- THE LOCUST + WARSAW WAS RAW + SONIC BOOM 6 + MAP @ LA MAROQUINERIE (PARIS, 3 SEPTEMBRE 2008) par NICOSATA - 1125 lectures
@ La Maroquinerie (PARIS, 3 septembre 2008)



Belle initiative que celle de la Maroquinerie, productrice de la soirée (en collaboration avec Noise Mag semble-t-il), qui ajoute au plateau de tournée initialement prévu The Locust + Warsaw Was Raw, rien de moins que 2 autres groupes de passage par chez nous, pour une affiche « punk-rock » au sens large du terme.



Ce soir, c'est donc MAP (pour Mort Aux Pourris, rien que ça) qui ouvre avec son punk à roulettes chanté dans la langue de Molière, puisque le quintet nous vient du Québec pour sa tournée d'adieu. Visiblement contents d'être là, les petits gars balancent leur set avec un enthousiasme étonnant compte-tenu de l'audience encore très clairsemée dans la salle. Les Québécois n'ont pas grand-chose à raconter de nouveau : la formule est connue, 2 guitares, une basse et une batterie, tout de même accompagnées d'un saxophone. Ça va vite, ça joue plutôt bien et tout le monde pousse la chansonnette ce qui dans l'absolu est une bonne chose… sauf que là, tout est chanté en français, et c'est là que le bât blesse, car à moins d'être resté fan des PARABELLUM, MOLODOI, et autres mythes du punk anar à la française (années lycée, Doc Martens coquées, cheveux bleus, nostalgie, violons…), ça passe moyen. Après c'est une question de goût, et force est de constater que MAP (+1 pour l'anagramme) maîtrise incontestablement son sujet, ce qui est bien le principal.



Après le punk mélo contestataire à la québécoise, c'est au tour de SONIC BOOM 6, autre quintet d'obédience punk, mais cette fois « from Manchester UK », de prendre place devant une salle à peine plus remplie. Une seule guitare, une basse et une batterie, une jolie et très dynamique petite chanteuse aux cheveux rouges couettés (équipée d'un mini short et de grandes chaussettes) et un tromboniste sapé comme un prof d'aérobic : SONIC BOOM 6 a une bonne allure de groupe de punk festif lorgnant gentillement sur le ska, et cette fois l'habit fait le moine. Pour ce qui est de la musique, on a droit à une sorte de mix entre (les regrettés ?) SUBLIME et NO DOUBT, où l'on passe allégrement de moments punk-rock à d'autres plus ska, voire ragga ou carrément hip-hop lorsque le tromboniste passe à la basse et que les guitaristes et bassistes (tous deux chanteurs aussi par ailleurs) troquent leurs instruments contre des micros. Cette fois ça joue plus que bien, et même si encore une fois l'appréciation du style reste une affaire de goût, on ne pourra pas reprocher grand-chose au quintet au regard de l'exécution de leur musique : les Mancuniens sont tous excellents, et seule la chanteuse est un cran en dessous, compensant cependant ses limitations par une belle énergie, et un physique plus que sympathique (c'est pas sexiste comme remarque, c'est une constatation).



Après cette première partie de soirée placée sous le signe d'un « punk festif » (de qualité tout de même) qui n'aura pas vraiment enflammé la Maroquinerie, le public commence à gentillement affluer pour saluer les locaux de l'étape, à savoir WARSAW WAS RAW.



