent, le groupe nous applaudit, nous remercie chaleureusement. C'est bon de se sentir aimé. Ils s'inclinent, prennent une petite photo souvenir, tous les cinq (le batteur a quand même failli être oublié), le public en arrière-plan.

PARADISE LOST (1h30)
. Hallowed Land
. Rememberance
. Never For The Damned
. Erased
. Elusive Cure
. Shadowkings
. No Celebration
. Ash & Debris
. As I Die
. The Enemy
. Gothic
. Enchantment
. Requiem
Rappels :
. Say Just Words
. One Second
. Last Time

Une fois la scène vide et les lumières allumées, nous repartons dans la tiédeur de la nuit, avec des vibrations plein la tête, des mélodies qui papillonnent encore et s'envolent doucement, nous laissant un souvenir moite de ce concert anniversaire de toute grandeur, malgré les quelques imperfections.
Une belle affiche, une grande soirée, courte mais assez intense.

Il y en avait pour tous les goûts, du sensible et lumineux métal atmosphérique presque rock de ANATHEMA, brillant, au doom /death malsain et ce soir très violent de MY DYING BRIDE, dans toute son austérité et sa sensibilité intérieure, jusqu'au métal gothique de PARADISE LOST, très professionnel, mélodique et rodé.


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