Aujourd'hui réduit à l'état de trio, la dernière « signature » Rejuvenation Records accompagne THE LOCUST sur leur tournée européenne et joue ce soir sur la plus belle scène de la tournée (dixit John, le gratteux, peut-être un peu chauvin sur le coup avant d'y monter, sur scène). Après avoir mis à sac certaines des « salles » les plus emblématiques de la capitale underground, en qualité de quintet (Klub, Miroiterie, Générale, Instants Chavirés), c'est amputé de son bassiste et de la plus petite de ses deux hurleuses, que WARSAW WAS RAW se présente ce soir. Quelques zigougouis de guitares, et c'est parti pour la furie : pas moins à l'aise à 3 qu'à 5, pas plus intimidé sur cette « vraie » scène qu'à même le sol, nos Parisiens envoient leur pâté à base de grind, de spazz-core, et de cris féminins dans un style qui rappellerait autant MELT BANANA (pour le « chant ») que PIG DESTROYER (pour la formule trio) et même THE LOCUST (tant qu'à faire)… hystérie, spasmes, gesticulations… Le batteur bastonne ses fûts et la jolie chanteuse braille, tandis que John l'épaule par moment aux « chœurs », sans cesser de martyriser sa guitare: la tornade WARSAW WAS RAW est toujours aussi ravageuse, et ménage une transition idéale entre la touche féminine de SONIC BOOM 6 et le style spastique de THE LOCUST… ou pas : pas de minauderies ici, on ne sautille pas, on trépigne… c'est tout sauf dansant, ça rentre dans le lard et ça sonne du feu de dieu... c'est speed, tendu et anguleux, les morceaux sont courts et on a pas le temps de s'ennuyer devant la débauche d'énergie. Une confirmation, si tant est qu'on en ait eu besoin, de tout le bien qu'on pensait du trio ? Quintet ? Peu importe, finalement : ça bute, et c'est bien là l'essentiel.



D'ailleurs qui avait encore envie de voir des gros cons de Ricains déguisés en orthoptères après ça ??? Bah tout le monde en fait !!! Bien titillé par la prestation des Parisiens, le public s'est pressé dans une Maroquinerie maintenant très correctement remplie pour assister au show de la 8ème des Dix Plaies d'Egypte… les criquets, donc. Enfin, non les sauterelles, ou plutôt LA sauterelle, à savoir le quartet de barjots baptisé THE LOCUST. Depuis 1995, le groupe a sorti un bon paquet de disques, dont un certain nombre de splits avec d'autres déjantés notoires tels que MAN IS THE BASTARD, MELT BANANA, ou encore ARAB ON RADAR auxquels ils sont souvent comparés, et a sorti récemment « New Erections » dernier album en date (le quatrième ?) dans lequel ils laissent à entendre un style sensiblement différent du reste de leur discographie… plus « posé » avec des tempi moins rapides, moins « grindisants »et une approche peut-être plus noisy pour des morceaux sensiblement plus longs (comprendre au-delà de la minute). Les ingrédients restent les même : guitare, basse, batterie et claviers toujours alignés de front sur scène et surtout combinaisons de sauterelles… effet garanti pour une formation qu'on pourrait définir comme « sci-fi-core », tant les claviers s'imposent dans le son du groupe, lui conférant toute son originalité, certains n'hésitant pas à les comparer à un DEVO evil et taré, surtout depuis ce dernier disque. Alors c'est vrai, certains morceaux sont plus lents, et presque lancinants, lorgnant presque vers un doom science-fictionnesque, les voix sont moins systématiquement stridentes (le batteur est le seul à ne pas pousser la chansonnette, mais faut voir ce qu'il envoit) et plus complémentaires que par le passé, mais les bases sont toujours là : une maîtrise technique sans faille et une propreté ahurissante dans l'exécution de cette musique qui reste la plupart du temps (très) rapide, complexe, truffée de breaks, d'arrêts brutaux et de reprises fulgurantes. Ce soir le groupe jouera presque 45 minutes, une performance au regard de l'énergie et de la concentration que leur musique doit demander, soit nettement plus longtemps qu'au Batofar il y a quelques années, et ce pour le plus grand plaisir de tous. Autant dire que THE LOCUST aura déchaîné son public, dont certains membres arboraient eux-mêmes le costume de sauterelle, provoquant dès les premières notes jouées l'agitation dans la fosse et finissant ainsi de réveiller la superbe salle de la Maroquinerie où le son aura été excellent, comme d'habitude.

Une très belle soirée donc, bien que guère reposante… mais il fallait s'y attendre.


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